Défiler contre le terrorrisme, c’est défiler pour!

Défiler contre le terrorisme est plus facile que le combattre. C’est comme contre le banditisme, il est plus aisé de harceler les honnêtes gens par les contrôles abusifs que d’aller titiller les racailles, les voyous et les bandits sur leur terrain, là ou on sait qu’ils s e trouvent. Les statistiques sont meilleures et puis, il y a moins de risque. Nous avons entendu, il y a peu, à un barrage, contrôle à l’aveugle, la radio qui intimait, alors que le gendarme avait arrêté une personne intéressante: « le permis est faux, mais sujet dangereux, souvent armé, ne pas appréhender ».

Voyant que cela a marché ailleurs, voyant que cela fonctionne en France, Hollande est dans une grande campagne de marche. Cela lui fait du bien, physiquement,  même si on a appris que ces marches n’en étaient pas, qu’elles étaient bidons, autant de  poses pour les photos et les caméras.

Nous maintenons notre texte dur et terrible intitulé « Défiler derrière les salauds… »

On ne défile pas contre le terrorisme. C’est un non-sens. On défile contre un gouvernement démocratique ou pseudo démocratique, pour créer un rapport de forces comme dirait Mélenchon; on défile contre des patrons, contre un  texte de loi etc. Dans ces cas c’est utile car il s’agit d’exprimer une opinion, laquelle n’est pas forcément transmise par les corps intermédiaires et les médias. Nous sommes dans une forme de convention, de consensus. Le défilé est un moyen de faire passer un message par le spectacle. Nos systèmes valident ce type de manifestation de la voxpopuli.

Défiler contre le terrorisme est d’une toute autre nature. Les terroristes ne partagent pas nos conventions. Ils les méprisent, ils ont les leurs, elles font partie de leur culture ou des dérives de leur culture, de sa radicalisation. Leur analyse est que c’est dérisoire en tant que protestation et contre productif en termes de forme de lutte. Au contraire, on voit des remarques qu’il faut qualifier de pertinentes, qui font valoir que le défilé est la meilleure publicité pour leur action, c’est en quelque sorte la magnification de ce qu’ils ont commis, sa mise en scène globale. L’attentat est local, régional, national, mais il a du mal à traverser les frontières, tandis que le défilé avec la pression des Dominants présents à la manifestation, sur les médias mondiaux et les Agences de Presse, devient un sujet mondial. L’objectif des terroristes étant de monter en spectacle la peur, la terreur et l’impuissance réelle des chefs de gouvernements, bref de montrer le retentissement de leur acte, cet objectif est servi par ceux qui sont censés représenter les victimes. Il y  a longtemps que les Etats-Unis ont compris cela: il ne faut pas fournir une tribune, aux terroristes. D’autant que si cela continue, les « penseurs » de l’action terroriste, franchiront une étape, ils prépareront des répliques de leur attentats initiaux, déclencheurs, au sein même de la cible « soft », molle que constituent les manifestations.

On ne défile pas contre le terrorisme ou contre les terroristes. Soit on les combat, soit on négocie avec eux, politiquement. Défiler contre le terrorisme est aussi stupide que défiler contre la mort. On a beau réunir des millions de personnes, cela ne change rien, la mort poursuit son oeuvre inexorablement. Pourquoi? Parce qu’elle a d’autres causes,  qui sont ailleurs, dans un registre différent de celui qui est touché par le spectacle.

On nous présente le terrorisme comme un vice, une horreur unilatérale, de gens qui seraient barbares et désaxés. On occulte les causes du terrorisme, car si on acceptait d’en reconnaître les causes, alors, on cesserait de défiler contre le terrorisme et on se mettrait à défiler contre la guerre, tous azimuts, contre l’interventionnisme délirant qui est en tain de mettre à feu et à sang la planète.

Ceux qui sont en tête des défilés sont ceux qui, sans mandat ni de l’ONU, ni de la souveraineté populaire, multiplient les interventions militaires unilatérales et dissymétriques. Ils bombardent, ils assassinent des civils- dégâts collatéraux-sans stratégie, sans objectif géopolitique, sans même être menacés. Ceux qui défilent mènent des croisades laïques, coloniales afin d’imposer un ordre du monde que les populations concernées refusent. Ceux qui défilent entretiennent le chaos. Ils  divisent, montent les uns contre les autres, arment les belligérants de façon irresponsable,  comme on le voit avec EI, la Libye, le Yemen, sans autre projet que la dévastation d’un ordre ancien qui ne leur convient pas, qui ne convient pas aux marchands et aux financiers. Qui a dit « derrière toute guerre , il y a toujours les banques » ?. Ceux qui défilent soutiennent des monarchies surarmées qui sont plus barbares que les barbares qui sont nommés « ennemis », ils soutiennent les champions de la décapitation et de la tyrannie.

Le terrorisme est produit, il ne tombe pas du ciel, même si il a une composante religieuse.. Il est corrélé aux interventions militaires en chaîne, tous azimuts qui mettent en présence des armées suréquipées d’un côté et de l’autre des bandes qui n’ont pour armement que celles que les soi-disant civilisés veulent bien leur donner pour qu’ils s’entretuent et , et … leur absence de peur de la mort. Il n’ont pour eux que l’horreur infinie de la terreur et du sacrifice. Les terroristes réintroduisent la peur, le mal, le coût dans les guerres menées par les civilisés. Ils les réintroduisent parce qu’ils ont compris que c’est parce que les citoyens  des pays occidentaux ne paient pas le prix  de leurs guerres qu’ils  acceptent de les multiplier. Il faut les frapper chez eux, afin qu’ils constatent, afin qu’ils comprennent, voila leur logique.

Bin Laden avait beaucoup étudié la guerre du Viet-Nam, il n’a jamais cru qu’Al Qaéda avait la moindre chance militaire devant l’armée et les services Américains, mais il tablait sur la peur et la lassitude du peuple Américain. En fait l’analyse de ses discours montre qu’il tablait sur deux choses: la lassitude du peuple Américain et la surexposition Américaine , coûteuse, qui finirait par peser sur le dollar et entamerait son impérialisme. Il frappait au moral et à la caisse. C’est exactement ce que veulent les terroristes, multiplier les horreurs afin de susciter des représailles, de susciter une multiplication, extension des zones de combat. Ils veulent diviser les populations comme ils viennent de le réussir en France en relançant le débat sur l’Islam, en clivant et en enflammant.

Défiler contre le  terrorisme est une manoeuvre de basse politique car elle n’est rien d ‘autre que défiler derrière les têtes des cortèges, derrière les fauteurs de guerre tous azimuts. En fait c’est les soutenir, leur donner un blanc-seing pour l’escalade. Ceux qui défilent et vous font défiler contre le terrorisme vous font défiler derrière eux, ils se font plébisciter pour continuer les guerres et … produire toujours plus de terrorisme. Ils ont trouvé la martingale gagnante: « je fais le mal , le mal produit l’horreur, je me fais plébisciter, moi qui produite  le mal ». Défiler contre le terrorisme, c’est défiler pour soutenir ceux qui font les guerres qui produisent le terrorisme. c’est défiler pour le terrorisme, objectivement.

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