Il faut, à la demande générale (des eurocrates) réformer le droit du travail

Voici une dépêche Reuters intéressante; elle illustre les méthodes du gouvernement, la complicité de la presse et bien sur la connivence  de toute une classe qui va des intellectuels aux syndicats . « La pression sur le gouvernement en faveur d’un assouplissement du contrat de travail pour faciliter les licenciements et donc, selon ses défenseurs, les embauches, s’amplifie de toutes parts, y compris de l’intérieur du Parti socialiste . » . Nous n’avons rien, mais absolument rien contre une réforme du contrat de travail, une réforme du droit du travail et une réforme des Prud’hommes. Tout cela, on le sait « cela ne marche pas ». Ce sont des horreurs issues d’une conception dépassée selon laquelle le travailleur n’est pas une personne entièrement responsable, il ne peut signer des contrats, il est en position de faiblesse etc etc On connaît la rengaine. On sait aussi qu’elle s’est retournée contre les patrons et les travailleurs. Contre les patrons, car le travail est devenu abstrait, le travailleur ne remplit plus son contrat car il sait qu’il a une certaine garantie de l’emploi. La subordination n’existe plus. Toute personne qui est employeur et qui a comparé le goût au travail d’une personne en CDD au goût au travail d’un personnel en CDI sait de quoi nous parlons. Elle s’est retournée contre les travailleurs car la classe des patrons individuels a pris conscience du coût énorme en tracasseries et en « emmerdements » d’avoir du personnel et elle n’embauche plus. Par ailleurs ce n’est un secret pour personne que nous-même,  soutenons que l’existence du SMIC est une des causes du chômage et de la régression « morale » des travailleurs, le SMIC empêche les gens qui veulent travailler à tout prix, par besoin ou dignité, d’offrir leur capacité de travail au prix qu’ils le désirent ; c’est une protection de ceux qui ont un travail contre ceux qui n’en ont pas et singulièrement les jeunes. Mais là n’est pas notre propos . Nous voulons souligner le procédé. L’exigence de réforme du marché du travail en France est une exigence de la Commission, des Eurocrates et des pays du Nord. Mais chacun fait ce qu’il veut à condition de faire ce que je dis. Ford disait « qu’ils choisissent la couleur de voiture qu’ils veulent pourvu que ce soit le noir. » Ici même chose, on escamote l’exigence imposée par les élites non élues européennes et on la présente comme tombée du ciel. « La pression s’amplifie de toutes parts, y compris du parti Socialiste » , mais nulle allusion au fait avéré, prouvé que c’est une exigence des Eurocrates. Et tout est à l’avenant. Tout ce que Hollande et Valls ont du promettre il y a quelques semaines pour avoir un délai de grâce dans le rééquilibrage budgétaire, est escamoté et présenté comme une demande générale des Français. Ah les braves gens ! C’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont voté n’est ce pas ? Cela dit, il est vrai qu’économiquement l’introduction de plus de souplesse dans la gestion des effectifs salariés est nécessaire et logique. On ne peut dire aux employeurs vous devez vous soumettre à la concurrence et à la loi du marché et en même temps empêcher que les effectifs et la paie soient eux même régulés par le marché. « Le Premier ministre, Manuel Valls, a refusé mardi de confirmer la mise en place prochaine d’un tel contrat de travail pour les PME, réclamé par le patronat, mais a reconnu sur BFM TV qu’il fallait lever les « freins » à l’embauche ». Donc lever les freins à l’embauche, c’est donner une liberté plus grande de licencier ! Pourquoi pas ? Simplement même si cela est vrai, ce n’est pas évident. Notre idée est que la France a encore beaucoup de sureffectifs, que les effets de la grande mutation des processus de travail n’ont pas encore été totalement pris en compte et pour parler vulgairement, qu’il y a encore beaucoup de « gras ». « Le gouvernement craint que la reprise économique qui s’ébauche ne crée pas d’emplois, comme tendent à le montrer les derniers chiffres du chômage (+0,4% en février pour les seuls demandeurs d’emploi sans aucune activité) ». Oui car il faut au moins une croissance 1,5% pour atteindre le seuil ou il y a un peu de création d’emplois. « Ce sont des sujets difficiles pour la gauche », souligne le député PS réformiste Christophe Caresche. « Mais je souhaiterais qu’il y ait des dispositions concernant le droit du travail dans cette loi, quelques assouplissements permettant de bénéficier au maximum du retour de la croissance. » Remarquez l’habileté qui consiste à lier un retour hypothétique à la croissance à ces mesures destinées a faciliter les licenciements. La réalité est que Hollande et son Rocardien de Valls pensent comme nous d’ailleurs, que pour qu’il y ait de l’embauche, il faut qu’il y ait des profits et que c’est en permettant au système Français de rejoindre le taux de profit moyen mondial que l’on s’en sortira. « Le Medef propose également d’introduire dans le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) des motifs économiques « incontestables » de licenciement et de généraliser les « contrats de projet » qui existent déjà dans le BTP. La cible, ce sont notamment les PME et très petites entreprises (TPE), particulièrement frileuses quand il s’agit d’embaucher, notamment par crainte de ne pouvoir licencier en cas de difficultés économiques. » Le MEDEF prie pour sa paroisse de Très Grandes Entreprises, il veut que les TPE et PME se fassent piéger à embaucher afin que les Grandes Entreprises puissent continuer leur mouvement historique de dégraissage et de réduction des effectifs. Il veut que les TPE et PME continuent de payer des cotisations chômage qui servent à indemniser les travailleurs que le MEDEF licencie pour améliorer ses profits. Il veut un monde à deux vitesses ou les Très Grandes Entreprises réussissent à obtenir le taux de profit moyen mondial sur le dos des TPE et PME qui elle se contenteront de miettes pour des heures de travail colossales, miettes rabotées par l’impôt socialiste sur les personnes. « Où sont les endroits où on peut créer de l’emploi ? C’est dans les TPE et les PME. Il y en a trois millions en France. Or ces petits patrons ont peur d’embaucher », a dit mardi le président du Medef, Pierre Gattaz, lors d’une conférence de presse ». « Le Premier ministre a reconnu mardi que la « peur de l’embauche » était un mal à combattre et que le gouvernement était favorable à une réforme « pour permettre aux TPE, aux PME, PMI et aux start-ups d’embaucher plus rapidement ». Ce n’est pas beau la Com?

PARIS (Reuters) – « Le défi le plus important pour la France est de réformer son marché du travail pour favoriser la création d’emplois, estime l’Organisation de coopération et de développement économiques.
Cette recommandation prioritaire du rapport sur la France présenté jeudi intervient alors que le gouvernement multiplie les déclarations sur la nécessité de favoriser l’embauche, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.
L’OCDE recommande par ailleurs à la France de baisser le poids de ses dépenses publiques, le plus lourd des pays de l’organisation après la Finlande, à 57,3% du PIB, pour alléger la pression fiscale afin de favoriser la croissance.
Pour doper l’activité, la France doit également simplifier dans tous les domaines, poursuit l’OCDE, selon qui les réformes menées par le gouvernement vont dans le bon sens mais doivent être accentuées. »

Sans commentaire cette fois!

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