La publication en fin de semaine dernière de chiffres de l’emploi US plus faibles que prévus constitue un élément nouveau susceptible, de modifier les tendances boursières en cours.
Nous étions, depuis plusieurs mois sur un schéma simple: les Etats-Unis bénéficiaient d’une activité meilleure que le reste du monde, on appelle cela un différentiel de croissance positif. Cela conduisait à anticiper une poursuite de la hausse du dollar, un affaiblissement de l’euro et une hausse des taux Américains en Septembre.
Déjà il y a un mois, la hausse du dollar s’est faite plus discutée, les opérateurs ont en effet noté que la Réserve Fédérale ne voyaient pas cette hausse d’un bon oeil. Elle pesait sur l’activité et surtout les bénéfices des entreprises.C’était « un vent contraire » pour reprendre le vocabulaire de la Fed.
La confirmation d’un premier trimestre quasi stagnant par les chiffres instantantés de la Fed d’Atlanta- une croissance de 0,1% seulement- a contribué aux prises de bénéfices sur le dollar et à un rebond de l’euro. La devise Européenne est revenue vers les 1,09.
On n’exclut pas une reprise plus sensible de la devise européenne, les positions spéculatives sont très chargées. Rien ne s’oppose à ce que l’on repasse la résistance technique des 110,50/111 et que l’on aille tester les 1,14.
Comment réagiront les marchés en pareil cas?
Ils ont été stimulés par la baisse de l’euro, seront-ils pénalisés par sa hausse? Les corrélations ne sont pas encore bien établies, mais il est possible que la reprise de l’euro soit une occasion de prises de profits. Dans le cas du Japon, par exemple, le marché boursier a adopté un comportement inversement corrélé au yen. Quand le yen baissait, le Nikkei montait et inversement.
Les mouvements boursiers peuvent être à détente multiple, car le consensus peut varier très vite. Pour l’instant la majorité des investisseurs parient sur un soft patch américain, c’est à dire un passage à vide temporaire. Personne en fait n’a d’éléments valables pour établir une prévision puisque les chiffres ont surpris tout le monde. L’emploi est un indicateur retard, il n’est pas vraiment utile pour la prévision.en revanche on ne peut négliger le fait que depuis quelques semaines, les statistiques sont erratiques et qu’elle incitent plutôt à l’attentisme.
Autre élément , exceptionnel celui-là, la situation Grecque va peut-être finir par se décanter, elle pourrait entrainer, selon les scénarios des mouvements des changes aussi bien dans un sens que dans un autre.