La folie des taux négatifs masque la spoliation, le vol et …l’imbécilité
On dit que Jupiter rend fou ceux qu’il veut perdre. Nous en sommes persuadés. Un commentateur écrivait ces jours derniers : « les marchés sont devenus fous ». Nous corrigeons, le sujet « les marchés » n’existe pas, il s’agit de la réification d’une abstraction créée par l’esprit. Ce qui existe, ce sont les hommes ou les machines, puisque maintenant les machines transactent et spéculent. Les hommes sont devenus fous. Et pas n’importe lesquels, ceux qui dirigent la monnaie et la finance.
Nos savants Diafoirus Banquiers Centraux ne connaissent de la réalité que les cours académiques qu’ils ont ingurgités et commentés. Pour nos fausses lumières, Dieu c’est Samuelson et les saints, ce sont Fischer, Greenspan, Yellen et Dudley . Le réel, ils ne le connaissent pas et c’est pour cela que périodiquement, mais malheureusement de plus en plus souvent, ils nous plongent dans la catastrophe. Ces faux savants nous font penser aux paradoxes de l’antiquité qui démontraient que le mouvement n’existait pas, paradoxes que l’on balayait d’un revers de main, … en marchant. L’esprit , poussé à l’absurde ne traduit plus, n’exprime plus le réel. Il tourne sur lui-même.
Leur devise, c’est « nous avons failli, nous nous sommes trompés, trompons encore plus, cela masquera nos erreurs ; hier nous étions au bord du gouffre, faisons un pas de plus ».
Ces gens sont déconnectés de la réalité, ils vivent dans un monde de signes, d’équations, de modèles d’abstractions qui les ont dépassés depuis longtemps. Ils ne savent plus distinguer les créatures intellectuelles de la réalité . Ils prennent les ombres pour les corps, les signes pour ce qu’ils représentent. Ils confondent les mouvements de la pensée avec les mouvements du monde. Ils n’ont pas compris que les Idées avaient une logique propre, qu’elles traitaient d’abstractions qui sont autant de passages à la limite et qui lorsqu’elles y arrivent confinent à l’absurde. Les économistes devraient se voir infliger des cours de mathématiques pour en mesurer la portée et des cours de philosophie des sciences pour savoir de quoi ils parlent. Surtout, on devrait leur expliquer les limites de la projection spiritualiste sur la compréhension du monde.
Ce que l’homme a à craindre, ce ne sont pas les machines, mais les Idées. Elles sont douées d’une vie propre qui les pousse jusqu’aux extrêmes, alors que c’est précisément aux extrêmes qu’elles cessent d’être valables. Les idées ont une vie propre, une combinatoire, une logique apparente qui, une fois implantées dans la tête des hommes les rendent fous. C’est une facon de concevoir le nazisme et les génocides par exemple : des Idées qui sont poussées jusqu’à l’extrême et qui détruisent les hommes au lieu de les servir.
La notion de taux négatifs est une création abstraite, mathématique, comme beaucoup d’autres choses du même genre. Il n’existe pas de bien, de marchandise, dont on préfère la jouissance et disposition dans 10 ans plutôt que tout de suite ; la préférence pour le présent est inhérente à la nature humaine et à la vie même. Car nous sommes mortels.
L a préférence pour le présent implique la pénalité, l’escompte de ce qui ne sera donné que dans le futur. On peut faire toutes les contorsions savantes que l’on veut, cela ne restera que des contorsions. Il n’ a pas de taux d’intérêt naturel négatif, ce qu’il y a, c’est autre chose ; il y a des taux que l’on ne doit pas appeler d’intérêt et encore moins naturels, qui peuvent être imaginés négatifs, parce qu’il ne correspondent à rien … de naturel. Ce sont des taux qui n’ont rien à voir avec l’épargne ou la consommation, ce sont des taux qui sont des opérateurs sur des créatures artificielles sorties de rien, taux sur des digits, des créations de claviers informatiques qui se font passer pour de la monnaie et viennent concurrencer l’épargne sous forme de crédits.
Nos idiots confondent les signes, les digits qu’ils créent avec de l’épargne et des richesses réelles mises de coté pour préparer les productions futures. !
En 2008/2009, il y avait une occasion de réconcilier les signes magiques avec le monde réel de la production de richesses et de l’épargne ; hélas, comme les responsables n’ont pas payé eux même leurs erreurs et les ont fait payer aux autres, les fameux tiers payants qui peuplent nos systèmes, comme ils n’ont payé eux même, pas d’épreuve de réalité ; faute de sanction, la reconcilisation n’a pas eu lieu, ils recommencent et pire la divergence s’accroit.
Les taux négatifs sont une aberration scélérate que l’on essaie de faire passer pour naturelle. C’est un moyen de dévaloriser le produit du travail des gens, de déprécier ce qu’ils ont réservé pour l’avenir. Bref, c’est un moyen de répression, de taxation, et d’exploitation. Pourquoi le fait-on ? Parce que pour sauver le système financier et bancaire, on est obligé de faire passer une crise de solvabilité pour une crise liquidité. On est obligé de créer des liquidités (digits) qui tombent du ciel et qui entrent d’autant plus en concurrence avec la vraie épargne, qu’elles ne coûtent rien à fabriquer. Ces digits ne sont pas de la monnaie, ce n’est pas de l’épargne, mais ils se font passer pour eux grâce à leur déguisement d’une part et grâce au pouvoir, à la violence du cours forcé d’autre part. Et d’ailleurs on veut aller plus loin, dans le travestissement puisque l’on veut supprimer le cash et donner cours ultra-forcé aux seuls digits.
Ces digits, sont bien plus dangereux que la vieille inflation monétaire décrite par Cantillon, ils ne concourent pas à la formation des prix des marchandises, du moins pas dans un premier temps, ils concourent à la formation des prix du capital et surtout à la formation de l’intérêt. Ils pèsent sur le taux de l’intérêt : ils le « dumpent ». Ils contribuent au mal de la sur-accumulation de capital fictif improductif. Concurrence déloyale puisqu’ils sont produits gratuitement, mais bénéficient de la garantie de ces mêmes contribuables qu’ils contribuent à spolier.
Les taux naturels sont ce qu’ils sont, peut-être faibles, mais certainement pas négatifs. Ce n’est que ce que l’on fait passer pour taux d’intérêt, le prix de gros des digits, qui donne l’apparence d’être négatif, l’apparence car le vrai prix existe, mais il est caché, externalisé, payé par la subvention d’autres agents économiques que ceux qui les utilisent. Et ceci explique que les taux d’intérêt finaux ceux que paient les usagers, sont bien supérieurs, regardez les taux sur les facilités de caisse, sur les dettes de cartes de crédit etc
Le Wall Street Journal publie un article qui fait ressortir l’absurde de la situation créée par les Savants Cosinus des Banques Centrales. Il montre que les formules de calcul des taux des prêts aux particuliers devraient bientôt déboucher sur … une rémunération des emprunteurs. On devrait les payer pour emprunter.
Dans le vieux temps, nos professeurs nous expliquaient que l’on pouvaient démontrer certaines propositions, par l’absurde, nous y sommes.
Le délire des Keynésiens les fait marcher sur la tête, c’est le cas depuis longtemps et à force de voir les gens marcher sur la tête, on s’habitue, de plus en plus de gens croient que c’est ainsi que l’on marche, partout, toujours, on universalise. Nos keynésiens ont créé en son temps un concept de « coût de production de la demande » , nous l’avons trouvé, il est là, devant nous .
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A lire: ajout au 27 avril pour les spécialistes
The Natural Rate of Interest Does Not Exist
Fixing the Economists Article of the Fortnight
by Philip Pilkington, Fixing The Economists
I just want to make a quick note on the multiplier and the theory of liquidity preference that is not generally recognised. When the full implications of this argument are recognised and integrated with marginalist theories of savings and investment (including the Austrian theory) these theories basically fall apart unless some very restrictive assumptions are put in place.

Follow up:
In his book The Years of High Theory, GLS Shackle sums up the problem of the multiplier nicely and succinctly as such,
The Kahn Multiplier multiplies extra income not matched by extra consumable output, and it is of no consequence to the people of one country, seeking a means to increase their own employment, whether that original extra income is generated by the extra output of tools, or of goods for export uncompensated by extra imports, or whether it is a free gift of the government or private philanthropy. Kahn chose road-building as his example, doubtless because it is unnecessary to explain that roads cannot be sold to consumers. (p. 186)
This gets right to the heart of the matter and Shackle highlights precisely the sentence that is most important so that I don’t have to. When investment is increased new consumer goods do not become available immediately and thus the multiplier effects generate income and consumption that must be matched by the current output capacity of the economy or else they will cause inflation.
Now, here’s the problem for marginalist theory: if the economy is operating at full capacity, as is the typical case in a marginalist model, then how does an increase in investment not lead to inflation? The answer is familiar to any undergraduate who has done his homework: the new investment must be stimulated by a rise in savings. The process here is conceptualised as one in which the causality runs, not from investment to savings, but rather from savings to investment.
Economic actors decide that they will decrease consumption and increase savings. This lowers the rate of interest and investment increases. Thus the multiplier effect that the investment produces is offset by the rise in savings that precipitated the rise in investment (in formal terms cY is offset by sY). Down the road, when the savers go to spend their savings they will find that the extra productive capacity that their invested saving has brought online will allow them to increase their consumption in real terms (i.e. without price increases)**.
Sounds pretty tidy, right? Well, it is… until you introduce Keynes’ theory of liquidity preference. Then the whole thing gets completely mucked up. In simple form the liquidity preference theory states that there exists pools or hoards of money that people hold based on their expectations of the future. When they are optimistic about the future they dump more of the hoards on the market, lowering the rate of interest; when they are pessimistic about the future they extract money from the market, raising the rate of interest.
This means that the rate of interest is no longer governed by the savings desires of economic actors. Rather it is governed by the money markets and the levels of confidence that exist therein. If this level of confidence becomes overly optimistic the rate of interest will be lowered and a boom will be produced. In this boom it is likely that many malinvestments will be made (think of the redundant real estate put in place after the housing boom in, for example, Ireland). These malinvestments will not cater to the desires on the part of savers to consume in the future and since the losses will only accrue to money that would have anyway been hoarded, consumption in the future will outstrip the productive capacity of the economy. Inflationary tendencies will result. In the opposite scenario, we will get deflationary tendencies***.
The key here is that these whims are not the result of some ‘intrusion’ by the central bank, as is the case in the Austrian Business Cycle Theory (ABCT). Rather, they are a natural result of the fact that in the money market it is expectations in the face of an uncertain future that reign supreme. This eliminates the idea of a natural rate of interest that can be arrived at through market processes. The only way of salvaging this notion is to assume some variant of the strong-form Efficient Markets Hypothesis (EMH) in the money markets so that all investors have perfect knowledge of the future and integrate this into their investment decisions.
Given that no Austrian worth their salt would accept this idea, the ABCT falls apart completely. As for the mainstream marginalists, only the New Classicals and the Chicagoites, with their highly artificial theories of the financial markets, have a coherent theory of a natural rate of interest. All the other schools accept that there are imperfections of varying degrees in the money markets. Thus all of these schools implicitly reject the natural rate of interest. But, of course, myopic as they often are, they still continue to use it in most of their models and most of their proclamations about policy. (Even Paul Krugman believes in a natural rate, as do many central bankers).
If we accept that there is no natural rate of interest what conclusion does this lead to? Well, it leads to the conclusion that a central authority should try to lean against the speculative impulses in the market. Given that these impulses are a response to the fact that expectations have to be formed in the face of an uncertain future, the central authority — that is, the central bank — should try to make this future as certain as possible by guiding interest rates. In practice, this is done by controlling the overnight rate of interest.
This is, however, a rather blunt instrument and we have seen in the past that it is not a good means to counteract speculative build-ups in specific sections of the financial architecture. If we accept the above argument then it would be far better for the central authority to intervene in different financial markets directly and give them guidance in accordance with their tendency toward speculative excess. The challenge for central banks moving into the future is to build tools that will allow them to do this. I have suggested what one such tool might be elsewhere. Another challenge will be to start producing the tools needed to try to identify speculative excesses in the markets. This, I think, is one of the biggest challenges that economics faces moving into the future.
Une réflexion sur “Les taux négatifs sont scélérats et idiots”