
Le scénario dominant, celui qui fait l’objet du consensus depuis de nombreux mois vient de s’effondrer: Et cela s’avère coûteux. Depuis des mois les opérateurs financiers jouent ce que l’on appelle la désynchronisation entre les économies Américaines et les économies Européennes. l’Amérique est censée se trouver en voie de reprise économique auto-entretenue, tandis que l’Europe est censée être en phase de stagnation. Selon cette thèse, la croissance Américaine va se renforcer, tandis que l’Europe va continuer de patauger. Dans ces conditions les taux vont pouvoir être montés aux USA et continuer de baisser en Europe. Sur le marché de changes, le dollar doit s’apprécier et la devise Européenne continuer sa dépréciation vers la parité avec le dollar. les rendements à long terme Européens sont anticipés à la baisse et les rendements US à la hausse. Le scénario était tellement évident que les positions spéculatives constituées pour jouer ce décalage entre les deux situations étaient colossales. Avec des « leverage » considérables et tout le monde se trouvait du même coté du bateau. Les derniers chiffres économiques en provenance des Etats-Unis attestent de la réalité de la modération en cours de l’activité et contrairement aux affirmations manipulatoires, il semble bien que ce ne soit pas lié à la météo ou à la saisonnalité, encore moins aux grèves. Il y a convergence aussi bien des indicateurs simultanés que des indicateurs avancés. L’ECRI, indicateur composite très suivi, confirme la réalité du ralentissement. Une estimation instantanée de la croissance du GDP pour le premier trimestre faite par un nouveau modèle d’une Fed régionale donnait même une croissance négative ces derniers temps. Le chiffre de croissance de 0,2% en rythme annuel qui a été publié ce jour n’est donc pas une surprise, mais il a fait l’effet d’un coup de tonnerre: Les positions spéculatives ont vacillé, les achats ou rachats « stop » ont été déclenchés et la volatilité, le désordre se sont installés. Un bain de sang dit-on. En Europe on a assisté à une panique à l’achat sur l’Euro, il a flirté avec les 1,12 contre dollar alors que la spéculation est fixée sur un horizon de parité 1 pour 1 ! Les pertes sont très importantes. Sur les actions, c’est la dégringolade, ainsi à Paris le CAC chute de près de 2,5%, sans filet de sécurité. Les autres places ne sont guère mieux loties. Pire on subit une chute dans le vide sur les obligations allemandes à 10 ans, les Bunds, leur rendement double en une seule journée. Le comble dl’ironie est que les bonnes nouvelles sur l’économie européenne ont pour effet de créer une panique …baissière sur les bourses!