Hier, Noyer a déclaré que les feux de la reprise étaient au vert en Europe. Nous pensons qu’il s’avance un peu et qu’il fait, soit du wishful thinking, soit de la politique. Une hirondelle, on le sait depuis Aristote, ne fait pas le printemps ni même un seul beau jour. Cependant, ce serait être aveugle que de ne pas reconnaître que cette fois, à la différence des précédentes, il y des signes convergents, encourageants pour l’activité économique européenne.
Nous attachons beaucoup d’importance à l’évolution du crédit privé, aux entreprises et aux particuliers. Or pour la première fois depuis 2012, soit depuis 36 mois la création de crédit a été positive. Les prêts ont progressé de 0,1% en Mars par rapport à l’année précédente et de 0,2% en séquentiel sur Février : C’est une nouvelle, une vraie et elle est positive. Lors des précédentes séances de wishful thinking, les indices d’amélioration n’étaient pas confirmés par la création de crédit, or cette fois la confirmation est venue.
La création de crédit est fondamentale dans nos systèmes dominés par la dette. La croissance des GDP et de l’activité dépend de deux choses (pour simplifier) : d’une part la progression des revenus et d’autre part la création de crédit , de la variation du crédit global. Ce qui compte, c’est le delta de crédit, or pour une fois il est positif.
Il est trop tôt pour diagnostiquer un début de transmission de la politique non conventionnelle de la BCE car plusieurs facteurs se sont conjugués positivement dans un sens optimiste.
-chute des prix de l’énergie
-chute de l’euro
-moindres tensions belliqueuses en Ukraine
-ambiance et sentiment améliorés des consommateurs par flexibilité dans l’austérité
-hausse des bourses
Cette petite hausse du crédit intervient il faut le noter malgré les réticences des banques à s’engager. Leurs marges sont faibles et surtout elles savent que si la BCE réussit, l’inflation va remonter, les taux vont se redresser et elles vont se trouver avec des actifs à faible rentabilité au bilan face à des charges de refinancement accrues et des provisions à passer. Un éventuel résultat de la BCE dans son entreprise … leur coûtera de l’argent ou des manques à gagner !
C’est un peu le problème , si la BCE a un début de résultat, les marchés vont en tenir compte, le différentiel de situation avec les USA va se réduire, la devise européenne va remonter, ce qui va diminuer la stimulation que représente un change bas. Déjà, les Etats-Unis s’opposent à une hausse du dollar qui constitue un « vent contraire » et ils ont différé la petite hausse des taux pour ne pas augmenter l’attrait du dollar. Au cours déprécié de l’euro, l’Europe vole de la croissance aux USA. Par ailleurs, on sait que l’euro au niveau actuel est un euro de combat, il est très en dessous de sa parité d’équilibre de long terme qui est autour des 1,27/1,30 contre dollar.
Les prévisions actuelles donnent une croissance possible en Europe de 1,5% en 2015. ce n’est pas déraisonnable car on a déjà un stimulus quasi fiscal du à la chute des prix du pétrole de 0,5% de GDP, puis une « flexibilité stimulante de l’austérité » de 0,3%, une hausse de compétitivité due au change qui favorise la substitution aux importations etc etc.
Toute la question est celle de la durée de l’embellie. Quasi toute l’amélioration est circonstancielle, il n’y a presque rien de structurel, sauf le redressement provoqué par les dévaluations internes dans certains pays. Aussi bien l’effet de change que les prix du pétrole, tout cela est prévu pour ne pas durer. On comprend les belles envolées, voire les incantations des eurocrates et des Allemands pour, surtout, que l’on n’abandonne pas les fameuses réformes Arlésiennes dont on nous rabat les oreilles.
Une chose est sure, cette embellie n’a rien a voir avec les fameux résultats de l’action du gouvernement, mais il ne va pas manquer de tenter de le faire croire et d e l’exploiter pour favoriser une remontée de sa popularité.
L’opposition a du souci à se faire
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Note
Simple coincidence ou goutte d’eau qui fait déborder le vase?
« Bunds::Yields are crashing higher…Doubled in a day! »
Les Bunds allemands ont connu un flash crash ce jour, leur rendement a doublé passant de 14 pbs à 29 pbs. Pendant ce temps l’euro était fortement recherché et le dollar liquidé.
plusieurs facteurs se conjuguent
.-déclaration se Gross et de Gundlach qui en font le short de l’année
-marché étroit ridicule, qui dysfonctionne et ne signifie plus rien
-volatilité dans tous les sens sur les changes
-indices de reprise confirmée en Europe
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Ajout
Euro area’s economic activity supported by QE, but impacted by the Greek crisis
Monetary aggregates confirm that the normalisation process is under way. In the coming months, the combination of TLTRO operations and the QE programme have brought lower funding costs, supporting a recovery in the credit cycle.
Credit back into positive territory
The annual growth rate in the euro area money supply (M3) accelerated further from 4.0% y-o-y in February to 4.6% y-o-y in March, above consensus expectations (4.3%) and edging above its long-term reference value (4.5%) for the first time since April 2009.
As the counterpart to broad money supply (M3), lending to the private sector expanded for the first time after 34 consecutive months of contraction (+0.1% y-o-y in March from -0.1% y-o-y in February), although that it is still a moderate pace by historical standards.
Stabilisation in bank lending flows
In terms of flows, bank lending to non-financial corporations contracted by €3bn in March, after expanding by €10bn in February. So, in the last 3 months, loans to corporations totalled €6bn. Meanwhile, loans to households increased again thanks to a rise in both mortgage lending (+€6bn) and consumer credit (+€3bn).
M1 growth accelerates further
The increase in M3 money supply was again driven by a sharp increase in the narrow monetary aggregate – which was itself boosted by the ECB’s QE. Indeed, M1 surged from 9.1% y-o-y in February to 10.0% y-o-y in March, its strongest rate since May 2010. As a result, M1 growth – traditionally a good leading indicator of economic activity – suggests that the euro area is likely to accelerate further in the months ahead.
Economic sentiment dented by the Greek crisis
Nevertheless, the first flurry of business surveys (PMIs, ESI) for Q2 paint a less upbeat picture than suggested by monetary aggregates. Indeed, after four consecutive monthly increases, the European Commission’s Economic Sentiment Indicator (ESI) surveys for the euro area inched downwards in April (-0.2 points to 103.7), below consensus expectations (103.9). This reading echoed the message from other recent surveys (PMIs), suggesting that uncertainties related to the Greek crisis might have dented confidence among industrialists and consumers.
The breakdown by sector revealed that, in April, consumer confidence (-0.9 points to -4.6) declined for the first time since November. This was accompanied by falls in the construction (-1.4 points to -25.6) and industrial (-0.3 points to -3.2) indicators. In contrast, the services indicator improved for the third month in a row (+0.6 points to 6.7), whereas the retail indicator remained broadly stable at -0.8.
Spaniards among the most upbeat
In terms of geographical developments, among the four biggest economies, the ESI only increased in Spain (+1.3 points to 110.4), reaching its highest level since April 2001 and recording the sixth consecutive monthly rise. By contrast, the ESI declined in France (-1.4 points to 97.2) and Germany (-0.6 points to 104.5), but was unchanged in Italy at 106.1.
Q2 softer after a buoyant Q1
Overall, today’s data on monetary aggregates confirm that the normalisation process is under way. In the coming months, the combination of TLTRO operations and the QE programme have brought lower funding costs, supporting a recovery in the credit cycle.
In addition, ESI survey findings were in line with recent PMI surveys, suggesting that, after a very strong Q1 supported by a conjunction of favourable events (lower oil prices, euro depreciation, expansionary monetary policy and a softening of the fiscal stance), GDP growth could slacken somewhat in Q2.