Après avoir traversé sa moyenne mobile MM20 , puis sa moyenne mobile MM50 l’indice se dirige plein sud vers sa moyenne mobile MM100 qui est à 3464; on est quelques encablures, à 3518. Les dégâts individuels sont significatifs et le repli est sur un large front, peu sélectif.
Par ailleurs cette tendance parisienne est loin d’être isolée, elle fait partie d’un mouvement d’ensemble de dégagements de position fragiles, certainement celles qui ont été prises depuis le début de l’année sur la spéculation du QE de Draghi.
Pour les spéculateurs et les institutions de gestion qui ont conseillé l’achat et le renforcement des positions depuis le début de l’année, c’est la douche froide. Plus que jamais, les conseilleurs ne sont pas les payeurs et tous ceux qui sont venus exposer leur optimisme il y a quelques semaines, et bien ceux la, on ne les voit et les entend plus. La seule cause de leur optimisme était le momentum et quand le momentum disparait, il se font tout petits.
Si la MM100, moyenne de long terme, ne tient pas, il est évident que cela est inquiétant et dans ce cas nous vous conseillons de lire et relire attentivement notre dernière synthèse sur le récent choc boursier et son interprétation fondamentale. Une chose est sure, l’efficacité du QE de Draghi en tant que catalyseur du climat des affaires et de la Bourse est très limitée. Les imitateurs qui n’assimilent pas les leçons et les exemples des maîtres ne sont jamais à l’abri des déconvenues! Le QE de la BCE ne protège même pas des turbulences grecques. Il faut dire que les Allemands y mettent du leur pour miner le terrain, comme si ils jouaient la politique du pire. La divergence entre le FMI et les institutions européennes est significative et c’est, un nouveau tournant dans l’évolution de la crise. Le FMI juge que la voie suivie par l’Europe sous la conduite des Allemands est irréaliste , tout le monde le sait, mais cela est différent quand c’est le FMI qui le dit. Et puis il y a l’incertitude des élections britanniques, cela fait beaucoup.
La baisse des marchés tout en étant superficielle, relance comme toujours les débats fondamentaux et en particulier ceux sur le bien fondé et l’adéquation des politiques suivies, lesquelles politiques prétendent lutter contre les tendances récessionnistes par le laxisme monétaire. Et le débat se pose toujours de la même façon. Les uns disent: je vous l’avais bien dit, on ne peut relancer les économies réelles par les artifices monétaires, tandis que les autres, les Krugman et sa clique répètent que l’on en n’a pas fait assez, il faut aller « all in ».
A ce stade , il n’y a plus qu’à attendre et croiser les doigts en attendant de voir sir la MM100 joue son rôle de soutien ou pas. Attention , très souvent il arrive qu’un petit percement soit un piège, un « bear trap », ne vous pressez pas, attendez les confirmations.
Mise à jour en clöture
La résistance des places européennes s’est finalement organisée en cours de journée et des achats sélectifs sont apparus sur une sélection de grands titres représentatifs. Les Blue Chips européennes se sont montrées irrégulières avec une mention négative pour les pétrolières et une mention positive les assurances si on excepte Allianz. Les banques sont irrégulières, mais avec des écarts relativement contenus.
Au plus bas l’indice Eurostoxx 50 a touché 3484,07; à 17h30 on était près des plus hauts à 3566,34 pour une clôture hier à 3558,03.
La séance semble encourageante.