« les français ne cessent d’exprimer un désir vague de changement et une volonté précise de stabilité » Valery (Paul, pas Giscard)
Acteurs Publics et l’IFOP ont réalisé un sondage intéressant qui montre bien l’incohérence des français d’une part et la limite des opinions exprimées dans les sondages.
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Interrogés sur la politique de réforme du gouvernement , les Français dans leur très large majorité jugent très sévèrement l’action du gouvernement. Pour 8 Français sur 10, la politique de réforme est insuffisante et inefficace !
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Si on en croit les réponses à ce sondage, les priorités du gouvernement devraient être de renforcer la compétitivité des entreprises et de réaliser des économies budgétaires.
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Tout cela est évident, à force de répéter inlassablement la même propagande et d’enfoncer les mêmes portes ouvertes, cela rentre dans le crane des Français, quand on appuie sur le bouton, ils répondent bien. Du moins ce qu’il faut qu’ils répondent.
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Tous les sondages intermédiaires sur les réformes montrent que les Français n’en veulent pas, ils sont contre tout changement concret, en particulier lorsqu’il s’agit de leur situation et de leurs « droits ». Les français sont pour la musique du changement, l’air du changement , mais pas les paroles et encore moins les actions.
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Deux remarques supplémentaires :
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On peut s’interroger sur les intentions des donneurs d’ordre, c’est à dire sur ce que souhaitent ceux qui paient ce sondage, un sondage aussi absurde ; que veulent-ils prouver ? Et d’ailleurs on devrait toujours indiquer dans un sondage qui a payé, ce n’est généralement pas le journal qui publie.
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On peut s’interroger sur ce que les citoyens comprennent des explications du gouvernement, des articles des journaux et des émissions de télévision. Toute personne sensée sait que pour produire effet des réformes demandent du temps, beaucoup de temps, de 6 à 18 mois ! Comment peut-on juger de l’efficacité de mesures qui sont à peine votées ? Même Mitterrand savait qu’il fallait laisser le temps au temps selon sa belle expression.
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Le but général des réformes, imposées par l’Europe est simple : fluidifier le système Français, le rendre souple , flexible, malléable pour qu’il s’adapte à la concurrence mondiale, et européenne.
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En clair, il faut réformer pour que la rémunération et les revenus des facteurs de production soient abaissés afin d’être portées au niveau qui prévaut dans le monde. La France a entretenu ses rigidités en raison des promesses des gouvernements successifs de fausse droite et de fausse gauche, alors même que l’on ouvrait les frontières pour faire pénétrer la concurrence. On a compensé la contradiction et l’incohérence par le crédit, par la dette.
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Et on continue. Les réformes centrales, celles qui pourraient débloquer la situation comme la suppression du Smic, la refonte du Code du Travail, la remise à plat du système des Tribunaux de Prud’hommes, bref tout ce qui permettrait de restaurer la liberté de gestion et d’adaptation, ces réformes sont sans cesse repoussées. Tout ce qui pourrait donner des résultats, ferait mal, provoquerait une nouvelle chute de popularité ; conclusion , on fait des réformes cosmétiques, pour faire semblant.
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C’est ce qu’a dit la récente note de travail remise à la Commission, note restée non publiée : moins de 30% des réformes nécessaires ont été faites et celles qui l’ont été, ont vidées de tout contenu.