Pour définir leur politique de gestion et leur allocation d’actifs, les Maisons de gestion de fortune établissent des scénarios. Bien souvent il y a un scénario dominant, la profession est moutonnière.
Le scénario du consensus est celui d’une accélération de la reprise américaine, d’un relatif pataugeage européen et d’une période de passage à vide chez les grands Emergents.
De ce scénario découle une prévision sur l’évolution des taux d’intérêt relatifs et bien sûr sur les changes. Le dollar est censé s’apprécier, les taux Européens et ceux des Emergents sont censés rester bas.
Depuis le premier trimestre ce scénario est battu en brèche, la croissance Américaine n’est pas au rendez-vous, elle s’étiole . On invoque les éléments météos pour se rassurer, mais en fait on ne sait pas très bien, on ne comprend pas . Conclusion, on reste collé aux anciennes prévisions et on se raccroche à l’espoir du « temporaire » .
Les profits des firmes américaines sont en érosion, l’incertitude sur la politique de la Fed ne favorise pas les initiatives, le marché financier est sur la défensive. Bien entendu il y a toujours des naifs qui espèrent un découplage entre les USA et le Reste du Monde. Ce découplage est peu probable, car l’histoire montre que les corrélations entre Wall Street et les autres places mondiales ne faiblissent jamais, elles se renforcent dans les de baisse. Le Reste du Monde perd plus que Wall Street, dans les baisses, c’est la règle.
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Lisez la dépêche ci dessous.
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PARIS (Reuters) – La dynamique de la croissance reste globalement stable dans le monde mais les signes d’inflexion positive en zone euro se renforcent, a indiqué mardi l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les indicateurs composites avancés de l’OCDE, conçus pour anticiper les points de retournement de l’activité, montrent à l’inverse des signes d’infléchissement de croissance aux Etats-Unis, qui « pourraient être liés à des facteurs temporaires », indique l’organisation.
Ils continuent aussi de signaler un infléchissement de croissance en Chine, Russie et Brésil.
L’indicateur global pour la zone OCDE est ressorti à 100,1 en mars, en baisse de 0,1 point, signalant une dynamique de croissance stable. Le seuil de 100 correspond à la tendance à long terme de l’activité économique.
L’indicateur pour les seuls pays du G7 recule de même de 0,1 point, à 99,9, indiquant un infléchissement de la dynamique de croissance.
Cette dégradation est due pour l’essentiel aux Etats-Unis (-0,2 point, à 99,6).
L’indicateur pour la zone euro, stable à 100,7, témoigne d’une inflexion positive, souligne l’OCDE. Il traduit des perspectives en amélioration pour la France (+0,2, à 100,8) et l’Italie (+0,1, à 101,0), alors l’Allemagne (stable à 99,8) marque le pas.
La Grande-Bretagne (-0,1, à 100,0) connaît aussi une dynamique de croissance stable, de même que le Japon (+0,1, à 100,0).
La situation est différente chez les grands émergents, avec un infléchissement des perspectives de croissance toujours constaté en Chine (-0,2, à 97,9), au Brésil (-0,1, à 99,2) et en Russie (+0,2, à 99,3). L’Inde (+0,1, à 99,3) est en position un peu plus favorable.