Le grand absent , le rebond Américain d’Avril, l’escarpolette

Le scénario dominant évolue, il devient difficile à suivre, mais il produit des marchés volatils et incohérents.
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En début d’année, le scénario du consensus était que l’on allait vers un découplage avec une poursuite de l’accélération de la croissance américaine et un pataugeage ailleurs. Comme nous l’avons maintes fois expliqué, cela permettait d’anticiper une hausse du dollar, une hausse des taux américains et des mouvements de sens inverse ou la stabilité ailleurs.
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Une amélioration surprise des indicateurs avancés dans le Reste du Monde a conduit à anticiper un scénario de resynchronisation, au moins temporaire. La croissance américaine allait continuer de se renforcer, mais le Reste du Monde allait croître plus que prévu. Ceci a donné par exemple une forte reprise des prix du pétrole.
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La généralisation de ce scénario de resynchronisation a fini par déboucher sur un redressement des anticipations inflationnistes des investisseurs et logiquement sur un sell-off sur les taux souverains considérés comme trop bas.
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La confirmation de la validité du scénario a été fournie si on peut dire par les marchés eux mêmes, ils font monter les taux longs, rendu la courbe plus pentue … ce qui signifie que l’on va vers une accélération de la croissance et de l’inflation.
D’ou la boucle d’auto-confirmation : on a continué à liquider les bonds souverains.
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Rien pourtant dans les indicateurs économiques qui viennent d’être publiés ne va dans ce sens.
Ainsi alors que l’on attendait un rebond des ventes au détail aux Etats-Unis dès le mois d’Avril, les chiffres sont décevants, de rebond il n’ y a pas . On publie des chiffres inférieurs aux attentes .
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La conclusion que l’on peut tirer des chiffres publiés ce matin est que le rebond n’existe pas et que le consommateur n’est pas au rendez vous. L’hypothèse hasardeuse de l’aléa météo qui aurait pesé sur l’activité au premier trimestre est de moins en moins crédible. D’ou l’escarpolette en cours sur les marchés de bonds !
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Il y a peu, la Fed a publié son Survey of Consumer Expectations, et ce « survey » confirme tout à fait les résultats des ventes au détail. Les perspectives de dépenses non seulement ne progressent pas, mais elles sont en retrait sur le mois précédent. Le consommateur n’est pas au rendez vous.
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Les grands mouvements financiers , la volatilité reposent sur des anticipations très fragiles et très moutonnières.
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Nous sommes plutôt du coté des pessimistes, puisque nous ne croyons pas aux vertus économiques des mesures monétaires non conventionnelles. Nous avons donc tendance à penser que de croissance auto-entretenue il n’y a pas et que la modération actuelle est plutôt dans l’ordre des choses. Les miracles n’existent pas, même si les taux bas et les liquidités suscitent des embellies fragile sinon temporaires. Tout ce qui est soutenu finit par tomber, telle est notre philosophie simpliste.
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Les évolutions constatées sont ténues, reconnaissons le, mais elles son troublantes et elles pourraient être aussi bien compatibles avec … un ré-affaiblissement de la conjoncture conduisant à … UN NOUVEAU QE, (les capitales sont volontaires) .
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A force de vouloir jouer au plus fin de « fine tuner », on en arrive peut être à des absurdités ingérables.
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Ajout
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Une embellie se dessine depuis le début de la matinée sur les marchés obligataires de la zone Euro avec des écarts s’étageant entre -4Pts de base (le Bund affiche 0,639%) et -7Pts pour les OAT2025, le 10 ans belge (à respectivement 0,9040 et 0,9070%).

Plus au sud, les ‘bonos’ et BTP italiens se détendent de 5 à 6Pts de base, leur rémunération affichant à 1,780 et 1,810% respectivement.

La décrue s’est confirmée au fil des heures malgré des chiffres de croissance bien plus robustes que prévu en France (PIB en hausse de +0,6% du PIB au 1er trimestre au lieu de +0,4% anticipé.

Exception fait de l’Espagne qui revendique +0,9% au premier trimestre (la prime à l’achat d’un véhicule neuf dope la croissance ibérique), la France devance la Hollande et le Portugal (+0,4%… même score que l’Eurozone) puis surtout l’Allemagne et l’Italie avec +0,3%… puis la Finlande avec -0,1% et la Grèce avec -0,2%.
En ce qui concerne l’Allemagne, la division par 2 du PIB résulte d’un tassement des exportations obère la progression de la consommation.

Les ménages français ont retrouvé le goût de dépenser (+0,8%) mais les entreprises n’ont pas retrouvé le goût d’embaucher (l’emploi salarié a décliné de -0,1%, soit -13.000).
Pire, l’activité dans le bâtiment chute de -0,9% (et pourtant les taux sont au plus bas) mais c’est compensé par une hausse de l’activité dans le secteur des transports (dont l’automobile +1,4%).

Aux Etats Unis, le chiffre très attendu des ventes de détail constitue une véritable déception: le sursaut du mois de mars (+1,1% après 3 mois de déclin à un rythme moyen de -0,7%) ne se confirme pas avec une stagnation de la demande des ménages US.

Les T-Bonds US n’en profitent pourtant pas pour se détendre: après une embellie observée sur les marchés asiatiques ce matin et jusque vers 2,19% à New York en début d’après-midi, le ’10 ans’ se traite de nouveau au-dessus de l’ex-plafond des 2,22%, à 2,235% vers 16H05.
La toute récente publication des stocks des entreprises US (+0,1%) ne change rien au comportement des T-Bonds.
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Ajout numero 2
Une embellie se dessine depuis le début de la matinée sur les marchés obligataires de la zone Euro avec des écarts s’étageant entre -4Pts de base (le Bund affiche 0,639%) et -7Pts pour les OAT2025, le 10 ans belge (à respectivement 0,9040 et 0,9070%).

Plus au sud, les ‘bonos’ et BTP italiens se détendent de 5 à 6Pts de base, leur rémunération affichant à 1,780 et 1,810% respectivement.

La décrue s’est confirmée au fil des heures malgré des chiffres de croissance bien plus robustes que prévu en France (PIB en hausse de +0,6% du PIB au 1er trimestre au lieu de +0,4% anticipé.

Exception fait de l’Espagne qui revendique +0,9% au premier trimestre (la prime à l’achat d’un véhicule neuf dope la croissance ibérique), la France devance la Hollande et le Portugal (+0,4%… même score que l’Eurozone) puis surtout l’Allemagne et l’Italie avec +0,3%… puis la Finlande avec -0,1% et la Grèce avec -0,2%.
En ce qui concerne l’Allemagne, la division par 2 du PIB résulte d’un tassement des exportations obère la progression de la consommation.

Les ménages français ont retrouvé le goût de dépenser (+0,8%) mais les entreprises n’ont pas retrouvé le goût d’embaucher (l’emploi salarié a décliné de -0,1%, soit -13.000).
Pire, l’activité dans le bâtiment chute de -0,9% (et pourtant les taux sont au plus bas) mais c’est compensé par une hausse de l’activité dans le secteur des transports (dont l’automobile +1,4%).

Aux Etats Unis, le chiffre très attendu des ventes de détail constitue une véritable déception: le sursaut du mois de mars (+1,1% après 3 mois de déclin à un rythme moyen de -0,7%) ne se confirme pas avec une stagnation de la demande des ménages US.

Les T-Bonds US n’en profitent pourtant pas pour se détendre: après une embellie observée sur les marchés asiatiques ce matin et jusque vers 2,19% à New York en début d’après-midi, le ’10 ans’ se traite de nouveau au-dessus de l’ex-plafond des 2,22%, à 2,235% vers 16H05.
La toute récente publication des stocks des entreprises US (+0,1%) ne change rien au comportement des T-Bonds.
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Ajout numero 2
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La Fed d’Atlanta qui fait tourner un modèle de prévision du GDP en temps quasi réel vient de réviser à la baisse sa prévision de croissance du second trimestre de 0,8 à 0,7%.

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