Le point sur les marchés, hausse de l’euro, un scénario mis à mal

Le rebond de l’euro s’amplifie, la devise européenne a franchi jeudi matin le seuil de 1,14$ après la publication, la veille, d’une stagnation surprise des ventes de détail aux Etats-Unis, qui a fait plonger le dollar.
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Nous vous renvoyons à notre analyse du 13 mai sur les changements de scénario dominant et l’incertitude.
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Après avoir cru à une désynchronisation conjoncturelle favorable aux Etats-Unis, les investisseurs ont glissé vers un scénario de synchronisation , puis maintenant ils inversent carrément au vu des médiocres indicateurs américains et des bons chiffres européens!
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L’euro a désormais bondi de près de 1,5% en 24 heures et a regagné près de 8% depuis son plus bas de début avril, à 1,0586$ ! Il cède encore environ 5,5% depuis le 1er janvier, et 16% depuis juin 2014, une baisse qui a contribué à soutenir la croissance européenne. Nous vous rappelons qu’il y a quelques semaines, la première étape de la baisse de l’euro était évaluée à 1,05 contre dollar, la seconde à la parité 1 pour1 et la dernière à 0,85.
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Nous n’avons cessé de proclamer que la baisse de l’euro était artificielle et donc fragile et que sur la base de tous les modèles sérieux connus, la parité « fair », la fair value était à 1,35. Allant même jusqu’à dire que dans une optique de 3 à 5 ans l’euro était un investissement patrimonial, familial. Le caractère artificiel, téléphoné, de la baisse de l’euro sa valeur fragile et incertaine. Voilà ce qu’il faut savoir et intégrer. La valeur étant incertaine, voire conflictuelle, il faut s’attendre à une volatilité extrême.
La déception, mercredi, sur les ventes de détail aux Etats-Unis a ainsi contrasté avec une poursuite de l’embellie de la croissance en Europe, où le PIB de la zone euro a augmenté de 0,4% au premier trimestre par rapport au 4ème trimestre 2014, après +0,3% au trimestre précédent, éloignant les craintes de déflation.Nous ne discutons pas, ce jour, la solidité et la qualité de cette embellie, mais que l’on sache qu’une hirondelle ne fait pas le printemps.
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Outre-Atlantique, les dernières statistiques ont semé le doute sur la capacité de l’économie américaine à rebondir fortement après un premier trimestre anémique (hausse de 0,2% du PIB en rythme annuel). Les ventes au détail sont médiocres, le consommateur américain n’est pas au rendez vous tandis que l’investissement reste décevant. La Fed d’Atlanta a fait tourner son modèle de prévision instantanée du GDP , elle ne donne plus qu’une croissance de 0,7% pour le second trimestre contre 0,8% avant.
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Voila la réalité Américaine, malgré les espoirs sans cesse reportés de croissance auto entretenue, il n’ y a pas. Ces déceptions montrent une chose, l’économie américaine, malgré les apparences n’est pas sur les rails, elle a toujours besoin de dopage. C’est la raison pour laquelle Yellen depuis Février pèse sur le dollar en affirmant qu’il constitue un « vent contraire » .Ces indicateurs médiocres repoussent potentiellement la date à laquelle la Réserve Fédérale mettra fin à sa politique de taux directeurs proches de zéro.
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Nous allons plus loin et nous disons qu’il ne faut pas exclure un report de la normalisation, puis peut-être , à moyen terme, un retour à la stimulation. De nouveaux QE sont pour nous, dans l’ordre des choses à ce stade. Ils expliqueraient beaucoup mieux le comportement des marchés que les hypothèses fragiles actuelles du consensus.
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De nombreux « experts » s’attendent désormais, au vu de la faiblesse de l’économie américaine en début d’année, à ce que la Fed patiente jusqu’à l’automne, voire plus tard, avant de procéder à sa première hausse des taux, ce qui serait de nature à affaiblir encore davantage le dollar dans les prochaines semaines.On en est là.
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Vous savez que pour nous, l’inconnue majeure se situe en Chine. Les autorités tentent de s’opposer à une poursuite de l’affaiblissement de la croissance, malgré leur désir d’assainir la situation bancaire du pays. La croissance réelle est inférieure à la croissance officielle souhaitée de 7% et encore plus à la croissance potentielle évaluée à 7,3%. Les mesures prises à ce stade sont insuffisantes et elles seront suivies d’autres peut-être non -conventionnelles. Tout ceci pourrait perturber les anticipations, surtout sur les changes.
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L’indice CAC 40 revient vers des zones intéressantes.Les premiers appuis des moyennes mobiles courtes et moyennes n’ont pas résisté. Nous sommes à quelques encablures de la MM100 et proches d’une zone théorique de soutien graphique qui se situe autour des 4870. Si elle ne tient pas, le prochain arrêt sérieux est à 4600. Surveillez les bancaires en tant qu’indicateur avancé.
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Ajout numéro 1
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Draghi au FMI

La Banque centrale européenne (BCE) ira jusqu’au bout de son programme d’assouplissement quantitatif (QE), a affirmé son président Mario Draghi jeudi, minimisant les craintes que ce programme de rachat d’actifs ne soit la source de bulles spéculatives.

Les propos de Draghi, tenus à Washington dans les murs du Fonds monétaire international, ne laissent guère de doutes sur la mise en oeuvre intégrale de ce programme, qui doit durer jusqu’en septembre 2016, en dépit des réserves émises par un pays tel que l’Allemagne à sa création.

« Près de sept années de crises à répétition n’ont pas encouragé les ménages et les entreprises à prendre des risques », a dit Draghi à une audience où l’on comptait la directrice générale du FMI Christine Lagarde. « Pour ce motif, il faut attendre avant de pouvoir dire que nous avons réussi ».

Même si ces 60 milliards d’euros d’achats d’actifs mensuels, essentiellement des emprunts d’Etat, aboutissent à une revalorisation des actifs et de la confiance, il faut aussi qu’ils stimulent l’investissement et l’inflation, a poursuivi Draghi.

« Alors que nous avons déjà constaté un effet sensible de nos mesures sur les prix des actifs et la confiance économique, ce qui compte en dernier ressort c’est d’avoir un effet équivalent sur l’investissement, la consommation et l’inflation », a déclaré Mario Draghi.

« Dans ce but, nous réaliserons entièrement notre plan de rachats, comme nous l’avons annoncé et, dans tous les cas, jusqu’à ce que nous constations un ajustement durable de la trajectoire d’inflation. »

En réponse à des critiques selon lesquelles une telle politique de création monétaire pourrait alimenter des bulles sur le marché immobilier par exemple, il a répondu: « Pour le moment, il y a peu d’indications selon lesquelles des déséquilibres financiers généralisés soient en train d’émerger. »

Mario Draghi a ajouté que les autorités monétaires devaient faire preuve de beaucoup de prudence lorsque le moment était venu de couper le robinet de la liquidité coulant à flot.

« Sortir d’une politique de liquidité abondante doit se faire avec beaucoup, beaucoup de précaution », a-t-il dit, à la suite de son discours. Lorsque ce type de politique reste en place longtemps, les esprits des investisseurs s’en imprègnent toujours plus

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