Hausse des taux , la BCE marque contre son camp Avec MAJ dimanche.

.L’Allemand Weidman n’a cessé de répéter, et encore cette semaine, que le risque de déflation est imaginaire et que le Quantitatuve Easing de Draghi est d’abord inutile et ensuite dangereux. Dans le match Bundesbank contre BCE, la BCE vient d’encaisser un but, c’est un but marqué contre son camp par Draghi .

Le QE, les achats de 60 milliards de titres longs par mois, ont pour objectif de faire baisser les taux et d’enrichir les banques. Il s’agit, comme l’écrit la Banque Pictet cette semaine, d’offrir aux banques la possibilité de prendre des profits sur les fonds d’état accumulés depuis 2012 et ainsi d’engranger des bénéfices, et donc de devenir plus riches.C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette Maison conseille d’acheter les banques européennes dans une de ses dernières notes.

Hélas, cette semaine encore, les taux longs européens ont monté, comme ils l’ont fait depuis un peu moins d’un mois et les pertes sont considérables ; Bloomberg les estime à 334 milliards d’euros sur la base de l’indice des bonds souverains à vendredi soir 17 heures ! Le rendement du Bund Allemand leader de la chute finit la semaine à 0,67% ajoutant 0,08 % au fil de la semaine.

Les pertes moyennes sur les portefeuilles de bonds souverains sont en première évaluation de 3,8 à 4%. Pour des placements de « rendement » dits sans risque, cela fait désordre. L’effet de richesse de Draghi a du plomb dans l’aile, et encore sans compter les pertes sur les portefeuilles « actions » constitués ou augmentés en février grâce au bon Monsieur Draghi. Eh oui, tout le monde n’a pas la main verte et le don de faire pousser l’argent sur les branches de la Banque Centrale, il faut du flair pour imiter et puis, il faut comprendre ce que l’on fait et les conditions dans lesquelles on le fait. Le QE de Draghi intervient après les QE américains et alors que les arbres ont déjà monté jusqu’au ciel.

Les conditions internationales ne sont plus les mêmes, le fameux « Savings Glut » se contracte comme peau de chagrin, la liquidité mondiale est en phase de reflux. Les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets quand les conditions et quand le terrain ne sont pas les mêmes.

Mais il y a pire, les indicateurs d’inflation pourraient bien jouer un mauvais tour supplémentaire à notre Draghi : sa mesure favorite des anticipations inflationnistes, « l’inflation swap rate » à cinq ans, monte, elle est au plus haut de Novembre dernier. Et après 4 mois d’inflation négative, la hausse des prix semble vouloir se stabiliser : on se prend à craindre la publication des chiffres d’inflation prévue pour le 19 Mai.

Au delà du 19 Mai , il faut savoir que les salariés Allemands multiplient les grèves et que les 6 jours d’arrêt de travail dans les transports en commun , à la Deutsche Bahn passent peut-être inapercus des financiers, mais pas des vrais gros investisseurs. Les salariés demandent des hausses de salaires de 5% et une réduction du temps de travail de 39 à 37 heures. Agitation également à la Deutsche Post. Les grèves se multiplient dans le pays. Si on se base sur le nombre de jours de grèves, nous sommes au record depuis 2008. On n’exclut pas que la contestation s’étende au secteur tertiaire soucieux de parvenir à un certain rattrapage après les années de vaches maigres.

Nous l’avons expliqué en son temps, la politique de Draghi qui vise à faire déraper le système Allemand dans l’inflation pour créer un différentiel de hausse des prix  avec le reste de l’Europe est dangereuse pour ce pays, elle peut le déstabiliser, inciter à monter à l’échelle de perroquets des prix et des salaires. Bref quand on joue avec les allumettes et le feu de l’inflation, on court toujours le risque de se bruler les doigts.

Un moment les marchés ont envisagé que Draghi allait ralentir le rythme mensuel des achats de bonds , voir même stopper les achats avant l’échéance. A Washington, le 14 Mai le responsable de la BCE a démenti fermement, mais il est évident que les démentis sont toujours perturbants, ils attestent de l’existence des problèmes sous jacents.

La baisse des bonds souverains est surdéterminée, elle est intervenue parce qu’à ce niveau déraisonnable, ils étaient vulnérables. Mais une fois fois le momentum lancé, il faut peu de choses pour l’entretenir, en particulier quand tout le monde cherche la sortie au même moment. Disons que nous avons assisté à une première et Gross(e) alerte sur la bulle des fonds d’état mondiaux, là ou les excès étaient les plus flagrants.

A notre avis il y a des dégâts dans la communauté spéculative européenne.Aux pertes sur les portefeuilles et sur le trading des bonds et des actions, il faut ajouter le contre pied sur l’euro. Sa hausse de 2,3%, leveragée dans les proportions habituelles, a du faire mal. Les services de contrôle des risques ont intérêt à faire des heures supplémentaires.

Croisons les doigts pour que les chiffres du 19 ne soient pas une « surprise » dans le mauvais sens.

Ajout dimanche 17

Deutsche Bahn

Le syndicat allemand des conducteurs de train GDL a annoncé dimanche que la compagnie Deutsche Bahn avait rompu les négociations salariales samedi soir, ce qui relance la possibilité de nouvelles grèves dans le transport ferroviaire.

Les négociations, a déclaré GDL, devaient normalement se poursuivre jusqu’à ce dimanche soir, mais l’entreprise Deutsche Bahn a fait savoir par écrit qu’elle ne souhaitait pas discuter plus longtemps sans procédure de médiation.

« Le patronat a par conséquent délibérément perdu toute chance d’obtenir des résultats intermédiaires et ensuite une médiation », a estimé le dirigeant de GDL, Claus Weselsky.

Le porte-parole de Deutsche Bahn n’a fait aucune déclaration.

Dimanche dernier, les conducteurs de train avaient mis fin à une grève qui avait duré près d’une semaine, soit la plus longue de l’histoire de Deutsche Bahn. Le syndicat GDL, qui représente 20.000 conducteurs de train, avait lancé ce mouvement social à l’appui de sa demande de pouvoir négocier au nom des autres employés des chemins de fer, en vue d’obtenir une hausse de salaires de 5% et un abaissement de la durée hebdomadaire de travail de 39 à 37 heures.

Ajout au 19 MAI

Prix à la consommation en zone euro

En hausse de 0,6 % hors alimentation, énergie, tabac, comme prévu.

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