L’ex-ministre socialiste de l’Education nationale Benoît Hamon a dénoncé samedi une « forme de cynisme » à la tête du PS. Il estimé que les militants du parti de la majorité pourraient déjouer les pronostics sur son congrès de début juin à Poitiers.
Benoît Hamon, est signataire de la motion des « frondeurs » du PS (motion « B ») concurrente de celle du premier secrétaire du Parti.
Jean-Christophe Cambadélis de son côté a rallié la maire de Lille, Martine Aubry, et ses amis, ce qui devrait en principe lui permettre de garder la direction du Parti socialiste.
« Je n’anticiperais pas sur ce résultat », a cependant déclaré à France Culture Benoît Hamon.
Il a estimé qu’il ne fallait pas écarter l’hypothèse que les militants socialistes, appelés à se prononcer jeudi sur les quatre motions en lice, se rebellent « à l’égard de la situation et d’une forme de cynisme ».
Benoît Hamon se réfère notamment à des propos de Jean-Christophe Cambadélis, rapportés par l’hebdomadaire L’Obs, sur la manière dont sa motion (motion « A ») a été rédigée pour rassembler de la droite du PS aux « aubrystes ». Ah les synthèses !
Le premier secrétaire commente notamment une formule sur le travail du dimanche assez ambiguë pour que tout le monde puisse s’y retrouver sans renier des convictions contradictoires.
« C’est à montrer dans les écoles », commente-t-il : « Martine n’était pas dupe mais elle n’a pu s’empêcher d’exploser de rire quand je la lui ai lue. Tout a été pensé, croyez-moi. J’ai passé des jours et des nuits à plancher. »
L’ancien ministre a par ailleurs dit s’être « trompé » sur Manuel Valls et sa capacité à infléchir la politique économique du gouvernement, lors de la formation de sa première équipe en avril 2014.
« J’ai cru que le pragmatisme qui est le sien l’amènerait à regarder les yeux dans les yeux ce qu’étaient les conséquences en termes de chômage, d’inégalités, d’une politique économique, qui, non seulement fabrique de la désespérance sociale (…) mais en plus fabrique du désenchantement démocratique. »