Recette pour un massacre de l’épargne. Prenez une Banque Centrale, faites lui injecter 60 milliards d’euros par mois d’argent à taux zéro, augmentez ce montant à 100 milliards pour plaire aux banques , et puis étonnez vous si les taux de l’argent sont nuls ou très faibles. A partir de là vous affirmez que compte tenu du loyer de l’argent, l’épargne des particuliers modestes est trop rémunérée. Vous dites qu’elle coûte trop cher si on la compare à la gratuité de l’argent tombé du ciel. Le même particulier ne va quasi plus rien toucher sur l’argent qu’il laisse à la Banque, mais on lui compte, taux vérifié et certifié de 16 à 18 % pour une facilité de crédit « revolving » de 5000 euros dans sa grande qui fait rêver… Ce taux par un tour de passe passe est même supérieur à celui considéré comme usuraire.
Ah ce profiteur de particulier qui ose s’opposer à la transmission de la politique de la BCE.
La politique de la BCE vise à gonfler les profits des banques pour leur éviter d’avoir à faire des augmentations de capital. Elle vise aussi à faire baisser les taux, ce qui comprime les marges des banques, donc le FMI conseille d’étrangler les particuliers afin de faire baisser le coût des ressources des banques, le coût de la collecte, et augmenter leurs bénéfices.
L’épargne n’est pas subventionnée, elle est volée.
« Le FMI ne manque pas d’idées. Suite à sa mission d’évaluation annuelle en France, le Fonds monétaire international a livré ses recommandations pour lever les freins qui pèsent sur la reprise. Seuils sociaux, Smic, temps de travail, allocations chômage… Plusieurs axes de travail sont suggérés.
De manière plus anecdotique, le fonds pense également qu’il serait utile d’abaisser les taux garantis de l’épargne réglementée. La raison ? Ils « font obstacle à la transmission efficiente de la politique monétaire de la BCE ». En clair, alors que l’économie fonctionne actuellement avec des taux au plancher, la rémunération artificielle de l’épargne réglementée apparaît déconnectée de la réalité.
Force est en effet de reconnaître que les épargnants bénéficient actuellement d’un vrai coup de pouce. Pour le Livret A et le LDD par exemple, la stricte application de la formule (avec une inflation nulle à fin décembre) aurait dû aboutir à un taux de 0,25% en février dernier. Mais le gouvernement a choisi de ne pas descendre sous le seuil symbolique de 1%. Bref, le Livret A et le LDD profitent d’une prime de 0,75% sur leur taux théorique.
Laisser filer le taux du Livret A aurait aussi des conséquences sur d’autres produits liés à son taux. Le LEP en fait partie puisque sa rémunération est supérieure de 0,5 point à celle du Livret A. Autrement dit, le LEP bénéficie lui-aussi d’une prime de 0,75%.
Enfin, on peut aussi ajouter le PEL dans les supports d’épargne réglementée déconnectés des taux de marché. Certes, le gouvernement a décidé de ramener en février dernier le taux plancher de 2,5% à 2%. Il n’empêche que ce seuil reste artificiel. Si la formule basée sur les taux de marché avait été appliquée au pied de la lettre en décembre dernier, les nouveaux PEL ne serviraient pas plus de 0,5%.
Bien entendu, cela fait peser une contrainte sur les établissements financiers et donne à l’épargne réglementée un avantage concurrentiel indéniable sur des produits comparables (particulièrement dans le cas du PEL à l’heure actuelle). Avec une inflation toujours au plancher, on peut donc s’attendre à ce que les débats sur le taux du Livret A reviennent au premier plan cet été au moment de la révision prévue. Mais s’il décidait de ne plus soutenir l’épargne des Français, le gouvernement prendrait à coup sûr un risque. »
EXTRAIT DE boursier.com.