Après son rebond des deux derniers mois, l’euro est reparti brutalement en baisse depuis lundi, revenant à son plus bas depuis deux semaines. il faut noter que ces mouvements s’inscrivent dans le cadre d’oscillations que l’on peut considérer comme techniques dans un marché ou les positions spéculatives sont très chargées. Dans la zone des 1,04, plus bas du cycle l’euro était mûr pour une reprise, tandis qu’à l’approche des 1,14 ., il y avait consensus pour prédire une forte résistance.
La monnaie européenne a atteint un pic à plus de 1,14$ le 14 mai, avant de replonger d’environ 2,5% en trois séances, pour retomber mercredi sous le seuil de 1,1100$ en cours de séance.
Le prétexte à ce rétro , se trouve essentiellement dans propos de Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, qui a annoncé mardi un renforcement temporaire, en mai et juin, du programme de rachats d’actifs mis en oeuvre par la BCE .A noter que les propos de Coeuré font scandale, ils ont alimenté des opérations d’initiés!
Coeuré a ainsi indiqué que la BCE ne tolérera pas un renchérissement de l’euro, qui pourrait faire dérailler la croissance économique convalescente de la zone euro. En fait , tout dépend de la vigueur relative de la conjoncture de l’eurozone en regard de celle des USA. Voir à ce sujet l’article d’ Andréas Hofert , sur le site.
Du côté de la Grèce, les fausses nouvelles destinées à manipuler les marchés et les comportements individuels continuent, ainsi , hier, pour la nième fois on était encore sur le point de signer un accord…
Les oscillations sont normales, on cherche une zone d’équilibre
Entre le 13 mars et le 14 mai, l’euro a rebondi de 8,6%, et les marchés obligataires ont fortement reculé, faisant remonter les taux d’intérêts dans la zone euro. Près de 800 milliards d’euros d’emprunts souverains qui avaient un rendement négatifs ont rebondi pour avoir un rendement nul ou positif, c’est plutôt un bien: Il reste environ 2 trillions d’emprunts à taux négatifs.
Dans un premier temps, le lancement de ce « QE » européen avait envoyé au plancher l’euro ainsi que les taux de la zone euro. Le rendement du Bund allemand est ainsi tombé à un plus bas historique de 0,0490% le 17 avril dernier, avant de remonter à 0,72% le 13 mai, puis de refluer jusqu’à 0,6% ce mercredi. Les études historiques pratiquées sur les comportement des marchés de taux lors des QE Japonais et Américains, montrent que ces oscillations, baisse initiale des taux, puis tendance nette à la hausse sont normales. Les taux rebaissent vers la fin supposées des QE … en attendant le round suivant.
L’OAT française à 10 ans a connu le même parcours, tombant à 0,3320$ le 15 avril, avant de remonter à 0,99% le 13 mai, puis de revenir à 0,88% ce mercredi en séance. Les taux des périphériques se sont tendus également:
Officiellement, M. Coeuré a pourtant précisé que l’augmentation « légère » des rachats prévus par la BCE n’est pas liée au récent mouvement de retrait observé sur le marché obligataire. Ces rachats seront un peu plus soutenus avant l’été, car les liquidités sont moins abondantes sur les marchés en juillet et en août, a précisé le responsable de la BCE, lors d’un discours à huis clos prononcé lundi, et qui n’a été rendu public que mardi.
La propagande continue d’essayer d’entretenir les anticipations baissières sur l’euro
Par ailleurs, les incertitudes sur le dossier grec ont pu perturber le marché des changes ces dernières semaines, et créer des tensions sur les taux, les investisseurs craignant qu’un éventuel défaut de la Grèce sur la dette ne déclenche une nouvelle crise de l’euro.
Mardi, la baisse de la devise européenne a été accentuée par la publication de bonnes statistiques américaines dans la construction (hausse des mises en chantier et des permis de construire). Ces chiffres ont soutenu le dollar, en venant rappeler aux marchés que la Fed pourrait bien relever ses taux directeurs avant la fin de l’année.
Dans sa note quotidienne de stratégie publiée mercredi matin, Crédit Mutuel-CIC Securities estime que « par son action et son discours, la BCE s’assurera qu’il n’y ait aucune tension excessive sur les marchés obligataires, et maintiendra les pressions baissières sur l’euro ».
« Combinés au durcissement à venir de la politique monétaire américaine, ces éléments aboutiront à une baisse de l’euro face au dollar à horizon fin d’année avec pour cible 1 euro = 1 dollar », poursuivent les analystes du courtier français.
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La compétitivité de l’Eurozone s’améliore, signes de reprise de l’activité
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D’après les premières estimations d’Eurostat pour le mois de mars 2015, les exportations de biens de la zone euro (ZE19) vers le reste du monde se sont établies à 182,4 milliards d’euros, en hausse de 11% par rapport à mars 2014. Les importations depuis le reste du monde ont quant à elles été de 159,1 milliards d’euros, en hausse de 7% par rapport à mars 2014. En conséquence, la zone euro a enregistré en mars 2015 un excédent de 23,4 milliards d’euros de son commerce international de biens avec le reste du monde, contre +16,1 milliards en mars 2014. Le commerce intra-zone euro a progressé à 150 milliards d’euros en mars 2015, soit +5% par rapport à mars 2014.
L’UE28 a affiché en mars 2015 un excédent de 10,7 milliards d’euros de son commerce international de biens avec le reste du monde, contre +3,6 MdsE en mars 2014.