Suisse, le point sur la politique de la Banque Centrale

Politique monétaire. Cette mesure réduit les incitations pour les étrangers à faire les placements libellés en francs.

Les taux négatifs aident à affaiblir le franc

Les taux négatifs introduits par la Banque nationale suisse (BNS) aident à atténuer la surévaluation du franc, a affirmé le vice-président de l’institut d’émission Jean-Pierre Danthine. Ce dernier a rappelé le caractère «exceptionnel» de ces mesures qu’il faut utiliser prudemment.

Les taux négatifs «ne reflètent pas une situation normale’, mais bien le caractère exceptionnel du contexte économique actuel, en Suisse et dans le reste du monde», a précisé M. Danthine selon le texte de son discours prononcé au Swiss Finance Institut à Genève.

Cette mesure, introduite en décembre 2014 et renforcée mi-janvier, «réduit pour les investisseurs étrangers les incitations à placer leurs avoirs dans des actifs libellés en francs» et «contribuera à atténuer la surévaluation du franc».

Le 15 janvier, la BNS a mis fin au cours plancher EUR/CHF introduit en septembre 2011 et a abaissé de 0,5 point à -0,75% le taux d’intérêt appliqué aux avoirs en comptes de virement. La banque centrale avait également abaissé la marge de fluctuation de son principal taux directeur, le Libor à trois mois, entre -1,25% et -0,25%, au lieu de -0,75% et +0,25% précédemment.

Le responsable de la BNS a souligné qu’un tel instrument de politique monétaire était à employer «avec prudence» et qu’il était conscient que son utilisation n’était «pas sans effets secondaires».

M. Danthine a également évoqué l’accroissement considérable du bilan de la banque centrale, qui a gonflé de 220 mrd CHF en août 2011 à 490 mrd fin 2014 pour atteindre 75% du PIB de la Suisse. Les interventions sur le marché du change pour défendre le taux plancher de 1,20 franc pour un euro «étaient nécessaires pour endiguer les pressions à la hausse que connaissait le franc», a-t-il insisté.

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Crainte d’une expansion incontrôlable

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Mais «poursuivre la politique du cours plancher aurait entraîné une expansion permanente et peut-être incontrôlable du bilan de la BNS». Ce dernier a été abandonné le 15 janvier, provoquant un raffermissement du franc, qui est brièvement passé sous la parité avec l’euro. Le franc s’est depuis relâché et se négociait mardi après-midi à 1,0431 EUR/CHF.

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