Le front haussier des Bourses est moins large, moins puissant.

Le front haussier des Bourses est moins large, moins puissant.

Depuis septembre dernier, nous considérons que les marchés sont en phase de distribution. En clair cela veut dire que des très gros vendent aux petits et à leurs institutions de retraite et de prévoyance. De ceci témoigne l’observation des volumes dans les phases de hausse et dans les phases de baisse.

Aucun doute sur le phénomène de distribution. Il est normal. La vocation de gros est de tondre les petits et sur tous les marchés, qu’ils soient immobiliers, matières premières, changes ou autres d’actions, il en est ainsi. Les requins mangent les poissons, les poissons mangent les alevins.

Tant que les distributions s’absorbent bien, la tendance boursière n’est pas en danger. Après tout les meilleures hausses se produisent quand c’est le public qui achète. La hausse est produite par l’esprit de jeu, ce que l’on appelle pudiquement « l’appétit pour le risque ». Nous ne connaissons personne qui a un appétit pour le risque. Nous n’avons rencontré que des gens qui ne pouvaient résister à l’envie, à l’appât du gain facile et donc au jeu.

L’appétit pour le risque se manifeste par le fait que pour gagner on achète de plus en plus et n’importe quoi. Les titres sont des véhicules pour participer à la fête. En Bourse on dit d’une valeur qu’elle est un bon cheval, qu’elle galope bien ou pas. On monte sans cesse dans l’échelle du risque, on convoite tout et de plus en plus.Quand l’appétit pour le risque est là, les spreads de risque, les primes de risque se contractent, les mouvements sont unanimes, non sélectifs. C’est normal, la convoitise et l’envie forcent à aller chasser tout ce qui est susceptible de bouger.

Les deux meilleurs critères de l’appétit pour le risque sont :
-le mouvement des spreads
-l’unanimité, l’extension des hausses

Ce sont des critères objectifs, mesurables et donc on peut les compiler.

Sur les spreads, ce n’est pas très net, il y a un peu de dilatation , mais aussi de la compression, on ne fuit pas clairement le risque sous cet aspect.

Sur l’extension et l’unanimité de la hausse boursière, les choses étaient floues jusqu’à présent, mais un petit signal l vient d’être fourni par la ligne d’Advance-Decline du NYSE. La ligne d’A-D est très suivie, c’est la somme cumulée du nombre de titres en hausse diminuée du nombre de titres en baisse. Elle traduit en quelque sorte la vigueur du marché ; intuitivement on comprend bien que plus il y a de titres qui avancent plus le mouvement, plus la tendance sont assurés. L’A-D mesure le mouvement de fond du marché si on veut.

Quand la ligne d’Advance-Decline évolue de concert avec les indices de cours , il n’y a pas de problème, cela veut dire que le fond du marché est solide. Mais en sens inverse quand la ligne d’A-D diverge et le confirme pas la tendance des indices, il y a du souci à se faire.
Ces derniers jours, on a une une telle divergence. Les indices boursiers comme le S&P500 ont fait un plus haut, mais la ligne d’A-D n’en a pas fait. Traduit en français, cela veut dire que la hausse, l’avance se font sur un moins large front. L’avance est moins puissante, on peut en déduire que l’appétit pour le risque s’effrite.

Non seulement donc il y a eu divergence, mais en plus si l’on trace la ligne de tendance de la courbe d’A-D depuis le début de la phase haussière, on s’aperçoit que la ligne de soutien de cette courbe a été légèrement violée. Dans les marchés normaux, sains et libres, historiquement ce franchissement a été un indicateur avancé de l’évolution générale des cours. Une sorte de précurseur.

Nous vous livrons cette indication pour ce qu’elle vaut. Depuis 2009, la technique a été un bien mauvais guide avec beaucoup de faux signaux et de pièges. La technique est utilisée par les patrons des marchés pour voler le public, et fabriquer des signaux qui induisent en erreur. Un jour viendra ou les choses redeviendront comme avant, ou les marchés redeviendront statistiquement mieux répartis et ou les signaux techniques seront à nouveau valables, quand ?

 

 

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