Article important . Derrière la question de la liquidité se profile la chute.

Les responsables de la conduite des affaires exercent leurs mandats en grande partie par … la parole. Ils guident, ils mettent en forme les opinions, les attentes. Comme on dit, ils gèrent les anticipations. L’une des fonctions de leurs interventions est le pilotage des marchés. Cela on le sait. Mais , les autres responsables mondiaux, ceux qui occupent les mêmes positions qu’eux, constituent eux aussi le marché.
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Nous répétons souvent que les institutions officielles, les Maîtres, les dominants, font partie du marché et qu’ils le constituent. Une banque Centrale est une Banque, il suffit de regarder ce qui est arrivé à la Banque Nationale de Grèce . Il suffit de regarder ce qui est arrivé en début d’année à la Banque nationale de Suisse. Il faut s’habituer à penser gros, grand. Il suffit aussi de connaître l’Histoire. Les gros, les grands font partie du monde, ils ne lui sont pas extérieurs.
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Lors de la crise des années 30 , les banquiers privés sous la conduite de JP Morgan ont construit un Syndicat afin de soutenir les cours des marchés financiers. Ils ont fait un Cartel. Ce cartel a échoué à tenir les marchés et les défection se sont multipliées avant que l’on en arrive au sauve-qui-peut, chacun voulant vendre avant les autres. Il n’ y a aucune différence entre ce qui s’est passé dans les années 30 et ce qui se passe depuis le début de la crise avec les mises en place globales de politiques monétaires non-conventionnelles. On construit un cartel implicite, un cartel de fait et ce cartel crée de la monnaie, de la liquidité qui brûlant les doigts, cherche son emploi sur les marchés d’actifs financiers, ce qui soutient les cours, empêche l’effondrement des valeurs et des prix. Les choses sont plus subtiles, moins évidentes , mais le schéma organique reste le même.
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Le cartel est organiquement le même que dans les années 30, mais il est plus gros, mondial, global, objectivement coordonné, et il soutient les cours mondiaux. Les mots importants sont « objectivement coordonnés ». La question de la solidarité subjective ne se pose pas. L’intérêt bien compris est que tout le monde, amis ou ennemis se coordonnent, qu’il n’ y ait pas de »rogue », pas de voyou. . L’important est qu’il y ait coordination apparente, par exemple ; que certains ne jouent pas contre le système mondial en accumulant de l’or …. Pas besoin d’être conspirationniste pour comprendre tout cela, il suffit de comprendre que participer, tant que l’on croit que cela va marcher est l’intérêt de tous. Même la BundesBank qui est historiquement et philosophiquement contre tout cela, ne sort pas du cartel, elle se contente d’en marquer les points faibles et les failles.Elle ne fait que prendre date. Tout le monde joue le jeu à la fois parce que se montrer marginal ou rebelle signifierait la ruine, mais aussi parce que tout le monde, sauf la Buba, pense la même chose et croit qu’il n’y a rien d’autre à faire. Il faut beaucoup de temps pour se dés-intriquer du risque mondial, pour dé-tricoter le tissus d’interconnexions qui a été fabriqué par les USA et les TBTF avides de profits faciles à la mode anglo-saxonne.
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Il y a quelques mois, le premier marché à céder été celui des matières premières, celui des commodities qui avaient été soutenues par le Reflation Trade, par les injections du cartel. Il a plafonné, puis commencé à craquer. Les cours ont chuté, en cascade et progressivement, tout l’univers des commodities a sombré. Le pétrole qui est le cartel le plus puissant, a tenu plus longtemps que les autres matières premières, mais il a fini par céder lui aussi. Les prix du pétrole seraient beaucoup plus bas si un accord secret n’avait été scellé pour tenir les niveaux actuels, ces niveaux sont la dernière ligne de défense. Fragile elle aussi.
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Voici le tour des obligations, le tour des Fonds d’Etat le tour des Bonds et des Bunds.

On essaie de vous vendre l’idée de la reprise et d’un regain de redressement des anticipations inflationnistes comme facteur déclenchant la chute des fonds d’état. Ne vous laissez pas prendre. L’échec de la vraie reprise économique auto-entretenue est manifeste. Les jeunes pousses ne prennent pas. Tout ce que l’on réussit à faire, c’est , avec beaucoup d’engrais, à faire pousser quelques maigres plantes dans un climat morose. La machine ne repart pas, le sentiment, la météo des agents économiques, restent sinistre. Ils ne s’engagent pas pour l’avenir au delà d’opérations spéculatives prédatrices, parasitaires de court terme comme les rachats de leurs propres actions. Une sorte de cartel occulte des Très Grandes Entreprises tente de s’opposer à la baisse des profits et à la dépréciation du capital, par le rachat de son capital ancien, au lieu de s’équiper.

Comme le mouvement de reprise auto-entretenue n’est pas au rendez vous, il faut songer à arrêter les frais des engrais et surtout à reconstituer les stocks .
D’ou la tentative de sevrer , de réduire les dopages ; c’est le Taper.
D’ou la tentative de remonter les taux symboliquement.
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Il faut essayer de faire croire à la reversibilité sinon au succès.
Cela s’appelle entretenir l’espoir ou plutôt , les illusions.
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Hélas, les conséquences non voulues reviennent nous hanter :
-le dollar monte, ce qui freine encore plus la médiocre reprise américaine
-les émergents vacillent ce qui enclenche la fuite devant le risque
-les marchés obligataires tanguent, anticipent le renchérissement des taux et la baisse de la liquidité
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La confusion s’installe sur les marchés ; le scénario dominant est contesté, il est douteux. Les responsables pataugent, ils perdent la capacité à guider clairement et donc à rassurer. Certains osent prononcer des paroles discordantes. On dit que l’ « on » agira selon les indicateurs économiques, par exemple, mais les indicateurs déçoivent et l’on se retrouve avoir fixé un cadre temporel idiot, absurde, non tenable voire très risqué.
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Bref, la mécanique, bien huilée dans la phase de montée des liquidités, de baisse des taux et de création de fausses richesses, la mécanique se révèle sujette à grippage dans la phase de renversement caractérisée par le reflux de la liquidité, la hausse des taux et la remontée de la perception du risque.
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En fait, nous l’avons maintes fois signalé, tout se passe comme si tous les intervenants des marchés étaient dans le même sens, rassemblés du même coté du pont du bateau. Tant que l’espoir et les promesses sont au rendez vous, alors la volatilité est faible, on bouge peu, on ne remue pas ; l’ensemble donne une fausse impression de stabilité malgré les déséquilibres réels considérables.
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Depuis 5 mois, il y a des gens qui prennent conscience de cette situation. Une conscience un peu tardive, il faut le reconnaître pour des gens dont le métier, si ce n’est le salaire justifieraient qu’ils soient plus clairvoyants. Ce gens, longtemps après nous, ont découvert la comparaison du bateau et ils s’inquiètent, ils crient : Attention, les marchés n’ont pas de profondeur, il n’ y a plus de liquidité réelle ! . En clair traduisez le message codé ; Attention , nous allons devoir vendre, passer de l’autre coté du bateau et nous allons chavirer !
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Ne vous y trompez jamais, quand on vous parle de volatilité et de liquidité, ce qui se cache derrière ces mots c’est la question de la baisse, la question de la chute, la question du trou. Bref c’est la question du « repricing ». Tout le monde se moque de la liquidité , personne n’est altruiste, on s’en préoccupe quand on envisage de vendre et que l’on s’aperçoit, en testant, que c’est impossible ; il n’ y a pas de contrepartie. Nous affirmons que le tout le système mondial est illiquide, que le niveau des prix n’est pas un système d’équilibre, et tout repose sur la rétention, l’abstention de vente. Hier, On ne vendait pas parce que l’on espérait vendre plus cher, on attendait plus cher, c’est à dire Grouchy et ce que l’on a c’est Blucher. On attendait le ralais de la BCE lequel relais devait enflammer les marchés, Grouchy / Ponzi n’est pas venu et on se dit qu’il faut songer à se replier. Voila la réalité souterraine, celle qui est encore, à ce stade, enfouie dissimulée derrière les euphémismes.
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Les craquements sur les marché obligataire mondiaux sont sonores, sinistres et bien sur ce ne sont que des secousses précurseurs. Le pire reste à venir… si rien n’est fait, si rien n’est dit. C’est la fonction des avertissements lancés de façon insistante depuis maintenant des semaines : obtenir que l’on revienne en arrière. Attention dit-on en langage codé, la liquidité est au plus bas sur les marchés et la profondeur est nulle. Pire cette liquidité , le peu qui s’en montre est illusoire, elle disparaît si on essaie de s’en servir.
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La presse s’est emparée des dernières interventions de Lagarde et de sa supplique à Yellen ; ne montez pas les taux cette année, reportez cela à l’an prochain.
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Tout le monde est tombée dans le piège des raisons invoquées, raisons bidons économiques comme la croissance décevantes, ou l’inflation mal assurées. Non les raisons, sont ailleurs. Elles sont financières. Et elles sont données, comme « by the way », comme en incidente : elles tournent autour de la stabilité financière. «  The IMF points to higher risks in shadow banking, a potential lack of liquidity in fixed-income markets, and greater market risk-taking in the insurance industry. ». Tout est dit à qui veut bien écouter. Le Shadow est pourri des risques, les marchés obligataires sont non liquides et ne peuvent faire face à un « repricing » ordonné, les institutions comme les compagnies d’assurance sont obligées pour faire semblant de tenir, d’empiler les couches de risques.
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Draghi est un imbécile : à la faveur des son QE, de son faible QI , il donne à la Communauté Spéculatives Anglo-Saxonne la possibilité de sortir, de vendre ses positions, de concrétiser ses profits sur le dos de la BCE , c’est à dire sur votre dos. Les Banquiers Centraux ont vendu l’or au plus bas, les imbéciles comme Draghi achètent les obligations au plus haut. Normal, ce n’est pas leur argent, ils paient avec le votre, c’est la conséquence de tous les systèmes de tiers payants.
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Les marchés sont non seulement illiquides en ce moment, mais le peu de liquidité qui subsiste va disparaître lorsque les prises de conscience vont se généraliser et que la rétention spéculative va cesser.
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A un moment donné, tous ceux qui espèrent le renfort Ponzi vont se rendre compte qu’il n’est pas là et ce sera la bain de sang. Voilà ce que craint Lagarde et les patrons des Très Grandes Banques.
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Les marchés sont organisées pour le rêve, pas pour l’épreuve de réalité.
Les ETF gigantesques sont des oiseaux de beau temps, des constructions type IOS, à la Bernard Cornfeld.

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