La tendance Boursière est une résultante. Il arrive que l’une de ces composantes prenne le dessus sur l’autre et selon la vigueur des mouvements, cela peut induire en erreur.
Traditionnellement, on considère que les marchés sur-réagissent, ce qui signifie que si des événements justifient mettons une baisse de 5%, l’effet moutonnier et l’incertitude sur le niveau exact d’équilibre peuvent se composer pour faire une baisse de 10% ; baisse que l’on corrige ensuite par ce que l’on appelle une reprise technique. Ceux qui ont trop vendu, se rachètent.
Il n’y a jamais de tendance pure, la tendance est toujours une résultante. L’une des choses les plus délicate pour l’analyste est de démeler, désintriquer, les composantes qui sont à l’oeuvre, de voir celles qui sont durables, celles qui sont transitoires. Il faut également savoir les peser. Il y a des tendances lourdes et des tendances superficielles.
Depuis la crise de 2008, les autorités ont pris les marchés en mains car ils craignent les bouffées d' »animal spirits », c’est à dire les excès de volatilité émotionnels. Ils ont réduit l’incertitude par une politique de pilotage et de transparence. Ils construisent des consensus. Ils interviennent verbalement et par médias complices interposés, mais ils interviennent aussi directement lorsque cela est nécessaire.
Conclusion, la volatilité s’est contractée, et les marchés donnent l’impression d’une progression artificielle. En fait, elle n’est artificielle que par la chute de la volatilité, personne ne sait si la tendance sous-jacente, hors manipulation ou intervention n’aurait pas été le même. Notre opinion est que hors intervention « lissante », le niveau ne serait pas très différent du niveau actuel.
Pourquoi ? Parce que nous pensons que la valeur des assets financiers comme les actions n’est que relative, elle dépend maintenant essentiellement non pas de l’ex-fondamental, mais de la masse de liquidités et de quasi-liquidités en quête d’emplois rentables, en quête de rendement non nul, dans le système. La hausse des bourses résulte d’un arbitrage à l’intérieur de la sphère des monnaies, quasi-monnaies et monnaie-like et non pas des qualités intrinsèques des actifs et des cash-flows sous-jacents. Le fondamental existe encore, mais il est devenu secondaire, une règle du jeu greffée sur la Grande Loterie, mais les lots, dans leur ensemble , dans leur masse totale, sont déterminés par la masse des liquidités, quasi liquidités et monnaies-like.
Si vous nous suivez, vous comprenez que pour nous, la situation présente se caractérise de la façon suivante : une tendance déterminante qui est la fin du QE américain, l’anticipation de la première hausse des taux administrés, une baisse des liquidités mondiales que l’on voit au travers de l’évolution des réserves des banques centrales globales , une relative chute de l’appétit pour le risque ; et une tendance circonstancielle qui est celle produite par la défaillance Grecque.
Certains jours , les deux se composent pour faire baisser les Bourses surtout en Europe ; certains jours, une nouvelle sur le front grec incite les vendeurs à se racheter et on monte brutalement. Cela fait un accès de volatilité à la hausse. Très souvent ces hausses produites par les nouvelles vraies ou fausses en provenance de Grèce font long feu ; elles n’ont qu’un effet momentané. Mais il y aura bien un jour, ou il y aura une vraie nouvelle sérieuse , dans un sens ou dans l’autre, positive ou négative. Et à partir de là, ce qui redeviendra dominant, c’est la situation sur le front des liquidités, des QE, des taux et des rachats de titres , les buy-back , par les grandes firmes.
Nous ne prenons pas position sur ce que sera cette tendance dominante, car nous ne sommes pas dans la tête de ceux qui vont la gérer, les Maîtres. Mais nous répétons que nous ne sommes pas forcément négatifs car les liquidités vont à notre sens, rester pléthoriques jusque fin 2017.
L’analyse technique, si nous l’écoutions est baissière. Les feux sont au rouge. En particulier en Elliott et en Dow Theory. Il y a de la distribution. Les divergences se multiplient et se creusent, tout se passe comme si on construisait une fragilité qui peut déboucher sur un trou.
Mais hélas, comme nous l’avons dit, c’est la théorie des jeux qui gouverne : que vont ils faire, ils, les Maîtres , alors qu’ils savent ce que nous savons et qu’ils savent ce que eux veulent alors que nous, ne connaissons pas leur stratégie !