L’affaire grecque est l’une des plus grande honte démocratique. Cela fait la 17 eme fois que la presse et les agences de presse Françaises titrent qu’un accord est proche. Ce jour on retrouve la même intoxication avec des titres dans le genre « un accord est à portée de mains ».
Voici le communiqué publié jeudi soir qui indique que l’on est très loin d ‘un accord:
« Le Fonds monétaire international (FMI) a fait état jeudi de « divergences majeures » avec la Grèce et jugé que les différentes parties étaient « bien loin » d’un accord pour éviter à ce pays un défaut sur sa dette. « Il y a des divergences majeures entre nous dans la plupart des domaines essentiels », a dit un porte-parole du FMI, Gerry Rice, à des journalistes. « Il n’y a eu aucun progrès récemment pour combler ces divergences et nous sommes donc bien loin d’un accord. »
On peut difficilement être plus clair.
Mercredi soir, les Allemands avaient une fois de plus douché les attentes et publié un communiqué disant que rien n’avait changé, la situation était toujours bloquée.
Pour suivre l’affaire Grecque il faut lire au moins Die Welt, le FT, Open Europe, BLOOMBERG et le WSJ. Surtout pas la presse Française,la presse Grecque ou Reuters.
L’affaire Grecque n’est plus seulement Grecque ou Européenne, elle est devenue Germano-Allemande avec la cassure de la majorité de Merkel. On ne dément même plus la division entre Schauble et Merkel. Schauble suit la majorité de son parti et il est contre de nouvelles concessions, il veut « un peu de logique et un peu de bon sens », il veut que les Grecs s’en aillent. Merkel, elle, veut sauver l’Europe de son Maître Helmut Kohl et elle est plus politique. Elle a écarté son ministre des finances des négociations comme Tsipras l’a fait de Varoufakis.
Merkel est en train de concocter un mouton à cinq pattes en raclant des vieux fonds de tiroirs afin de na pas faire passer le plan Grec pour un nouveau bail-out et ne pas risquer la censure par sa majorité.
Schauble a le renfort des intellectuels Allemands, et bien sur de Weidmann qui savonne la planche de Merkel. Au passage , il envoie une bordée sur Draghi et la BCE dans son interprétation de la hausse des taux obligataires: c’est un retour à la normale!
« Le risque d’un défaut de paiement de la Grèce augmente de jour en jour et le temps presse pour conclure un accord, a déclaré jeudi Jens Weidmann, le président de la Bundesbank.
« Il y a une détermination forte pour aider la Grèce », a-t-il dit dans un discours prononcé à Londres. « Mais le temps presse et le risque de cessation de paiement augmente de jour en jour. »
« Les effets de contagion d’un tel scénario sont certainement mieux contenus qu’ils ne l’étaient dans le passé mais ils ne doivent pas être sous-estimés », a-t-il ajouté, en précisant que les principaux perdants dans cette éventualité seraient « la Grèce et le peuple grec. »
Jens Weidmann, qui siège au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), s’est également exprimé sur la récente flambée des rendements obligataires, menée par ceux des Bunds allemands.
Jugeant que la volatilité observée actuellement sur les marchés n’est pas exceptionnellement élevée, il a estimé qu’il s’agissait d’un retour à la normale après le plongeon consécutif au lancement du programme de rachat massif d’actifs de la BCE.
« Selon moi, la récente hausse des rendements peut en grande partie s’expliquer par une correction d’un dépassement des marchés, une sorte de re-normalisation », a-t-il déclaré.
Opposant de longue date au programme d’assouplissement quantitatif (QE) de la BCE, Jens Weidmann a mis en garde contre son rapport bénéfices-risques selon lui défavorable.
Il juge en effet que les effets positifs en termes d’accélération de la normalisation de l’inflation pourraient être surpassés par les effets délétères liés au fait que certains pays seront moins incités à mettre en place les réformes économiques indispensables.