Article Pierre-Marcel FAVRE du 11 juin 2015.
Certains bien-pensants, naïfs, vont craindre l’islamophobie. Certes, en leur temps, Bossuet, Chateaubriand, Condorcet, Flaubert, Montaigne, Montesquieu, de Tocqueville, Vigny, Voltaire, Malraux, Churchill ont été coupables d’écrits fortissimo, y compris Voltaire avec son Le fanatisme ou Mahomet, réédité par Hachette en 2012.
Je ne mange pas de ce pain-là. J’adore la musique arabe, à commencer par Oum Kalthoum. De même l’architecture « islamique » des mosquées comme celle de Bibi-Khanym à Samarcande ou encore Ispahan. J’ai visité la plupart des pays musulmans, y compris la Somalie et l’Arabie saoudite, dont on connait les méfaits. Cela me permet d’avoir de la distance, une vision réaliste de la situation actuelle et du futur, comme le fameux drapeau islamique…
La Suisse et l’Europe redoublent d’efforts pour empêcher le départ des djihadistes pour l’autoproclamé EI. Et tout récemment Mme Nicoletta della Valle, directrice de l’Office fédéral de police, a déclaré « cibler les candidats ».
Mais pourquoi ne devrait-on pas faire exactement le contraire ? Cyniquement, bien sûr. Les quelques jeunes exaltés de culture musulmane ou récemment convertis ne sont bien heureusement pas encore très nombreux en partance de Suisse. Mais pour l’ensemble de l’Europe, on estime qu’ils sont déjà une dizaine de milliers sur place ou prêts pour le combat en Irak et en Syrie, bientôt en Lybie, en attendant, comme prévu, d’ouvrir le front de la Jordanie, du Maghreb, etc. Ils savent tous qu’ils risquent leur vie pour Allah ! Peut-être ne se rendent-ils pas pleinement compte qu’ils ne sont que de la chair à canon, désignés volontaires pour être en première ligne, presque sans retour possible, avec la certitude d’être abattus par leurs propres commandants s’ils reculent. Ou encore à disposition pour des attentats suicides.
Mais, bon Dieu, c’est leur choix. Préférez-vous vraiment qu’ils participent à de nouveaux attentats comme le massacre de Louxor en Egypte qui a fait 62 morts le 17 novembre 1997, ou celui de Bali en 2002, 202 morts, essentiellement des Australiens, ou de Djerba, toujours en 2002, 21 morts dans une synagogue, ou de Madrid en 2004, 191 morts, ou l’attentat à la bombe de Marrakech en 2011 qui a fait 17 morts, ou celui du Musée de Bruxelles, en 2014, 4 morts, ou encore à Charlie Hebdo et à l’épicerie casher, 17 morts cette année ? Et j’en passe.
Ce qui importe en premier lieu, c’est de repérer les quelques-uns qui reviennent, désarmés, mais entraînés. Mais pas d’empêcher les départs pour le Djihadistan.
Et surtout, il convient de cesser d’être naïf. De dire constamment « ne faisons pas d’amalgames » « ne stigmatisons pas ». Si nous sommes capables d’un peu d’anticipation, il faut bien comprendre que nous sommes tout simplement au tout début d’une guerre. D’une radicalisation extrême avec l’antisémitisme qui l’accompagne. Pas, bien sûr, d’une guerre des musulmans contre l’Occident. Mais bien d’une guerre de certains musulmans contre d’autres fidèles de Mahomet et contre l’Europe et les Etats-Unis.
Et il est clair que « nous » en sommes en partie responsables. Par exemple, George W. Bush avec ses interventions en Irak. Bernard-Henri Lévy en poussant Sarkozy à une attaque de la Libye dont on connait le merveilleux résultat. Mais le mal est fait. Le réveil d’un islamisme radical est en cours.
Une chose est absolument certaine : il est désormais illusoire de préconiser l’intégration en Europe, hélas. Et on ne peut pas freiner, encore moins arrêter l’immigration. C’est tout simplement un fait. Nous sommes obligés de constater que s’installe le communautarisme. Même un « modéré », tel le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, affirme : « Nous avons 2000 mosquées,
construisons-en 2000 autres dans les deux ans ». Ce n’est plus un risque, mais une réalité, on s’achemine vers un communautarisme qui ne sera pas sans danger.
Il convient de ne pas paniquer. De ne pas fantasmer. Mais de prendre les bonnes décisions. Cela recommence par reconnaître les réalités, suivre les sites de propagande islamiste, lire entre autres le « Mein Kampf daechien » -L’Administration de la sauvagerie-, lire Philippe Val, Malaise dans l’inculture, lire Abdennour Bidar, Lettre ouverte au monde musulman, reconnaître que le périmètre d’action des assassins s’élargit, même maintenant à l’Afrique du Sud, se rappeler ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, en particulier l’esprit « munichois », être sans illusion aucune et ne pas hésiter à appliquer nos lois…
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Document sans commentaire : Un minIstre d’une République laique veut prendre en mains l’enseignement de l’Islam.
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Renforcer la formation des imams à l’Histoire et au droit français et construire des lieux de culte pour accueillir dans de meilleures conditions les musulmans de France participera de la lutte contre la radicalisation, a estimé lundi Bernard Cazeneuve.
Le ministre de l’Intérieur a réuni quelque 150 représentants de l’islam en France pour lancer une « instance de dialogue » afin d’échanger sur leurs attentes au sortir de six mois marqués par une recrudescence de violences antimusulmanes après les attentats de janvier.
Quatre ateliers étaient au programme, dont deux avaient une résonance particulière : celui de la construction des lieux de culte et celui de la formation des imams et aumôniers, point-clé mais aussi point faible du combat contre la radicalisation.
Cette dernière n’était pas officiellement à l’ordre du jour, au contraire de la sécurité et des pratiques cultuelles du quotidien, mais elle s’est imposée de façon inévitable.
« Dans un contexte où des prêcheurs de haine (…) s’adressent à des jeunes souvent ignorants de ce qu’est l’islam, il est important que des vecteurs d’autorité morale et d’érudition soit porteurs d’un islam de paix, d’un islam de lumière », a dit Bernard Cazeneuve dans son discours de clôture.
« Lorsque nous parlons de la construction de lieux de culte, d’imams formés, de quoi parlons-nous sinon de la prévention de la radicalisation ? », a-t-il lancé à l’adresse de ceux qui lui reprochaient d’éviter le sujet le plus sensible.
Il y a une semaine, le ministre faisait état d’un bilan de 113 Français ou résidents tués dans des pays où ils avaient rejoint une organisation djihadiste et de 1.750 personnes recensées pour leur implication dans des filières djihadistes.
La question de l’enseignement, non maîtrisé puisqu’il n’existe pas de clergé en islam, est donc essentielle.
Six formations civiles et civiques, financées à hauteur de 15.000 euros par diplôme par l’Etat, existent déjà et six autres vont ouvrir d’ici 2016. Les trois premières en septembre à Paris, Lille et Toulouse, et trois autres l’année prochaine.
Cette formation, a dit Bernard Cazeneuve, sera « rapidement » rendue obligatoire pour le recrutement des aumôniers dans les hôpitaux, prisons et armées.
« FACILITER LA CONSTRUCTION »
Des discussions sont en cours avec l’Algérie, le Maroc et la Turquie pour que les imams formés dans ces pays afin de venir en France suivent de telles formations. Elles avancent bien avec les deux premiers, sont plus difficiles avec Ankara, dit-on de source proche du dossier.
Le gouvernement entend en outre obtenir qu’ils maîtrisent la langue française, ce qui n’est pas toujours le cas. « Ce n’est pas une mauvaise règle que de s’adresser à des auditeurs dans une langue qu’ils puissent comprendre », a dit le ministre.
Alors que se pose en parallèle le problème des lieux de culte, insuffisants puisqu’au nombre de 2.500 environ pour 2,5 millions de pratiquants selon leurs représentants, l’Etat entend en favoriser la construction.
S’il ne peut pas les financer, cela « n’exclut pas que les collectivités locales puissent faciliter la construction des lieux de culte », a dit Bernard Cazeneuve. Un groupe de travail va être créé avec l’Association des maires de France afin que les maires aident les projets, plutôt qu’y faire obstruction.
Durant les ateliers ont aussi émergé des propositions comme la garantie de baux emphytéotiques maximum (99 ans), une TVA réduite à 5% ou la possibilité de défiscaliser les dons aux associations cultuelles, autant d’idées qui restent en suspens.
Outre ces questions pragmatiques, le gouvernement a voulu répondre à la dégradation considérable de l’image de l’islam, au sentiment de rejet qui s’est installé.
« La laïcité, c’est la neutralité religieuse de l’Etat, ce n’est pas le refus du dialogue, ce n’est pas davantage une démarche offensive », a dit Bernard Cazeneuve avant de mener la charge contre le chef de l’opposition de droite, Nicolas Sarkozy, et d’autres responsables des Républicains.
« Ce n’est pas l’interdiction des repas de substitution dans les cantines scolaires, cela, c’est son instrumentalisation politique qui tourne la laïcité contre les musulmans de France », a-t-il dit avant de fustiger « les théoriciens de la cinquième colonne », expression utilisée par le député-maire de Nice, Christian Estrosi.
Bernard Cazeneuve s’est, lui, appliqué à donner des gages, confirmant le maintien d’une sécurité renforcée autour de mille lieux de culte, l’investissement de neuf millions d’euros dans des équipements de sécurité et un meilleur suivi des plaintes, avec un bilan des condamnations et une évaluation de la réponse judiciaire.
En outre, parce que « les préjugés naissent de l’ignorance », sera lancée d’ici l’été une mission de préfiguration d’une Fondation de l’islam de France pour promouvoir la connaissance de l’islam comme religion et comme civilisation.