L’euro repart à la hausse, à juste titre

Paradoxal ! Malgré le risque croissant d’une défaillance de la Grèce sur sa dette, l’euro remonte. La monnaie unique a progressé d’environ 1% depuis 24 heures. On vaut ce matin 1,1355 contre dollar. En journée  on passe les 1,14. On vient de 1,05 au plus bas à mi-Avril, plus bas de l’euro qui coincide avec le plus haut des Bourses européennes, ce qui n’est pas un hasard. A mi-Mai , l’euro a connu ce que les professionnels ont à tort considéré comme une reprise technique et on est allé taper sur les 1,15 contre dollar. Selon nous, la configuration technique est haussière.

Les médias titrent  » Paradoxe! » Vraiment ?

Nous ne le pensons pas, nous qui considérons que fondamentalement l’euro est sous évalué et qu’il devrait plutôt, se situer vers les 1,20 : nous disons 1,20 car nous intégrons la politique d’avilissement de la BCE, sinon à moyen terme de 3 à 5 ans, nous pensons que l’euro tendra vers les 1,35 dollar.

Faisons justice de la crainte d’une sortie de la Grèce. Pour nous elle est haussière pour la monnaie Européenne.

D’abord parce que ce sera la fin d’une période d’incertitude.

Ensuite parce que moins il y aura de pays du Sud dans l’Eurozone, plus l’euro sera fort. Ce sont les pays du Sud qui tirent directement et indirectement le change vers le bas, et au dela de troubles passagers, la sortie de la Grèce retire du lest à l’euro. Moins il y a de pays du Sud, moins l’euro est plombé.

Enfin, si la Grèce sort de la l’Eurozone, c’est la victoire de Schauble, c’est à dire de l’esprit Allemand. C’est la défaite de ce que nous appelons « les inflationnistes ». C’est la victoire d’une conception Allemande de l’économie, d’une culture non pas économique à l’anglo-saxonne , mais d’une culture juridique. C’est une sorte de victoire de ce que l’on peut , avec des nuances, considérer comme l’orthodoxie. Oeil pour oeil , dent pour dent ; on ne donne rien si on n’a rien en échange ; les engagements doivent être tenus ..etc . Ce s era une lecon pour les autres pays du Sud, suivez mon regard..

La seconde raison pour justifier la hausse de l’euro est constituée par les annonces de la Fed. Elle cherche à favoriser le repli du dollar, elle cherche à piloter le cheminement des taux futurs sur une trajectoire basse. Plus basse qu’avant. En fait elle révise en baisse ses perspectives afin de pouvoir peser sur les anticipations concernant les taux et le change. La Fed cherche à faire pression sur la position spéculative globale et manifestement elle y réussit. Nous avons déjà analysé le basculement du pilotage de la Fed, on passe du pilotage du calendrier de la première hausse des taux, au téléguidage du chemin, du « path ». Ceci avait été dit clairement, en langage codé, bien sur, par le Vice Président, Stanley Fischer : « Les marchés feraient mieux de s’interroger sur le futur niveau des taux une fois la hausse effective.. ».

« La hausse des taux promet d’être très progressive aux Etats-Unis
Yellen a bien confirmé son intention d’engager un durcissement monétaire cette année, mais dans le même temps, la Fed a revu en baisse ses prévisions de croissance économique pour 2015, ainsi que ses objectifs de taux d’intérêts pour 2016, ce qui a rassuré les investisseurs sur le rythme du relèvement des taux, qui s’annonce très progressif. La politique de la Fed restera conditionnée en priorité à la qualité des statistiques économiques publiées dans les prochains mois.
La vigueur paradoxale de l’euro intervient malgré les achats au titre du QE en cours ; ils avaient dans un premier temps envoyé la devise au tapis, à moins de 1,05$ en mars dernier. Le président de la BCE, Mario Draghi, ne s’est pas ému pour l’instant du rebond de l’euro, et a prévenu les marchés qu’ils devraient s’habituer à un accroissement de la volatilité sur les marchés obligataires. Seul Mersch semble comprendre quelque chose. En réalité, les apprentis sorciers de la BCE , qui jouent des jeux qu’ils ne maitrisent pas, sont désemparés.

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