Si vous voulez connaitre Drahi , lisez le « Faits et Documents » d’Emmanuel Ratier qui lui est consacré. C’est un beau travail bien documenté.
Drahi est un oiseau non pas de beau temps, mais de fin de beau temps. C’est la signature d ‘une période, celle de la convergence de l’argent facile et de la géopolitique. Nous avons résumé en son temps notre opinion sur Drahi et sa fuite en avant, c’est Robert Maxwell en répétition. Nous comprenons que Vivendi/Bolloré ait voulu sécuriser sa vente de SFR, même à un prix bas.
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Lisez cet article: sans commentaire mais avec un esprit critique!
« Altice, multinationale spécialisée dans le câble et les télécommunications, fait souvent la une des journaux pour ses acquisitions effectives ou potentielles. A la tête de cette dernière se trouve un polytechnicien de nationalité franco-israélienne de 51 ans et 3ème fortune française. Numericable-SFR, qui prévoyait d’acheter Bouygues Télécom pour se propulser à la première place des opérateurs français, vient d’essuyer un refus de la part du conseil d’administration de Bouygues. Mais Altice n’a pas dit son dernier mot et le deal reste probable si elle revoit son offre à la hausse.
Patrick Drahi, le professionnel du LBO
Patrick Drahi est un des grands professionnels du Levaraged Buy-Out : il fait partie des individus qui ont continuellement recours au marché de la dette pour réaliser leurs opérations (il a d’ailleurs créé sa première entreprise à 28 ans avec un prêt étudiant). Avec Drahi, le LBO français prend une toute nouvelle ampleur.
Grâce à ses succès précédents, le magnat des télécoms français peut se permettre des LBO toujours plus gros. L’opération du rachat de SFR a d’ailleurs constitué la plus importante opération de LBO jamais réalisée en France.
Le groupe est aujourd’hui endetté à hauteur de 30 milliards d’euros et est toujours prêt à encore lever des fonds en vue de nouvelles acquisitions (ils étaient déjà en négociation avec des banques pour un prêt de 10 milliards d’euros en vue d’acheter Bouygues Télécom). Ce niveau d’endettement n’inquiète pas les investisseurs qui ont une confiance énorme dans les projets industriels du polytechnicien et qui se battent pour prêter à Altice. Par exemple, la demande des investisseurs sur le marché obligataire lors du rachat de SFR s’est élevée à 72 milliards d’euros pour seulement 13.5 milliards nécessaires.
Drahi parvient toujours à limiter le taux d’endettement de son entreprise. Par exemple, lors du rachat de SFR, il a procédé à une augmentation de capital de Numericable de 4.7 milliards d’euros pour financer une partie de la nouvelle acquisition. La philosophie d’Altice prône un endettement jamais supérieur à 5 fois le résultat opérationnel, qui d’après Drahi serait la définition d’un endettement « prudent ».
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Enfin, Altice peut compter sur le soutien des plus grandes banques mondiales, comme le pool bancaire JP Morgan, Goldman Sachs et Deutsche Bank qui a piloté le rachat de SFR.
Et surtout ceci :
Drahi a visiblement un probléme de financement et même de refinancement, il est obligé de modifier ses structures pour pouvoir appeler du sous-capital et des fonds extérieurs sans être
dilué. Y aura-t-l des gens assez stupides pour accepter l’opération? La fuite actuelle devant le risque du HYG et des Leveraged Loans n’est plus très favorables aux opérations du type Altice. Le secteur de la téléphonie est un secteur mÜr, avec surcapacité et une structure peu favorable. On cvomprend le besoin de consolidation du secteur en particulier l’attrait de la création de duopoles pour pouvoir monter les prix. La non réalisation de l’opération Bouygues est inquiétante pour l’avenir du Groupe compte tenu de son extrême leverage.
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Le holding Altice (>> Altice), maison-mère de Numericable-SFR (>> Numericable Group), a annoncé vendredi une réorganisation de sa structure, avec la création d’une nouvelle entité, une opération technique qui doit lui permettre de financer des acquisitions, tout en préservant le contrôle du groupe par son président Patrick Drahi.
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Altice va créer une nouvelle holding comprenant deux classes d’actions. Cette nouvelle structure, baptisée Altice NV, rachètera la holding existante Altice SA, en émettant trois actions de type A avec un droit de vote associé pour chaque et une action de type B avec 25 droits de vote pour chaque action détenue par les actionnaires. Si Altice émet seulement des actions de classe A à l’avenir, cela permettra de diluer beaucoup moins qu’actuellement le contrôle du groupe par les actionnaires existants.
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Avec cette opération, Altice bénéficiera d’une plus grande capacité à financer des acquisitions en titres « sans porter préjudice au contrôle des droits de vote de l’actionnaire fondateur du groupe », a expliqué le directeur général, Dexter Goei, dans un communiqué.
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Altice a été l’un des groupes de télécommunications parmi les plus actifs en matière d’acquisitions lors des 18 derniers mois, avec des rachats en France, au Portugal et aux Etats-Unis. Le groupe a récemment proposé, sans succès, de reprendre l’opérateur Bouygues Telecom.
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Patrick Drahi, qui détient 60% du capital d’Altice, conservera le contrôle du groupe après l’opération, a indiqué la société.
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La réorganisation d’Altice devra recueillir l’approbation d’au moins deux-tiers des actionnaires lors d’une assemblée générale extraordinaire prévue en août.
Altice NV sera cotée à Amsterdamn, en remplacement de l’actuelle cotation d’Altice SA.