En dépit des remous liés à la crise grecque, le CAC40 a gagné 12,11% au cours du 1er semestre 2015, passant de 4.272 à 4.790 points. Il s’agit du meilleur semestre de l’indice depuis le second de 2013. Malgré tout, le CAC40 a cédé -4,84% au second trimestre, après un début d’année exceptionnel (+17,81% au 1er trimestre).
En dépit de ce gain de plus de 12%, cinq titres ont perdu du terrain. C’est le cas des énergéticiens GDF Suez (-14,4%) et EDF (-12,4%), mais aussi d’Alstom (-5,3%), ArcelorMittal (-3,9%) et Orange (-2,4%). A l’autre extrémité, l’automobile fait presque un carton plein, puisque Peugeot (+80,5%) devance Renault (+54,3%) et que Valeo (+36,4%) est 4ème. Airbus s’intercale (+40,8%).
Intuitivement, sans regarder les cours et les inventaires, on sait que l’on s’est fait « tarter » par Draghi.
Les achats qu’il a suscité en Février ont fait monter les cours jusqu’à mi- Avril, ce qui a permis aux grandes banques de vendre les titres de fond de portefeuille comme Danone, l’Oréal, Véolia etc.. Si vous regardez, ces titres ne font strictement plus rien, ils sont asphyxiés.
Les soubresauts des indices que vous voyez de temps à autres sont produits par la volatilité du secteur bancaire et quelques spécialités spéculatives comme le secteur des télécoms.
Bref, Draghi nous a piégé au profit des banques d’une part et des anglo-saxons d’autre part: ils ont « distribué » pendant toute la période. Les achats de titres à long terme du QE ont été servis par les Pimco , Vanguard et autres, avec un joli profit sur leurs achats de 2012.
Eux peuvent dire, merci Draghi ! En plus la BCE a le culot, comme les banques ont peur et besoin de vendre plus, de prétexter le lissage saisonnier pour augmenter le volume de ses achats de titres. Ah les braves gens.
Le Quantitative Easing a été un piège coûteux aussi bien sur les actions que sur les obligations et fonds d’état. L’effet de richesse s’est transformé en effet d’appauvrissement. Volontaire? Non! Cynique? peut-être! Mais surtout idiot, car il ne fallait pas imiter les américains, les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets dès lors que les conditions d’application ne sont pas les mêmes. Le QE a été lancé sur des cours inflatés par les QE US antérieurs et surtout « le coûte que coûte » de 2012. La petite embellie conjoncturelle trompeuse des premiers mois de 2015 a fait le reste.
Nous pensons que les marchés sont gouvernés de façon primaire par la politique monétaire du Centre, les USA et de façon secondaire, circonstancielle, par les évènements Grecs. Les affaires Grecques pouvant soit masquer la tendance primaire, soit au contraire la bonifier. C’est encore un autre piège.
Il est évident que le rapport risk-reward ne justifie pas que l’on intervienne en Bourse, les gains à espérer sont modeste et les risques de trou sont élevés, mais si la Grèce venait à peser trop, il y aurait possibilité d’un trading technique sur des marchés survendus.
L’eurostoxx 50 s’est envolé depuis son W haussier de fin 2014, une confirmation haussière a été fournie à 3250, la résistance s’est manifestée à3400 , après une hésitation, on a repris de l’élan, pour aller au top du cycle de 3828. maintenant, c’est la descente, avec une zone d’arrêt é 3415 , nous y sommes. Si on franchit à la baisse les 3350/3360 , gare. c’est l’aventure. Toutes les moyennes mobiles ont été percées, rappelons -le.
Le marché américain est dans un large processus de distribution, étalé, avec une participation qui s’étiole et un appétit pour le risque qui se réduit en peau de chagrin. C’est une sorte de retraite bien pilotée, ordonnée et il faut le dire, qui se passe très bien. Croisons les doigts.