Je vous présente ce texte que j’ai publié sur le blog de Nathalie MP, il fait partie d’un débat que nous avons sur la Grèce, la démocratie. Comme ce texte explicite des idées que j’avance par ailleurs, il me parait utile.
Pourquoi bravo? parce que vous chutez sur …. ce que demande Varoufakis, une restructuration minimum qui n’effacerait absolument pas la dette, mais l’échangerait contre une autre à plus long terme, avec des taux plus bas et une franchise de remboursement de 3 à 5 ans. C’est l’idée que l’on toujours utilisée dans le passé, celle du Swap de dettes:
Il ne s’agit pas d’effacer la dette, mais de rendre sa valeur actuarielle plus basse afin de la rendre supportable; En parallèle , il s’agit de mobiliser ce qui reste encore de ressources Grecques non pour rembourser les usuriers, mais pour faire redémarrer le pays. L’idée est, au lieu de brader ce qui reste de bijoux de famille, l’idée est de les mobiliser financièrement, de les mettre au service de la collectivité, de s’en servir comme gage pour garantir le redémarrage.
La Grèce ne peut redémarrer que si le système composé de l’état et des banques peut à nouveau créer du crédit productif: Je précise bien productif de richesses, d’investissements et d’emplois. Ce que je viens de décrire et que vous acceptez à 50% dans votre chute, est exactement le plan de Varoufakis.
L’imbécile de Quatremer n’a même pas compris la logique économique profonde des propositions de Varoufakis. On ne peut lécher les bottes et se relever pour se cultiver en même temps.
Les meilleurs, les vrais économistes, ceux qui qui ne sont pas salariés des banques et des institutions ploutos, sont d’accord sur ce point: le plan de Varoufakis est cohérent et il permet de relancer la production de richesses en Grèce et ainsi d’envisager de payer la dette restructurée. Avant de payer toute sa dette, il faut produire. Même DSK, entre deux parties carrées et deux tribunaux, le dit.
Au passage ce que vous dites sur les prêts est faux :
« Une fois ces concessions posées, il me semble utile de rappeler qu’un prêt se concrétise entre un prêteur et un emprunteur, et que ce dernier n’est nullement exonéré d’exercer aussi ses responsabilités ».
Vous tombez dans le piège de l’unification mystifiante , qui vous fait considérer que l’emprunteur c’est le peuple! Vous tombez dans le piège de la pub d’Europe 1 qui veut vous faire croire : « vous, c’est nous ». pour mieux exploiter votre crédulité. Non, Europe 1 ce n’est pas vous, c’est Lagardère , et sa famille, ses chevaux de courses etc . Bientôt vous allez tomber dans le piège L’Orèal : « parce que je le vaux bien ». La aussi on est dans l’unification mystifiante, entre le produit qui est cher, le client qui croit se valoriser en l’achetant et la société qui est la seule à réellement se valoriser en Bourse en augmentant ses profits.
Le but de la pensée critique est de décaper, de dissoudre à l’acide ces unifications qui sont , c’est vrai, le propre de la pensée bourgeoise.
Tenez un autre exemple: Je vois sur un panonceau sur une résidence pour les copains du pouvoir, de la Mairie de Paris, et autres dominants:
« Ces logements ont été financés par votre Mairie ».
Analysons:
-c’est de l’usurpation, car ce sont les contribuables qui ont financé, la Mairie de Paris qui prend 100 et n’en restitue que 60 car il y a tous les planqués qui croquent légalement et illégalement , la Maire de Paris est un parasite, pas un bienfaiteur.
-c’est une opération idéologique de mystification qui fait croire qu’une entité « Mairie de Paris » existe et qu’elle est généreuse, elle offre des logements sociaux. En réalité, il n’ y qu’une bande de copains et coquins. Donc on doit l’aimer. Donc quand le Maire mettra sa photo avec la propagande pour les prochaines élections, on devra, par glissement, aimer le Maire.
Aux USA, la pudeur règne encore et quand on voit des panonceaux de ce genre, on ne voit pas « telle entité finance ceci », on voit « your tax dollars at work ». Bravo, cela est sain.
Le ressort de la démocratie, c’est le pari de l’intelligence. Ce pari qui, seul la rend défendable . C’est la possibilité de faire progresser les gens, de les élever, d’élever leur conscience sociale et politique. Ceux qui s’appuient sur l’ignorance, la propagande et les mystifications ne méritent pas le nom de démocrates. Non la fin de justifie pas les moyens, même si c’est pour faire avaler la mauvaise pilule européenne.
Je reviens à votre texte . Non l’emprunteur, c’est l’état et celui qui a la signature, c’est le gouvernement. Il y a des groupes, des dominants, des gens qui ont le pouvoir de décision et de mensonge et d’autres qui ne l’ont pas. Il y a des classes pour parler à l’ancienne; l’unification qui est l’un des ressorts de la domination, est l’un des trucs de la pensée positive, mécaniste. Elle est idéologique.
C’est l’unification scélérate qui justifie le positionnement politique d’un Juppé qui veut nous faire croire à la troisième voie, cette troisième voie fascisante ou les groupes sociaux abandonnent leur identité pour se fondre dans la masse, fascinés par la parole et les promesses du Chef. Faites taire vos divisions, acceptez MA VERITE et tout va s’arranger.
Si on avait dit au peuple:
-attention nous allons dépenser de l’argent que nous n’avons pas,
-cela va vous faire plaisir et donc vous allez voter pour nous,
-mais cet argent il va falloir le rembourser, avec intérêts en plus.
-Par ailleurs sachez que cet endettement pour jouir et consommer ne sera plus disponible pour investir et préparer l’avenir de vos enfants.
-Enfin sachez qu’à un certain stade, la dette asservit, enchaine.
-Vous mangez votre pain blanc, plus tard vous devrez manger le pain noir.
Croyez vous que l’on aurait pu accumuler 400 milliards de dettes?. Qu’est ce qui est le plus coupable, le banquier qui a toutes les statistiques, tous les mathématiciens, tous les économistes pour le conseiller ou le peuple qui a la naiveté de croire ce que la classe politique lui dit, c’est à dire que l’on rase gratis?
Nos démocraties sont fondées sur l’escroquerie, l’escroquerie est institutionnelle. Elle consiste à toujours escamoter les prix à payer, à ne présenter que l’actif, jamais le passif: Tout a un prix dans le monde réel, mais pas dans celui de nos démocraties. Donc il faut que ce prix revienne sous une forme magique, tombé du ciel, c’est à dire tombé du ciel des Allemands. « Il faut rembourser », comme le fameux « il pleut »! Cela devient un impératif dont se saisissent les bourgeoisies kleptos.
Je soutiens qu’un peuple, comme un enfant , n’est responsable que si son choix est éclairé, c’est la raison pour laquelle je critique votre affirmation. Dans le cas de la dette souveraine, je démontre dans un autre texte que les chefs ne satisfont leur volonté de puissance, leur jouissance des richesses, des honneurs, du prestige et des femmes que par un système de tiers payant et ce tiers payant c’est le peuple. Vous qui vous annoncez comme libérale, devriez relire tout ce que le gourou du libéralisme , Friedman écrit sur le système du tiers payant. C’est un de ses dadas.
Le contrat de prêt est signé entre le gouvernement en place et les banques, pas entre le peuple et les banques. Le peuple est dans la double situation de tiers recevant maintenant et de tiers remboursant plus tard. Mais même cela est faux, unification mystifiante, car le peuple qui jouit maintenant, n’est pas le même que celui qui va devoir assurer le remboursement: On achète les votes actuels en créant de la dette maintenant, mais le tiers payant qui n’a rien demandé et qui ne recoit rien si la dette est improductive, ce tIers payant à venir, est spolié.