Haro sur le Crédit Agricole. Achetez les certificats régionaux.
Le Crédit Agricole est l’une de nos bêtes noires, vous avez dû vous en apercevoir. Nous détestons sa publicité, lorsqu’elle cherche à nous faire croire que la logique de l’établissement est celle de l’économie sociale. Vous savez, cette pub qui prétend imiter celle du Crédit Mutuel et qui, par conséquent, dénigre le système capitaliste par défaut. Ce que suggère la pub détestable du Crédit Agricole, c’est que, par son statut particulier, cet ensemble échappe à la logique du capitalisme. Laquelle bien entendu serait perverse, profiteuse et gaspilleuse.
Or, il se trouve que le groupe Crédit Agricole est le plus capitaliste qui soit par le rôle considérable qu’il joue sur le marché des capitaux internationaux, par le rôle qu’il joue dans le secteur de la banque d’investissement et du capital parasite que nous appelons le capital à l’anglo-saxonne, c’est à dire celui de l’arbitrage, celui de l’agiotage.
Le pire, c’est lorsqu’il se permet de dire: chez nous votre argent est sûr, parce que nous investissons près de chez vous. Avez-vous déjà essayé de demander un prêt au Crédit Agricole avec des conditions normales, non léonines. Si vous l’avez fait, vous ne l’avez pas obtenu. Ou alors vous avez gagé votre patrimoine personnel et presque celui de toute votre famille. Le Crédit Agricole déteste le risque, sauf celui qu’il prend sur les marchés ou à l’étranger. Il a été de tous les mauvais coups, le portugais, le grec, l’italien, et de toutes les sanctions internationales qui ont tenté de punir les mauvaise pratiques des banques de marchés. Bien entendu, vous ne trouverez aucun média MSM pour relever tout cela, la publicité est un excellent moyen de chantage et d’auto-censure.
Le Crédit Agricole n’a de social que son noyautage par ce que l’on appelles les sociétés de pensée, ceci pour ne pas nommer clairement la franc-maçonnerie. Son organisation repose sur les structures frangines. La mentalité dominée par l’omerta repose également sur un calque de ce système. Nous avons pu le constater personnellement lorsque nous avons étudié les Crédits Agricoles régionaux. C’est le domaine de la « pré-bande » et du copinage. En particulier dans le secteur immobilier. Nous nous sommes étonnés à plusieurs reprises dans nos études et recherches de la moindre performance réalisée par certains Crédits Agricoles régionaux dans le secteur immobilier. Certaines participations à des programmes et certaines « colles » ont attiré notre attention. Nous avons pu observer des comportements qui, cette fois, n’étaient pas très capitalistes. Mais non pas en bien, mais en mal, car le capitalisme a au moins un avantage. Il force à la rigueur, à la recherche optimum du profit et par conséquent, il hait les gaspillages, le népotisme, le règne des copains et des…
Nous pensons que le Crédit Agricole en tant que structure centrale aurait dû profiter des derniers événements pour changer sa gouvernance. Cela aurait été tout à fait normal et aurait permis le retour à une certaine décence. La lecture des communiqués de presse nous indique que ce ne fut pas le choix. Rien d’étonnant si, pour les initiés, cela est plus qu’une bavure, c’est une erreur. C’est un peu la même chose que pour Natexis et le groupe Banques Populaires, la décence aurait imposé, après les actions judiciaires en cours et la révélation de la spoliation des petits épargnants dont Mediapart s’est fait l’écho après nous, que la gouvernance change.
Nous ne pensons pas qu’il y a grand chose à tirer de l’action Crédit Agricole dans la structure et la gouvernance actuelles. Nous pensons que le potentiel du titre se situe dans un premier temps autour des 17€, puis dans un second, au cours des 22/23€. Mais encore faut-il pour que le potentiel s’extériorise que l’on est le courage de donner un coup de pied dans la fourmilière.
En attendant, nous vous conseillons vivement l’achat des certificats d’investissements des caisses régionales. Ces certificats sont très sous-évaluées par rapport à la valeur intrinsèque. Certaines caisses sont même assez honnêtes puisqu’elles indiquent la valeur à casser du certificat. Elle est très sensiblement supérieure aux cours actuels. Les ratios sont bons, que ce soit les ratios de solvabilité, de liquidités ou les ratios de provisions. Ce sont des affaires très sous-évaluées qui offrent des rendements compris pour la plupart entre 4 et 5%. Dans le monde actuel de disette de rendements sûrs, ce sont des placements de choix. Et ce d’autant plus, un jour, il y aura d’une part des changements de gouvernance dans l’ensemble du groupe et pourquoi pas, des changements de structures. Outre le rendement, il y a donc un intérêt spéculatif au bon sens du terme, c’est à dire résorption d’une sous-évaluation qui n’a pas lieu d’être.
Ça tangue sérieusement pour le Crédit Agricole en Bourse, avec un titre qui perd plus de 10% à 12,91 euros dans des volumes étoffés… Les résultats du groupe ont dépassé les attentes au second trimestre, en retirant la provision spéciale de 350 millions d’euros dédiée au règlement du litige américain. L’imminence du règlement, confirmé par le management, ne suffit pas à convaincre les investisseurs, très déçus par l’absence d’évolution dans la réflexion sur la simplification de la structure du groupe et dans une moindre mesure par la stagnation du ratio CET1.
« Les espoirs des investisseurs sur une hausse du dividende ou un coupon spécial sont touchés », souligne un courtier. « Les mauvaises nouvelles sur la réorganisation masquent les progrès opérationnels », explique un autre. Natixis pense que « la stabilité du ratio CET1 constitue une élément négatif, notamment par rapport aux autres banques françaises », qui s’attendait aussi à un effet négatif de l’absence d’évolution de la gouvernance.
Blocage réglementaire
Oddo reste malgré tout à l’achat sur le dossier en visant un cours de 15,10 euros, mais en parlant de réforme de la gouvernance bloquée, due à un blocage réglementaire ne permettant pas d’évolution dans l’immédiat.. Les résultats courants sont supérieurs de 16% aux attentes et toutes les unités dépassent les anticipations avec une accélération de la croissance des crédits, du fixed Income, et une forte collecte chez Amundi et en assurance. Le CET1 est inchangé compte tenu des charges exceptionnelles. « Les résultats pourraient engendrer une révision en hausse du consensus », conclut le broker qui insiste malgré tout la déception à court terme sur la gouvernnace…
« Ces résultats, marqués par des éléments exceptionnels, sont en ligne avec les attentes sur le plan opérationnel » souligne pour sa part le CM-CIC : « La stabilité du CT1 et du ratio de levier, liée principalement à la baisse des AFS (absence de filtrage), est un élément décevant »… Par ailleurs, la société a indiqué que l’évolution de sa structure et de son organisation n’est « pas réalisable à ce stade »… De quoi viser tout de même un cours de 15 euros en demeurant à l’achat sur le dossier.
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Ajout
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Les banques françaises dérogeront en majorité aux droits de vote double automatiques imposés par la loi Florange.
Dernier en date à sortir du bois, Crédit Agricole SA proposera à ses actionnaires, réunis le 20 mai en assemblée générale, de s’en tenir au principe «une action une voix», selon l’avis de convocation publié hier au Balo.
Une action, une voix permet d’échapper aux sanctions pour mauvaise gestion, au favoritisme et bien sûr, il permet le maintien conservateur de l’inefficacité pour les uns et les bonus pour les autres; le principe du une action, une voix est un principe dilutif de l’influence d’actionnaires qui voudraient que cela change.
La loi Florange votée en 2014 prévoit l’attribution automatique de droits de vote double à toutes les actions inscrites au nominatif depuis plus de deux ans, sauf si l’AG extraordinaire enregistre dans les statuts de l’émetteur une disposition dérogatoire. La réforme suscite l’opposition de la majorité des agences de conseil en vote et des investisseurs institutionnels, qui y voient une prime au contrôle rampant et une limitation du droit des actionnaires minoritaires.
Même sans droits de vote double, CASA continuera certes à être contrôlé par les caisses régionales (à près de 56%). BNP Paribas, au capital plus émietté, compte lui aussi faire modifier ses statuts le 13 mai, pour exclure tout droit de vote double. Natixis, où BPCE a les coudées franches avec 71,5% du capital, devrait en faire autant, indique un porte-parole. La banque n’a pas encore publié l’avis de convocation de son AG, prévue le 19 mai.
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Seule la Société Générale se distingue. Elle n’a convoqué qu’une AG ordinaire le 19 mai, et ne propose donc pas de déroger à l’attribution automatique de droits de vote double.
Explication: la banque a déjà dans ses statuts la possibilité d’octroyer des droits de vote double pour les actions au nominatif depuis deux ans. Elle ne voit pas de raison de remettre en cause ce principe, d’autant que les actionnaires inscrits au nominatif sont d’abord ses propres salariés, avec 7,42% du capital et 12,36% des droits de vote exerçables à fin 2014.
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Rappel , les milliards de l’épopée grecque d’Emporiki
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L’histoire remonte à la dernière recapitalisation d’Emporiki, la filiale grecque maudite du Crédit Agricole. Elle a eu lieu le 17 juillet 2012, pour un montant de 2,5 milliards d’euros, Emporiki étant finalement cédée à l’automne pour 1 euro symbolique. Or, la loi de finances de 2012, qui courait jusqu’au 16 juillet, autorisait les sociétés à déduire de leurs impôts leurs moins-values de cession. A un jour près, le Crédit Agricole risquait de ne pas pouvoir en bénéficier. Le directeur général s’était donc renseigné aurprès de Bercy. Pierre Moscovici avait rassuré Jean-Paul Chifflet, et en sortant d’une réunion, lui avait mis la main sur l’épaule, en lui disant : « pour votre affaire, c’est bon ».
Changement de ton le 19 février 2013….la veille de la publication des résultats du groupe! Chifflet reçoit un coup de fil de Jean-Marc Ayrault en personne pour lui dire que finalement, ce ne serait pas possible, et que le Crédit Agricole devait acquitter 840 millions d’impôts sur l’opération Emporiki. Pierre Moscovici avait dit le contraire ? Tant pis, c’est comme ça.
Ce revirement, qui a contraint le groupe à refaire les comptes dans la nuit pour les présenter correctement le matin suivant, a rendu Jean-Paul Chifflet fou furieux. Il avait déjà dû nettoyer les comptes du Crédit Agricole, affichant pour 2012 une perte record de 6,5 milliards d’euros. Trop c’est trop.