Les lecteurs qui nous suivent avec régularité et attention savent que nous annonçons la dévaluation du Yuan chinois depuis de nombreux mois. Il ne s’agissait pas d’une prévision, mais de la conclusion logique du processus engagé. Après de nombreuses tergiversations, le dos au mur avec l’éclatement de la bulle des actifs financiers,après l’éclatement de la bulle immobilière et en plein éclatement de la bulle du crédit, la Chine a choisi une politique. Ce ne sera pas celle de la « rigueur ».
Nous avons expliqué que les chinois suivaient le même canevas de « gestion » de la crise que les USA et qu’ils choisissaient la fuite en avant dans les délices du « extend and pretend monétaire ». Ce choix implique, qu’on le fasse volontairement ou non, un avilissement progressif de la monnaie.
Nous lisons cette imbécillité dans un média soit disant spécialisé:
« L’initiative chinoise apparaît déflationniste car Pékin choisit en quelque sorte d’exporter ses prix ‘plus bas' »… .l’auteur de cette ineptie oublie de prendre en compte ce qui se passerait si la Chine au lieu de tenter de reflater monétairement avec sa conséquence, la baisse du change, optait pour la position liquidationniste, c’est à dire si elle choisissait l’assainissement de la « pourriture ». La Chine fait comme les USA ont fait avec leurs QE, elle reflate. Et quand on « printe », on augmente l’offre de monnaie et le change baisse .
L’élargissement récent des bandes de fluctuations était un signe précurseur ou plutôt une manoeuvre préparatoire. Le FMI, l’OCDE, les thinks-tank comme le Paterson Institute avaient donné leur feu vert en indiquant que le Yuan n’était plus sous évalué. L’enflement des sorties de capitaux pointait aussi dans ce sens. La question qui restait en suspens était celle des possibilités pour la Chine de jouer un rôle accru au sein du FMI et son intégration dans le panier de monnaies. On pensait que la Chine hésiterait à favoriser la baisse du Yuan en raison de cette question en suspens.
La situation est suffisamment grave pour que ces prétentions à l’intégration internationales soient reléguées au second plan. De toutes façons, le soutien massif du marché financier rendu nécesaire par l’éclatement de la bulle ne laissait aucun choix.
En toute première analyse, nous considérons que le choix du « extend and pretend » chinois, le choix de soutenir les cours bullaires et d’accepter ou de favoriser le glissement de la monnaie est à la fois positif pour le court terme pour les marchés, et négatif pour la situation fondamentale. Mais qui se préoccupe encore du fondamental? les Amarres ont été larguées il y a fort longtemps. Il n’y a plus d’autre alternative, il faut suivre le courant qui nous emporte.
« La Chine a sorti une nouvelle arme de l’arsenal pour relancer son économie : la dévaluation. La Banque Populaire de Chine a réduit de près de -1,9% son taux de référence quotidien pour le yuan par rapport au dollar, tout en adoptant des mesures destinées à améliorer la fixation des taux de change.
Le réajustement est le plus important jamais réalisé, avec une parité yuan / dollar de 6,2298 contre 6,1162 la veille. Pour l’euro, les cours ont été fixés à 6,7633 contre 6,7226 (+0,6%).
Dans le système en place, la banque centrale, après avoir fixé la parité, laisse fluctuer sa devise dans une fourchette de deux points à la hausse ou à la baisse. Mais en pratique, les marges sont très ténues, puisqu’aucune variation de plus de 0,2% n’a été enregistrée depuis le début de l’année.
« Les conditions financières sont très complexes », a expliqué le porte-parole de la banque centrale, ce qui « pose de nouveau défis ». « C’est le bon moment pour améliorer la cotation de la parité centrale du renminbi pour la rendre plus en phase avec les besoins du développement du marché », a-t-il ajouté. En d’autres termes, la parité centrale de la monnaie chinoise a été jugée trop déconnectée de la réalité, et les autorités vont davantage intégrer les données de marché à l’avenir.
La Banque Populaire de Chine a également expliqué que la réforme du mécanisme de formation du taux de change du renminbi allait se poursuivre d’une façon « tournée vers le marché », notamment en étendant les horaires de cotations et en acceptant des intermédiaires non-chinois agréés.
La politique de soutien du yuan lancée cette année était destinée à éviter les sorties de capitaux et à mieux ancrer la devise chinoise sur la scène internationale. Mission réussie puisque de toutes les principales devises des pays émergents, c’est celle qui a le mieux tenu face à la remontée du dollar. Avec pour revers de la médaille, évidemment, une érosion de la compétitivité du pays, comme l’ont démontré les derniers chiffres du commerce extérieur avec une chute de l’export de -8,3% en juillet.
Les efforts d’ouverture vers un meilleur équilibre avec le marché constituent une évolution forte de la politique des autorités chinoises, et promettent un ajustement progressif. Quant à l’intervention « à l’ancienne » sur le taux de change, elle n’a pas vocation à se reproduire, a insisté la Banque Populaire de Chine. »