Des milliers de personnes politiquement exposées ont des comptes en Suisse
Le pouvoir et la fortune ne seraient pas ce qu’ils sont si il n’y avait pas, pour une infime minorité la possibilité d’accumuler des ressources colossales hors de la vue publique. Et hors de leur portée en tant que prédateurs qu’ils sont.
Notre expérience nous conduit à penser que dans nos systèmes, l’ascension politique serait impossible si il n’y avait pas, à la base à la fois l’argent non soumis à la prédation des politiciens et fonctionnaires -la classe des PEPS- et les renvois d’ascenseurs avec le monde ploutocrate.
Mais tout ceci doit rester réservé; l’efficacité de ce système est décuplée par le secret sur ses origines. Les secteurs du pétrole, des assurances, des banques, de l’armement etc etc sont des boites noires dans lesquelles « on » puise sans retenue.
Il n’est plus possible d’accumuler un patrimoine par le travail, l’effort, les économies. Si vous voulez le faire, il faut en passer par la dissimulation d’abord et les marchés financiers ensuite. Car les marchés sont maintenant le lieu de la « production » du capital, le creuset de l’alchimie. Ils le sont grâce à l’ingénierie financière, grâce au levier, grâce aux buy-backs, grâce aux bonnes relations avec les Banques et les Pouvoirs. On fait fortune en vendant aux marchés, en tondant par les IPO comme on l’a fait récemment, en spoliant les minoritaires par les stock options, le tout, sur la base de multiples de bénéfices réels ou supposés ou simplement espérés.
Le système est conçu de façon à empêcher les classes moyennes de devenir supérieures et de concurrencer les élites .
EN PRIME Connaissez vous les PEPS?
« Des milliers de personnes politiquement exposées, appelées des PEP’s dans le jargon bancaire, ont des comptes ouverts auprès de banques suisses, a estimé lundi à Berne l’ambassadeur Valentin Zellweger, du ministère suisse des Affaires étrangères.
Interrogé sur le nombre de clients PEP’s auprès des banques suisses, M. Zellweger a répondu, lors d’une rencontre avec la presse étrangère, que les banques ont sûrement une liste de ces clients, et que les autorités estiment leur nombre à plusieurs milliers, plutôt que plusieurs centaines.
La Suisse a régulièrement maille à partir avec ces PEP’s, qui font les gros titres dans les journaux, lorsqu’un scandale de corruption éclate ou que leur gouvernement est subitement renversé et que leurs fonds sont bloqués.
D’ici la fin de l’année en cours, la Suisse aura finalisé une loi sur le traitement des fonds bloqués, un résumé de la pratique en cours depuis 1987, avec le blocage des fonds du leader philippin Ferdinand Marcos.
Les PEP’s sont soit des chefs d’Etat ou de très hauts fonctionnaires, et certains d’entre eux ont profité de leurs fonctions pour détourner de l’argent public et le placer sur des comptes off-shore notamment en Suisse.
La Suisse a rendu plus de 1,8 milliard de dollars bloqués sur ces comptes à leurs pays d’origine, ce qui est plus que n’importe quel autre centre financier au monde, selon les autorités.
Ainsi, en 2003, la Suisse a rendu 684 millions de dollars aux Philippines. Nos relations bilatérales avec ce pays se sont considérablement améliorées à partir de ce moment là a estimé l’ambassadeur Zellweger.
De même en 2005, 700 millions de dollars bloqués sur des comptes de l’ancien dictateur nigerian Sani Abacha, ont été rendus à Lagos.
En 2014, la Suisse a aussi accepté de rendre 5,7 millions de dollars des fonds Duvalier à Haïti, mais attend de recevoir un projet concret pour leur utilisation.
Ces fonds devraient servir à améliorer les conditions de vie du peuple haïtien, selon Berne.
Interrogé sur le cas Petrobras, cet énorme scandale financier qui secoue le Brésil depuis l’année dernière, et qui a des ramifications en Suisse, M. Zellweger a indiqué que son pays fait preuve de transparence, en communiquant très rapidement sur les montants bloqués, soit environ 400 millions de dollars….
…Nous pouvons mieux faire, a reconnu lundi l’ambassadeur, tout en ajoutant savoir que d’autres places financières importantes abritent des fonds liés à Petrobras, beaucoup plus importants, mais ces places ne communiquent pas.