Il y a bien entendu concertation au sein de la communauté des responsables mondiaux de la conduite des affaires face à l’alerte boursière. La question n’est pas celle de la réalité de la concertation, mais celle de son extension : qui participe ?
Selon nous, tous les grands , la Fed, la BCE, la BNS, la BOE…
Nous imaginons que les consultations se déroulent aussi avec la Banque Nationale de Chine. Les Chinois sont tricards au plan international, mais pas assez pour que l’on puisse les tenir totalement à l’écart et éviter de les consulter. Après tout, ils sont au centre de la tourmente, même si celle ci englobe tout ce qui est émergent, exotique et fragile.
Notre hypothèse est qu’il a été choisi de ne pas dramatiser, de ne pas alimenter les craintes par des réactions intempestives prématurées. D’une certaine façon il a été choisi de laisser passer l’orage, de laisse de l’air filer de la bulle mondiale, car cela est sain est presque souhaitable et souhaité. A condition que le contrôle des marchés, bien sur ne soit pas perdu, ce qui est le cas pour le moment.
Avouer des concertations et des initiatives internationales, voire instiller le doute sur la prochaine normalisation des taux de la Fed serait contre-productif car cela validerait les diagnostics alarmistes et les craintes et donc les précautions. Réagir , c’est accréditer, crédibiliser, confirmer et même amplifier.
La ligne de communication c’est : tenter de circonscrire et de suggérer que ce n’est qu’un problème chinois. On passe sous silence la déroute de tous les autres Emergents, la déroute du crédit High Yield, la chute des devises faibles etc. Il faut dans un premier temps faire croire que tout ceci, c’est l’affaire de la Chine et elle seule. Les chocs sur les Commodities et les changes et l’envolée des spreads de risque étant occultés.
La mesure la plus rééquilibrante a été prise discrètement, c’est la baisse du dollar index. La cause fondamentale de la déroute vient des changes et de la rareté anticipée du dollar. Donc sans en parler , on favorise le recul du dollar. C’est discret, mais c’est un message à la Grande Communauté Spéculative Mondiale, elle , elle comprend. Il est évident que le vrai marché hier était celui du 10 ans US, il témoignait de l’irrésistible attrait des assets en dollars, les safe haven. Les taux du 10 ans sont passé sous les 2%.
Quelques indices :
Le japonais ASO prétend ne pas avoir contacté le trésor US. Il affirme qu’il n’y a pas lieu d’élaborer une réponse du G20 à la situation. Le yen monte car on l’achète comme « safe haven » sous entendu on de dénoue pas de carry.
Le message des TV américaines va dans la même direction, circonscrire, faire valoir que le problème c’est la Chine, c’est son incidence -limitée- sur la croissance mondiale, surtout pas un mot des enchaînements financiers qui sont en train de se nouer sous la surface des apparences. En particulier, on occulte la dé-solvabilisation de nombreux débiteurs, le stress monétaire qui fait voler en éclat les « pegs » et les pertes du système bancaire…
L’idée est que tout peut arriver, mais qu’il ne faut pas bruler les étapes, et d’abord tenter de stopper la contagion et orienter les diagnostics et commentaires de façon à pouvoir manipuler plus efficacement. Avant tout il faut laisser aux autorités chinoises le temps d’élaborer une nouvelle stratégie plus souple et plus adaptée car la première a échoué.
Est ce que la tactique réussira ? C’est possible. En même temps il y a des gourous très écoutés qui entretiennent l’espoir que la stratégie globale de fuite en avant est inchangée et que l’on s’achemine vers un QE4.
EN PRIME Aso , c’est la faute à la Chine !
Japan’s finance minister criticized China’s recent intervention in financial markets, after the yen surged the most since 1998 amid a deepening sell-off in global stocks.
“It’s not really the kind of action I would expect from authorities of a nation that aims to have an international currency,” Finance Minister Taro Aso told reporters in Tokyo on Tuesday. “There’s concern in the market because what’s happened goes against common sense vis-a-vis international currencies,” he said, referring to halting trading in stocks and intervening in the currency market.
A slump in stocks and commodities has accelerated since China devalued its currency two weeks ago. For Japan, the yen’s surge could counter efforts to keep the economy on a recovery from two decades of stagnation.