Du caractère systémique de la crise en cours.
Vous connaissez notre conviction ; nous sommes dans une nouvelle phase de la crise financière et économique, pas dans un accident circonscrit et circonstanciel.. Ce qui se passe en Chine, chez les Emergents et dans les secteurs risqués des pays développés est le symptôme de l’éclatement de la bulle qui est en cours.
La bulle éclate là ou la situation est la plus fragile, là ou le hasard fait qu’elle est perçue par les opérateurs. Il faut la conjonction d’une situation fondamentale déséquilibrée et de la perception des marchés pour que l’éclatement se produise. Conjonction du Hasard et de la Nécessité aurait dit un grand auteur.
Ce qui prouve la nature systémique de la crise , c’est non pas le solde, en fin de semaine, des dislocations d’une part et des interventions d’autre part ; non ce qui la prouve c’est :
-l’ampleur historique des mouvements
-le fait que l’on ne réussisse pas à rattraper, puis à dépasser les niveaux antérieurs, le solde est négatif
-le fait que les autres classes d’actif, celles qui sont hors de la vue du public et des médias restent plombées à mort. Les classes d’actifs professionnelles, celles du marché de gros ne se solidarisent pas des reprises et restent dans les plus bas si on excepte le soubresaut du pétrole.
-le retour du binaire: le risk-on /risk-off
– le fait que pour limiter les dégâts, il faut une intervention extérieure, les mécanismes normaux qui jouent dans les situations d’équilibre ne fonctionnent pas..
La nature profonde de ce qui se passe n’apparaît pas en raison du caractère chaotique spectaculaire des mouvements, mais ils ont organiquement la même origine et la même logique : le deleveraging, la contraction du carry global et la fuite devant les risque.
Il suffit de rapprocher les mouvements sur les devises de carry, les mouvements des prix et volumes sur les assets à risque et la disparition de la liquidité. On vient une fois de plus confirmer notre analyse : ce qui fait la liquidité sur les marchés, ce ne sont pas les liquidités monétaires, ce sont les prises de risque, l’appétit pour le risque.
Il faut à chaque fois redonner l’assurance des banques centrales pour éviter la révulsion, il faut réactiver le « Put ». Assurance est à prendre au sens fort, car ce qui se passe montre que les assurances privées, celles qui sont internes aux marchés ne fonctionnent pas.