Les marchés sont en recul pour le dernier jour du mois d’Aout . Ce qui fait de ce mois, si les choses en restent là, l’un des plus mauvais mois depuis 3 ans.
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Les doutes sur la reprise modérée aux USA ont refait surface. La perspective de normalisation de la politique monétaire est bien incertaine, mais elle contracte la liquidité par avance et elle pousse à l’aversion pour le risk. Les contre-performances japonaises en matière de croissance et d’inflation finissent par inquiéter même les plus optimistes, tandis que le pataugeage et les pas de clercs Chinois font douter de la compétence des dirigeants.
Le pétrole qui avait connu un soubresaut violent ne confirme pas son changement d’orientation.
La réalité est que les marchés sont vulnérables et que, si ils étaient laissés à eux même, ils seraient en recul sensible. La détérioration est profonde, la volatilité extrême et la confiance ne tient que par les interventions d’une part et le pilotage verbal d’autre part. Dieu merci, les illusions ont la vie dure.
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Aucun économiste sérieux ne croit aux discours des responsables, mais comme ils ont la printing press à leur disposition et la possibilité d’intervention, personne ne se risque plus à attaquer les marchés : la leçon de la semaine précédente a coûté suffisamment cher pour calmer les ardeurs !
Le marché phare mondial, S&P 500 a perdu près de 5.9 percent ce mois ci malgré les interventions et les valses hésitations sur la date de la normalisation monétaire ; c’est dire si le fond est lourd. Près de 2 trillions de « wealth », pseudo richesse, s’est envolé au paradis, au money heaven en Aout rien qu’aux USA. Au niveau mondial on doit en être à 5 ou 6 trillions.
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Les commentateurs et les responsables saucissonnent les causes et coupent en tranches la situation afin de masquer la réalité des forces qui sont à l’oeuvre. On invoque plein de raisons différentes , mais toutes elles se ramènent à celle ci : la myriade de bulles laisse passer de l’air ici et là et un peu partout. Tous n’en mourraient pas, mais tous étaient touchés. La plus importante en apparence est la Chinoise, mais elle est jumelle de toutes les autres comme la débandade des émergents, la déconfiture des commodities, le deleveraging mondial, la liquidation du carry , la fuite devant le risque et bien sûr la conséquence à savoir : les craintes sur la croissance globale et le regain de pressions déflationnistes.
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Le Système est total, il est mondial et il traverse une rude épreuve, celle de la perspective d’une réduction de la liquidité administrée. La croissance qui devait prendre le relais des largesses monétaires n’est pas au rendez vous et le seul soutien reste l’espoir d’une prolongation de ces largesses. Espoir malsain.
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Les observateurs les plus lucides croisent les doigts, la moindre bévue , la moindre erreur de pilotage de la part des responsables de la conduite des affaires pourraient entamer le seul capital qui reste à peu près intact, celui de la complaisance.
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Les monnaies asiatiques sont dans la tourmente.
Les monnaies de la région Asie sont en recul sensible sur ce mois d’Aout. Selon JP Morgan elles ont chuté en moyenne de 2,6%. C’est la plus forte baisse en 3 ans. La palme revient au Ringitt Malais en recul de 8,6% sur le mois.
Le Yuan a baissé de 2,7 % et la volatilité effraie les reponsables de la zone.
La dévaluation du Yuan, le changement de régime monétaire de la Chine, la prochaine hausse des taux de la Fed et finalement des scandales intérieurs ont causé cette chute. Les fonds internationaux ont vendu pour plus de 10 milliards de dollars d’actions sur cette zone. L’aversion pour le risque provoque dégagements et sorties de capitaux.