Editorial A propos des millénaristes, Octobre approche , le besoin de destruction montre son nez

Article Bertez 1er Septembre

A propos des millénaristes, Octobre approche

Octobre sera bientôt là, et avec lui son cortège de mauvais souvenirs. Octobre, en tant que mois boursier, a mauvaise réputation.

Cette année, les craintes magiques du calendrier sont renforcées, sinon justifiées, par la dislocation en cours sur les marchés financiers.

Nous sommes dans une sorte de phase finale de la bulle, ou si on veut, de la Grande Expérience Monétaire, The Great Experiment. Le Système , au sens de Système de John Law, hoquette, bafouille, se fissure.

Phase finale est à prendre dans deux sens différents :

1 -le premier c’est la tentative des autorités monétaires du Centre de risquer une normalisation, de tourner une page ; nous disons tentative car il n’est pas sûr qu’elles réussissent à le faire, les marché s’y opposent , conscients qu’ils sont, eux, de leur propre fragilité

2 – le second c’est l’éclatement de la bulle. Vous savez que c’est ainsi que nous qualifions ce qui se passe aux périphéries, chez les Emergents et bien sur à la périphérie du Centre, c’est à dire en Chine. L’argent des « printing » y a fait un crédit bullaire et ce crédit provoque ses conséquences habituelles à savoir ralentissement de la croissance, besoin de plus de crédit, fuite en avant, hyper bulle, laquelle en éclatant vient en retour re-affaiblir la croissance.

Le segment important, dans la séquence finale que nous schématisons, c’est le besoin accéléré de plus en plus de crédit pour faire tenir la bicyclette. On ne comprend pas le processus du cycle des bulles et du crédit si on n’admet pas que le besoin est sans cesse croissant. L’excès appelle l’excès alors que les conditions deviennent de plus en plus difficiles et que le rendement des excès diminue sans cesse. C’est cette mécanique qui garantit la validité de nos pronostics funestes, c’est à dire l’explosion ou l’implosion finale. Car les deux sont équiprobables .

Nous rappelons pour ceux qui ne nous suivent pas depuis longtemps, que la théorie économique qui nous sert de cadre analytique est celle de Minsky complétée par les travaux de Steve Keen. Ces théories attachent la plus grande importance au cycle du crédit et aux enchainements du crédit spéculatif de plus en plus pourri, de moins en moins productif. Ces théories récusent l ‘idée de la neutralité de la monnaie et du rôle des banques, elle affirme que les banques ne sont pas de simples intermédiaires et que la théorie classique des « loanables funds » est une escroquerie. La thèse de Steve Keen a été validée par les travaux de recherche de la Bank of England et ce ceci a été publié dans le Quarterly Bulletin de Q1 de la BOE en 2014. Accessoirement notre cadre analytique emprunte au marxisme la thèse de la sur-accumulation et de l’écart croissant entre la masse de capital productif et fictif accumulés et la masse de revenus et cash flows disponibles pour les servir et les honorer (mettre en valeur).

Il ne fait aucun doute, depuis 2008, l’économie ne tourne pas rond.

Il suffit de se reporter à l’actif aux tendances en matière de croissance réelle, de dépenses en capital productif, en matière d’emploi et au passif aux tendances à l’hypertrophie des déficits, des stocks de dettes, des promesses en tous genres.

La crise est une crise de bilan du système, trop PEU d’actif pour un passif qui ne cesse de s’hypertrophier et que l’on cherche sans cesse à inflater au lieu de chercher à le réduire.

La crise ne se voit pas clairement car le passif, est caché, les citoyens ne le touchent pas du doigt, non, ils ne voient que l’actif et ils croient que c’est au sein de l’actif que gît la crise. Les causes sont là ou on ne les voit pas, au passif.

Et le passif , c’est le royaume des Maîtres, ils savent qu’il existe et qu’il exerce sa tyrannie. Sa tyrannie qui fonde la leur.
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Et ils font semblant de gérer, au niveau des actifs, en se gardant bien d’évoquer l’existence même de passifs, c’est le grand secret, secret qui est efficace parce non-su, non-revélé. Varoufakis est mort politiquement parce qu’il a levé le voile et essayé d’attirer le regard sur le passif.

Le passif, c’est le mort , c’est lui qui commande, et c’est lui qui, dans nos systèmes dicte sa loi au vif. Voila ce qu’il ne faut ni révéler ni aborder. Le Sacré doit rester non-nommé. Une tyrannie ne subsiste que parce que l’on n’a pas de prise sur elle et comment avoir prise sur ce qui n’est même pas nommé : la masse de droits enserrés dans la dette.
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Les politiciens et banquiers Centraux n’ont cessé d’annoncer « le bonheur c’est pour demain », sous toute les formes, à commencer par les « Green Shoots » jusqu’au tentatives de Taper et de Normalisation. Car, ne vous y trompez pas la fonction de la tentative de normalisation est de faire croire que nous sommes sortis d’affaire. Dudley l’a dit il y a quelques semaines, « ce que nous voudrions c’est que les marchés montent et saluent la première hausse des taux car ce serait le signe que nous avons réussi ».
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Non, les green Shoots ne prennent pas racine, et ce n’est pas une question de climat, c’est une question mathématique : trop de dettes et de promesses intenables, un édifice qui ne tient que par l’arrosage de liquidités gratuites sur une terre qui a cessé d’être fertile. Un édifice qui maintenant est le mal lui même, par sa fragilité. Le mal, la maladie, c’est l’accumulation des remèdes eux même, la pyramide qu’ils ont élevé, sur la pointe.

Le système est de plus en plus gourmand, la dette est nécessaire pour lutter contre l’insuffisance de la demande, mais le stock de dettes enfle les passifs et fait bulle tous azimuts, sous toutes les formes, sous toutes les latitudes. Il en faut toujours plus. C’est l’enseignement caricatural de ce qui se passe en Chine, isomorphe de ce qui se passera dans les pays occidentaux de façon plus ou moins soft.

Le reset, car c’est de cela qu’il s’agit en ce moment, d’une tentative de reset, à laquelle les autorités Chinoises tentent de s’opposer, le reset, disons nous, peut être soit subi, chaotique, soit piloté, on a encore le choix. La destruction en tant que besoin du Système est une donnée, c’est une Nécessité mais sa forme, est encore à choisir, on n’ pas atteint un stade ou il n’y a plus qu’à subir, on peut actionner les freins, les amortisseurs et piloter cette destruction. Mais encore faut-il admettre son absolue Nécessité.

Le choix est entre une forme de destruction, euthanasie des promesses passées que l’on ne peut tenir et une destruction subie, non volontaire, certainement explosive socialement. Appelez tout cela comme vous voulez, moratoire, jubilee, défauts, faillites, effondrement économique, hyperinflation, destruction de la monnaie, confiscations, tout cela, ce sera la fonction systémique de destruction dans ses œuvres.

4 réflexions sur “Editorial A propos des millénaristes, Octobre approche , le besoin de destruction montre son nez

  1. Bonjour,
    Avez-vous oublié un mot et voulu dire : « La crise est une crise de bilan du système, trop PEU d’actif pour un passif qui ne cesse de s’hypertrophier » ?

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