G20, la guerre des monnaies au premier plan

Vous connaissez ce que l’on appelle les dénégations. La dénégation consiste à nier ce qui est évident, à affirmer le contraire, au mépris du bon sens.

La dénégation est un outil très prisé par les dominants, cela leur permet d’introduire le doute dans l’esprit du public non informé et également de discréditer les intellectuels et élites qui révèlent l’opposé. Ainsi à la veille d’une dévaluation monétaire, vous entendez toujours le ministre des finances concerné affirmer la main sur le coeur: dévaluer, moi jamais!

La dénégation est un indicateur contraire, contrarian, qui révèle ce que votre interlocuteur veut cacher; en fait c’est une affirmation. Tout comme le remède que le malade prend donne des indications sur sa maladie.

Donc ici les ministres des finances des pays du G20 se sont réunis et ils proclament qu’ils éviteront de se laisser entrainer dans les guerres monétaires afin de faire face au ralentissement de leurs économies.

Comme si ils avaient le choix! Ces pays connaissent des sorties de capitaux, des fuites de capitaux internationaux qui déciment leurs devies et leurs marchés obligataires, leur monnaie glisse d’elle même, quand bien même tenteraient-ils de s’y opposer.

Demandez au Brésil, à l’Afrique du Sud, etc ce qu’ils en pensent.Pour s’opposer aux sorties de capitaux, au renversement des flux , à la chute du change, il faut intervenir et accepter de perdre des réserves de change. Ce qui vous rend très vulnérable et vous conduit à la perte d ‘autonomie. Ou bien alors il faut monter les taux et asphyxier son économie. Et les sommes en jeu peuvent être considérables comme on l’ a vu avec la Chine en quelques semaines, avec la Russie, avec la Malaisie..

Que les ministres fassent semblant de s’abstenir d’entrer dans des dévaluations compétitives, fait partie du jeu de la Communication, mais ce ce qui est nouveau, c’est que pour la première fois, on ose nommer le Mal, nommer le Diable: les dévaluations compétitives. C’est la première fois que ce langage est utilisé en « politiquement/financièrement correct » depuis 2013.

Encore un effort et ces gens là vont finir par parler comme tout le monde et reconnaitre que l’on est en train d’assister à une explosion de myriades de Bulles »!

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En Prime

Le Renmimbi va encore se déprécier
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Le Renmimbi va encore se déprécier au cours des 12 prochains mois avec l’annonce probable de nouvelles mesures de soutien à l’économie, montre vendredi une enquête de Reuters.
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La Banque populaire de Chine (BPC) a surpris les marchés financiers le 11 août en annonçant une dévaluation de près de 2% du yuan, une décision qui a ravivé les craintes d’une « guerre des monnaies » à l’échelle mondiale.
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Pékin tente depuis de rassurer les investisseurs en répétant qu’il n’y a pas de raison que le yuan se déprécie davantage mais les cambistes jugent que le ralentissement de la deuxième économie mondiale plaide au contraire pour une poursuite du mouvement.
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L’enquête menée auprès de 30 responsables de stratégie de change montre que le renmimbi) devrait se déprécier de 2% supplémentaires d’ici six mois. Il devrait ainsi revenir à 6,50 pour un dollar d’ici fin novembre et 6,52 d’ici fin février avant de remonter à 6,46 dans un an, selon leurs projections.
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Ces dernières ont été revues en baisse par rapport à l’enquête similaire menée le mois dernier, et elles intègrent l’hypothèse d’une poursuite de l’assouplissement de la politique monétaire de la Banque Centrale de Chine , qui a déjà réduit ses taux à cinq reprises depuis novembre 2014.
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« Une libéralisation accrue de la monnaie est absolument nécessaire et nous pensons que, dans les circonstances économiques actuelles et maintenant que la monnaie a une plus grande marge de manoeuvre pour flotter, pour l’instant, elle va rester orientée à la baisse », explique Martin Güth, responsable de la stratégie de LBBW.
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« Comparé à d’autres monnaies asiatiques, le renmimbi était vraiment fort. De ce fait, au vu des difficultés économiques, nous jugeons nécessaire une dépréciation accrue de la monnaie pour regagner de la compétitivité. »

En prime

« That pact was sealed after China’s central bank governor, Zhou Xiaochuan, explained how his country plans to tame stock market volatility that roiled emerging economies last month just as the U.S. is preparing to raise interest rates.
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With the MSCI emerging market index down 18 percent so far this year the final communique cited “recent volatility in financial markets” and the need to monitor potential spillovers.
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Chinese Finance Minister Lou Jiwei told the meeting he expects the country’s economy to grow at about 7 percent pace for the next four or five years, according to an account on the central bank’s website.
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Zhou told his counterparts that his country had had to deal with the bursting of a stock market bubble as he described policy makers’ plans. He said he saw no reason for the yuan to decline further in the long run.
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The last time the G-20 issued such a firm statement against currency wars Japan was in the spotlight as its campaign of monetary stimulus pushed the yen to its lowest level against the dollar in about five years. China allowed the yuan to drop after the Shanghai Composite index lost more than 20 percent from a three-year high in June.
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Zhu Jun, head of the international department at the People’s Bank of China, said the currency move wasn’t an attempt to gain an advantage of other exporters and that the government expected the market turbulence to be nearly over.
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“We think it’s pretty close to the end,” Zhu said. “To some extent the leverage in the market has been decreased substantially and we think there would be no systemic risk.”

Fed Hikes

U.S. Treasury Secretary Jacob J. Lew told Chinese Finance Minister Lou Jiwei in Ankara on Friday that it’s important for China to signal that it will allow market pressures to drive the yuan up as well as down. China should avoid persistent exchange-rate misalignments and refrain from competitive devaluation, Lew said, according to a Treasury statement.

China’s slowdown comes as the Federal Reserve is considering raising U.S. interest rates for the first time in nine years. Vice Chairman Stanley Fischer explained the arguments for and against an early increase in U.S. interest rates, Spanish Economy Minister Luis de Guindos said.

“The Fed has not raised interest rates in such a long time, that it should really do it for good, not give it a try and then have to come back,” International Monetary Fund chief Christine Lagarde said at a press conference in Ankara. “The IMF thinks that it is better to make sure that data are absolutely confirmed.”

En clair , le FMI est contre la tentative de hausse des taux US du 17 Septembre,il dit qu’il y a risque que l’on soit rapidement obligé de faire machine arrière et il craint pour la crédibilité de la Fed.

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