En attendant la FED MAJ

En attendant la FED

Nous avons donné, dans nos articles précédents, le cadre analytique de nos réflexions, en particulier sur la façon d’interpréter la hausse éventuelle des taux de la Réserve Fédérale.

Afin qu’il n’y ait nulle équivoque, voici notre analyse de courte  période.

La baisse des dernières semaines est terminée.

Elle a été causée par l’éclatement de la bulle chinoise et, comme on pouvait s’y attendre, les autorités ont choisi la même politique que les grands pays occidentaux, la fuite en avant.

A notre avis, la concertation internationale a fonctionné. Les réserves monétaires  de la Chine lui donnent le moyen de stabiliser son change dans le cadre d’une politique globale amicale. Avec 3,5 trillions, on peut voir venir. La Chine, selon nous, s’inscrit dans le modèle anglo-saxon et européen du « coûte que coûte ». Elle va stabiliser son change, soutenir son système bancaire défaillant et tenter de reprendre le contrôle de son économie.

Réussira-t-elle ? Il est évident que nous répondons: non. Si les artifices fonctionnaient, on l’aurait constaté ailleurs, dans les pays plus sophistiqués comme les pays anglo-saxons. Or, cela fait 6 ans que l’on mène les mêmes politiques sans que la croissance auto-entretenue soit au rendez-vous.

Mais entretemps, il peut y avoir des illusions et remissions qui le feront croire.

Du côté américain, la situation relative est satisfaisante. En particulier au niveau des apparences, puisque les flux financiers qui quittent les émergents se dirigent vers les USA et  soutiennent les marchés, sinon le moral. La situation des USA est bonne par défaut, c’est non seulement, comme on dit « la chemise la moins sale », mais aussi le système qui bénéficie de son statut de refuge et de Centre. Enfin, la hausse du dollar qui constituait un vent contraire est stoppée ou en mode pause.

Dans une phase préliminaire, les mouvements de capitaux intercalaires masquent les problèmes à venir, voilà notre hypothèse de travail. Cette bonne tenue financière relative permet également un soutien de l’économie réelle. L’une agit sur l’autre. La fameuse réflexivité.

La BCE n’a pas attendu pour imiter Bernanke, lequel avait dit en son temps qu’il s’opposerait à tout resserrement de la politique monétaire qui serait  provoqué par les marchés; elle a déclaré très vite qu’elle réagirait si le jeu des marchés contrecarrait sa politique de stimulation. En clair, elle s’opposera à l’aversion pour le risque et relancera les animal spirits. Cela était prévisible puisque la politique de la BCE, pour avoir un semblant de succès, a besoin des animal spirits, du goût du risque et de la création de dettes.

Donc tout est en place, le cadre est posé et vous vous doutez bien qu’après tout cela, quelle que soit la décision sur les taux de la Fed, on ne va pas laisser retomber les marchés. Ce serait absurde. On a fait ce qu’il fallait avant.

N’oubliez pas que la décision sur les taux ne sera pas un « one shot », il faudra analyser les discours, les commentaires, etc.

On peut annuler les effets de la décision par les commentaires et par  le pilotage de la réaction des marchés.

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