Des centaines de migrants, pour l’essentiel des réfugiés syriens, ont continué mercredi à camper autour de la ville d’Edirne (nord-est) dans l’espoir de franchir la frontière grecque, ce que les autorités turques sont fermement décidées à empêcher.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé mercredi qu’un règlement du conflit en Syrie constituait la seule solution pour endiguer le flot des réfugiés syriens.
La solution au problème des réfugiés ne peut être de fermer la porte à ces gens ou de mettre des barbelés à la frontière. La vraie question est d’arrêter le conflit dans ce pays le plus vite possible, a-t-il déclaré lors d’un discours à Ankara.
Plus de 500.000 migrants ont traversé les frontières extérieures de l’UE entre janvier et août, selon l’agence européenne Frontex, dont plus de la moitié sont entrés par la Grèce.
Juste avant la sortie de l’autoroute d’Istanbul, quelque 300 personnes, hommes ou femmes, enfants et vieillards, ont jeté leurs sacs à terre sur le bas-côté. Leur périple s’est arrêté là, à quelques kilomètres à peine de la frontière de l’Union européenne (UE), stoppé net par un barrage de policiers.
Leur bivouac est sommaire. Quelques uns ont tendu des toiles de tente entre les arbres pour se protéger du soleil de plomb qui brûle leur peau et des bénévoles d’une ONG islamique turque leur distribuent de l’eau et de la nourriture. Mais tous se sont promis de rester, fermement décidés à rallier la Grèce, d’une façon ou d’une autre.
Je suis arrivé là ce matin. J’ai fait la moitié du chemin (d’Istanbul) en bus, l’autre à pied, a confié à l’AFP Youssef, un ingénieur syrien de 25 ans. Je resterai ici jusqu’au bout, quoi qu’il arrive, a-t-il promis, c’est le chemin que Dieu m’a montré.
Depuis quelques jours, plusieurs centaines de migrants se sont approchés d’Edirne dans l’espoir d’entrer en Grèce par la route, après un appel relayé sur les réseaux sociaux leur recommandant d’éviter désormais une traversée périlleuse de la mer Egée entre les stations balnéaires du sud-ouest turc et les îles grecques.
Mardi encore, 22 migrants ont trouvé la mort aux large de l’île de Kos.
Pour éviter un afflux de réfugiés le long de leur frontière, les autorités turques ont tenté de les bloquer dès la gare routière d’Istanbul, où des centaines de personnes continuaient à faire le siège des compagnies de transport pour monter dans un autocar. Certains ont malgré tout réussi à rallier Edirne. Ils ont été regroupés autour de la gare routière et les derniers arrivés sont bloqués aux portes de la ville.
Ils ne peuvent pas rester ici. Ils pourront peut-être encore rester un jour ou deux mais après ils devront partir, a prévenu le gouverneur Dursun Ali Sahin, qui tente de persuader les réfugiés de quitter sa province.
Ses propos n’ont toutefois pas effrayé les réfugiés. Je resterai ici jusqu’à ce qu’ils ouvrent la frontière, a assuré Hamid, 25 ans, un étudiant en sciences politiques de Damas. J’adore la Syrie mais je ne peux pas y retourner. Ma vie là-bas, c’est fini.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé mercredi qu’un règlement du conflit en Syrie constituait la seule solution pour endiguer le flot des réfugiés syriens.
La solution au problème des réfugiés ne peut être de fermer la porte à ces gens ou de mettre des barbelés à la frontière. La vraie question est d’arrêter le conflit dans ce pays le plus vite possible, a-t-il déclaré lors d’un discours à Ankara.
Plus de 500.000 migrants ont traversé les frontières extérieures de l’UE entre janvier et août, selon l’agence européenne Frontex, dont plus de la moitié sont entrés par la Grèce.