VW too big to fail avec risque systémique

 VW too big to fail avec risque systémique

jeudi, 24.09.2015

François Schaller

AGEFI Suisse

La tournure de drame national que prend l’affaire Volkswagen en Allemagne (lire page 21), partant des Etats-Unis, fait forcément penser en Suisse à de récents épisodes bancaires peu glorieux. Elle permet peut-être de se sentir moins seuls, mais pas rassurés. Parce que cette affaire, même si elle n’est guère comparable, renvoie également à l’effet de contagion qui a dramatiquement globalisé la crise américaine du subprime titrisé.

En 2008, ce fut le doute sur la part devenue toxique des marchés financiers qui les a lourdement tirés vers le bas. Entravant toute l’économie mondiale pendant des années. Aujourd’hui, la suspicion porte sur l’ensemble de l’industrie de l’automobile. Avec un raisonnement difficile à écarter: si le groupe VW, leader mondial à l’avant-garde des technologies, n’a pu respecter des normes antipollution sans frauder, comment les autres constructeurs, y compris asiatiques, s’y seraient pris pour les respecter?

Le plus délicat ces prochaines semaines sera d’obtenir rapidement les garanties les plus convaincantes des grands opérateurs de la branche. De manière à éviter ce genre d’effet systémique, dont on sait qu’il peut prendre des dimensions totalement exagérées. Y compris du côté financier, la quasi-totalité des constructeurs étant cotés et parfois très dominants sur leurs marchés d’actions  de référence.

Une fois ce risque dissipé, il n’est pas sûr, même assez peu probable que l’affaire ait d’autres conséquences significatives au-delà de Wolfsburg. Des amendes, quelques problèmes de management et de gouvernance, un dégât d’image considérable pour l’Allemagne et sa formidable industrie d’exportation. Autant de nuisances difficiles à réduire à zéro pendant au moins une génération, mais surmontables dans la pratique en quelques mois.

On comprend que le conseiller fédéral Johann Schneider-Amman, chef du Département de l’Economie, se soit inquiété hier des retombées possibles sur l’industrie suisse de la sous-traitance et des composants, très orientée automobile. Il est toutefois peu vraisemblable à ce stade que la demande pour les marques et modèles allemands se réduise de manière significative et durable.


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