Le FMI inquiet et volontariste – avec MAJ , prévisions de l’OMC

Compte tenu des derniers développements, le Fonds monétaire international reverra ses prévisions de croissance en baisse. « Un PIB mondial de 3,3% cette année n’est plus réaliste. Une prévision de 3,8% pour l’an prochain non plus. Nous resterons tout de même au-dessus du seuil de 3% », a indiqué la directrice générale de l’institution, Christine Lagarde, dans un entretien accordé aux ‘Echos’.

Les prévisions 2015 ont pourtant déjà été abaissées en juillet. En cause notamment : le ralentissement observé dans les pays émergents. « Pour moi le ralentissement chinois bien géré est une bonne nouvelle, si on arrive à l’anticiper et à l’intégrer », indique toutefois Christine Lagarde.

La BCE peut aller plus loin

Dans ce contexte, les banques centrales ont un rôle de premier plan à jouer. Christine Lagarde appelle une fois encore la BCE à aller plus loin dans son action pour soutenir l’activité. « La politique monétaire de la BCE est parfaitement légitime et nécessaire, elle a prouvé son utilité. Mais elle pourrait l’être encore davantage si tous les canaux de transmission permettaient d’utiliser à plein cette politique », fait-elle valoir. En début d’année, la banque centrale a pris des mesures de soutien non conventionnelles (rachats d’actifs). Début septembre, Mario Draghi a laissé entendre que ce programme pourrait être étendu au-delà de la date prévue, soit septembre 2016. Du côté des Etats-Unis, Christine Lagarde estime que la Fed a eu raison de maintenir son statu-quo sur les taux, toujours proches de zéro. « Il n’y a aucune raison de se précipiter. Les banques centrales ont été nombreuses à le faire dans le passé et elles ont été contraintes de reculer ensuite ». La présidente de la Fed, Janet Yellen a toutefois indiqué qu’une remontée des taux était très probable d’ici fin 2015, à condition que l’inflation se stabilise et que la croissance se consolide.

« Vive Macron » !

Enfin concernant la France, elle a « besoin de beaucoup de lois Macron », estime la patronne du FMI. Dans cet entretien, elle fait l’apologie du projet porté par le ministre de l’Economie et qui entre progressivement en vigueur (ouverture du travail du dimanche, libéralisation du transport de voyageurs par autocars, réforme des professions réglementées…). « Je l’ai déjà dit : bienvenue à Macron ! Et vive Macron 2, vive Macron 3 (…) la réforme est un chemin continu, je suis convaincue qu’il faut poursuivre sans baisser les bras », s’exclame-t-elle.

EN PRIME

L’OMC a revu en baisse ses prévisions de croissance pour le commerce mondial à 2,8% pour cette année, contre +3% projeté en avril dernier. « Si les projections actuelles se réalisent, il s’agira de la quatrième année consécutive avec un taux d’expansion inférieur à 3%. Il s’agira aussi de la quatrième année où le rythme de croissance a été à peu près similaire à l’évolution du PIB mondial, alors que le commerce progressait deux fois plus vite à la fin des années 90 », regrette l’OMC, qui se montre également moins optimiste pour 2016, tablant sur une expansion de 4% (-0,1 point).

Des éléments pèsent

L’organisation explique cette révision à la baisse par « un certain nombre de facteurs qui ont pesé sur l’économie mondiale au cours du premier semestre 2015 ». Elle cite en particulier le ralentissement économique observé en Chine ainsi que dans d’autres pays émergents comme le Brésil. La chute des prix du pétrole et des autres matières premières mais aussi les importantes fluctuations des taux de change sont mises en cause.

Disparités

Les différentes régions du monde ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. L’OMC note ainsi qu’après plusieurs années de stagnation, l’Europe a enregistré la plus forte croissance des exportations, de +2,7% au deuxième trimestre en variation annuelle, contre +2,1% pour l’Amérique du Nord, +0,6% pour l’Asie, et +0,4% en ce qui concerne l’Amérique du sud et centrale. « Les disparités sont encore plus marquées du côté des importations, avec une croissance positive de 6,5% en Amérique du Nord, 3,1% en Asie et de 1,6% en Europe, contre une baisse de 2,3% dans le Sud et l’Amérique centrale et de 3,1% dans d’autres régions », ajoute l’OMC.

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