On prépare le terrain pour une hausse du QE de la BCE , le gradualisme est une cause de l’échec

L’inflation en zone euro est passée en territoire négatif pour la première fois en six mois, ce qui augmente la pression  sur la Banque centrale européenne afin qu’elle gonfle son programme de rachat d’actifs pour fabriquer de l’inflation.

Autrement dit, puisque cela ne marche, faisons en plus: c’est le refrain des keynésiens depuis 2007. Il n’est jamais question de faire une pause, de s’arrêter pour réfléchir, remettre en question, non, puis que cela ne coûte apparemment rien, allons y , doublons la mise!

En sens inverse, pourquoi ne pas faire d’un seul coup dix fois plus? C’est le grand mystère. On peut légitimement se poser la question:  est- ce-que le gradualisme n’est pas une cause de l’échec? Ne vaudrait il pas mieux un grand choc, dépasser la taille critique et d’un seul coup faire peur aux gens et déclencher les anticipations inflationnistes tant souhaitées? Comment réveiller les animal spirits inflationnistes si on a peur de provoquer  un grand choc?

Aux USA ,au moins, après Krugman,  un gouverneur a osé lancer ce débat en 2012. Si les QE sont efficaces et sans danger, pourquoi se modérer,  pourquoi jouer petit bras? L’économie, ce n’est pas des modèles, ce sont des hommes, des êtres humains et si pour relancer l’inflation chérie il faut un choc, allons y, produisons le choc, au moins nous en finirons avec cet argument minable du « on n’en a pas fait assez ».

Ce que nous disons n’est pas ironie ou humour, non. Peut être que la seule condition d’efficacité des QE c’est le déclenchement de la peur, le déclenchement de la fuite devant la monnaie. Tant que l’on n’est pas effrayé par l’énormité des chiffres, cela ne marche pas. Pour réveiller les anticipations inflationnistes, pour mettre en place la course entre les prix et les salaires, il faut briser le petit ron-ron actuel. Ou alors, il faut compléter le monétaire par du fiscal. il faut par exemple baisser les impôts en financant cette baisse par la monétisation;  ou toute autre chose comme par exemple des grands programmes d’investissement monétisés.

Les prix à la consommation dans l’union monétaire ont baissé de 0,1% sur un an en septembre, montre la première estimation publiée mercredi par Eurostat. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une stabilité des prix après une hausse de 0,1% en rythme annuel en août.

Le principal facteur expliquant le repli de septembre est une forte baisse, de 8,9%, des prix de l’énergie après -7,2% en août. Les prix des produits alimentaires non-transformés, eux, ont au contraire augmenté de 2,7% par rapport à septembre 2014. En excluant ces deux composantes volatiles, l’inflation de base ressort à 0,9% sur un an en septembre, comme le mois précédent.

Les perspectives d’inflation à long terme sont au plus bas depuis février, soit avant le lancement par la BCE de son programme de rachat massif de dette publique!

La banque centrale, qui achète dans le cadre de ce programme 60 milliards d’euros d’actifs par mois afin de stimuler les prix, reste très éloignée de son objectif à moyen terme d’une inflation légèrement inférieure à 2% en rythme annuel. Et encore plus de son objectif d’inflation différenciée entre les pays du Nord et les pays du Sud . Et encore plus de cette inflation différenciée qui serait souhaitable entre l’inflation manufacturière et l’inflation des prix des services. Les prix des services continuent de dériver, ce qui favorise les pertes de compétitivité et la désindustrialisation.

La BCE a laissé entendre début septembre qu’elle pourrait renforcer son soutien au crédit et à l’activité dans la zone euro pour tenir compte de perspectives assombries.

Pour la première fois, le président de l’institut d’émission, Mario Draghi, a alors clairement dit que le QE lancé en mars pourrait être prolongé au-delà de son terme prévu, soit septembre 2016, et que la banque centrale pourrait en modifier la taille ou la composition.

« Augmenter la taille des rachats mensuels aurait un plus grand impact que d’allonger la durée du programme actuel », écrit Deutsche Bank dans une note à sa clientèle.

« Les obstacles pour augmenter la taille des rachats risquent d’être importants, ce qui fait d’une extension du programme la voie la plus aisée », ajoute toutefois la banque.

Les signaux adressés récemment par les membres du Conseil des gouverneurs de la BCE laissent entendre qu’il n’y aura pas dé décision radicale concernant une modification du QE lors de sa prochaine réunion, le 22 octobre à Malte. Il faut en effet négocier avec les Pays du Nord, leur faire avaler la couleuvre et leur tordre le bras.

La BCE pourrait faire semblant de demander plus de temps pour évaluer les perspectives d’inflation et de croissance. Elle pourrait aussi attendre que la Réserve Fédérale américaine relève ses taux d’intérêt afin de voir si l’euro se décide ou non à baisser vers la parité

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