Comprendre le « PUT » et le fameux risk-on, risk-off. Pourquoi vous ne courez aucun risque sur les marchéss!

Un mot sur le fameux « put »,

Pour comprendre le Put de la Fed et pourquoi il  est en train de  devenir global.

Le Put date de Greenspan et il a été renouvelé par Bernanke  lorsqu’il déclaré en 2013 qu’il s’opposerait à tout « tightening of financial conditions ». Ceci a été par la suite repris par Draghi et récemment par des officiels de la BCE.

Le Put c’est une sorte de promesse, d’assurance que les autorités monétaire s’opposeront à tout resserrement des conditions financières, c’est à dire à tout développement sur les marchés qui conduirait à une chute de l’appétit pour le risque.

Le Put c’est également un encouragement qui se formule. « nous laisserons le légendaire bol de punch à la disposition de ceux qui font la fête Boursière, la Party ». Ne craignez pas d’en manquer, nous reservirons. Ceux qui parlent de temps à autre de retirer le fameux bol de punch sont des gens qui n’ont pas compris le fondement du Système neuf dans lequel nous vivons. Retirer le bol de punch , c’est retirer, nullifier le Put, c’est déchirer délibérément la toile du dirigeable que constitue le marché mondial des assets.

Le Put veut dire techniquement la chose suivante. Le Système repose sur la croyance, que nous avons imposée, que les actifs financiers, les valeurs boursières sont de la quasi-money, de la quasi-money, qui a tous les attributs et toutes les garanties de la monnaie; ils sont, dans le système que nous avons promu, money-like. Si les assets financiers sont money-like, ils ont tous les attributs de la monnaie, liquidité, sécurité, etc plus une petite rentabilité, alors vous devez préférer détenir des assets, ces money-lke et surtout, vous devez éviter de demander de les échanger contre de la vraie monnaie.

Le Put donc est la pour stabiliser les quasi-money que sont les assets financiers, faire en sorte qu’on ne les vende pas, faire en sorte que l’on ne demande pas la conversion, faire en sorte qu’il n’y ait pas de « run » ou autrement dit de « ruée » pour exiger du cash. Le Put est absolument nécessaire, on ne peut s’en passer dans le Système, c’est une pièce maîtresse du dispositif.

Avant que Put ne joue, il y a un arrêt, un avertissement qui annonce le Put, c’est l’accroissement de la demande pour les Treasuries et ses véhicules équivalents rangés dans la panoplie du Risk-off. Les Treasuries et le cash sont quasi équivalents dans le Système. On demande des Treasuries avant de demander du cash car les Treasuries comportent un petit billet de loterie que ne comporte  pas le cash. Si on achète avant les autres, les taux baissent et la valeur des Treasuries monte, on fait un bénéfice de type Ponzi. La mise en place du paradigme ro-ro,  risk-on risk-off est géniale et elle est complémentaire du Put.

Le Put est un sceau, un cachet d’authenticité qui assure que les assets financiers sont aussi bons que la monnaie et le Put a donc pour fonction que l’on ne demande pas l’échange, la conversion quasi-money contre monnaie.

Le Put est le ciment de la stabilité de la fameuse pyramide financière qui repose sur la pointe, le Put garantit que l’on ne descendra pas la pyramide en demandant la conversion des actifs, des  assets à risque en choses moins risquées et finalement en cash.

L’objectif essentiel du Put est de maintenir l’argent dans le jeu, de faire en sorte qu’il n’en sorte pas, qu’il y reste sous forme de quasi-money , c’est à dire d’asset financier. Si on vendait la quasi-money. si on demandait à voir la contrepartie, on s’apercevrait qu’il n’y en a pas, le fameux « mais cet argent l’as tu  » de la discussion de Kant deviendrait  central. Le Put a entre autres pour fonction de permettre de créer autant de monnaie qu’on le veut,  en tablant sur le fait qu’elle sera neutralisée, elle ne partira pas à la recherche de sa valeur concrète autrement qu’en allant se mettre dans les marchés d’actifs.

Le Put est indissociable de la dérégulation des années 80 qui a tenté d’unifier le champ des assets financiers, de les banaliser, de retirer leur spécificité,  de les standardiser en faisant en sorte qu’ils se réduisent à un couple, « risk-reward », « risque-rentabilité », le couple passant ainsi sous le contrôle de la Banque Centrale par le biais de l’ équation de la Fed qui prétend relier la valeur de tout actif financier aux Treasuries à 10 ans. Le Put est ce qui donne sa cohérence au Système mis en place par les apprentis sorciers.

Le Put s’applique aux assets financiers américains et uniquement à eux croyaient- ils, le grand « ILS ». C’était une erreur de raisonnement magistrale, car c’était sans tenir compte de la globalisation, de la contagion et de la refléxivié entre le monétaire et l’économique.

Le reste du monde a été inondé de liquidités en quête de rendement et de risque pendant les années de QE et il en a été stimulé et sur-stimulé, pourri même. Maintenant que les USA tentent de revenir en arrière et de stopper le cycle des largesses, même si ils le font par baby-steps, cela provoque le reflux des capitaux, la hausse inopportune du dollar et la déflation dans le reste du monde et chez les émergents. Cela menace par contagion psychologique et connexion bancaire et arbitrages sur les marchés, cela provoque une bouffée de risk-off et de déflation aux USA même, ce qui force la Fed à envisager la mise en oeuvre du Put. C’est ce que l’on a vu le 17 Septembre et suivants.

Le Put a vocation organique, Systémique à devenir global.!

Une réflexion sur “Comprendre le « PUT » et le fameux risk-on, risk-off. Pourquoi vous ne courez aucun risque sur les marchéss!

  1. Très belle synthèse, très pertinente … l’enjeu essentiel consiste à comprendre comment le fruit de ces artifices (la fantasmagorie des assets) dénature l’économie de marché(s) et la structuration des prix relatifs (cfr l’école autrichienne) … seule une « renaturation » subtile, souple mais profonde de ces prix relatifs pourrait nous éviter le cataclysme qui ne peut qu’advenir dans cette optique grossière de sophismes suraccumulés . Mais dont le mimétisme ici aussi génère une mythologie de l’autovalidation …

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