Titre : Les bourses montent l’escalier

Titre : Les bourses montent l’escalier

Le comportement des marchés financiers peut sembler paradoxal. C’est une situation que nous avons tenté d’expliquer tout au long de ces derniers jours dans nos articles plus fondamentaux. Nous avons mis en évidence la très forte dégradation de la situation. Nous avons fait ressortir la mise en risque off qui était en train de se développer sur les marchés de crédit. Nous en avons tiré la conclusion que les conditions financières étaient en train de se resserrer un peu partout.

Nous avons rappelé la promesse de la Réserve fédérale américaine de 2013 : nous nous opposerons à tout resserrement des conditions financières. Nous avons également rappelé que la Banque Centrale Européenne avait choisi exactement la même attitude. Il y a deux semaines, l’un des officiels a utilisé le même vocabulaire : la BCE s’opposera au resserrement des conditions financières provoquées par l’environnement international.

Nous avons fait ressortir également la dégradation de la situation économique au Japon. Les résultats y sont extrêmement décevants. Les économistes s’interrogent sur la question de savoir si on va avoir un second trimestre de récession. Malgré la réticence de Kuroda, les marchés considèrent que le Japon ne peut échapper à la logique de sa politique et que par conséquent la Bank of Japan en fera plus également, comme les autres.

S’agissant de la Chine, nous avons traité le cas en son temps et démontré que les autorités chinoises suivaient exactement le même canevas de gestion que les pays développés. Ceci signifie d’une part l’utilisation de l’arme monétaire à la fois en termes de taux et en termes quantitatifs et d’autre part, compte tenu du fait que le gouvernement là-bas dispose de marges de manœuvre, l’utilisation de l’outil fiscal.

La situation la plus confuse se trouve aux Etats-Unis. Yellen a commis l’erreur d’annoncer en langage quasi clair qu’elle monterait les taux avant la fin de l’année. Elle l’a fait parce qu’elle a paniqué quand elle a vu la réaction négative des marchés lors du report de la hausse des taux le 17 septembre. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que la dégradation de la conjoncture américaine serait plus rapide que les prévisions. Déjà l’emploi est moins vigoureux avec un retour des créations dans la zone des 150.000 et en-dessous. De même, elle n’avait pas prévu la brutale dégradation des enquêtes d’opinions des entreprises. Tout ceci a conduit les grandes banques à émettre des prévisions plus pessimistes sur l’évolution conjoncturelle. Certains vont même jusqu’à retarder la hausse des taux jusqu’au courant 2016.

Rien n’est joué, mais nous en sommes là.

Par solde, nous retiendrons que la situation conjoncturelle globale a plutôt tendance à se dégrader malgré un petit regain européen. Nous retiendrons que le FMI est arque bouté contre la hausse des taux américains. L’institut fait ressortir les risques pour la conjoncture et les risques pour la stabilité financière qui découlent d’une certaine aversion pour le risque.

Dans ces conditions, nous avons suggéré que l’histoire ne ferait que se répéter car comme nous le disons, dans la voie qui est choisie, il n’y a pas de retour en arrière.

Le consensus des marchés se positionne exactement comme nous. Il considère que l’on va au-devant de nouvelles largesses monétaires, même si leur efficacité est douteuse et même si cela doit nuire à la crédibilité des Banques Centrales. Il y a un argument très fort en faveur de nouvelles largesses monétaires, c’est le recul des marchés. On a fortement baissé. La spéculation a dégorgé et ce que l’on appelle le risque pour la stabilité financière est beaucoup moindre.

La reprise des marchés financiers depuis les mauvais chiffres de l’emploi américain vendredi dernier s’inscrit dans ce contexte : on attend de nouvelles largesses. Sous quelle forme, par qui, et quand, nul ne le sait, car il faut laisser le temps au temps, il faut que les décisions se murissent et se discutent.

En bourse, les meilleurs moments sont toujours, comme en d’autres domaines, les meilleurs moments sont quand on monte l’escalier. Or précisément, nous montons l’escalier.

Ne vous étonnez pas de la bonne tenue et de la hausse des marchés, dans le système actuel, c’est quand cela va mal qu’il faut être optimiste.

Les indices boursiers européens ont construit une base à partir de laquelle ils peuvent tenter une reprise non négligeable. A partir d’un point d’appui dans la zone des 3000, l’Eurostoxx50 peut très bien tenter de revenir dans la zone des 3400.

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