En attendant les mesures de soutien chinoises

Evoquant la situation en Chine dans sa lettre mensuelle d’octobre, Ecofi Investissements estime que « d’autres mesures de stimulation (dévaluation du yuan ; baisses de taux ; relance budgétaire) (…) devraient permettre au pays d’éviter un « hard landing » », après les opérations contra-cycliques déjà annoncées en fin d’été. Mais le gestionnaire d’actifs n’est pas sûr que ces stimuli soient suffisants pour assurer un retour de la croissance dans les pays émergents.

Ces derniers « ont du mal à s’adapter au changement de régime de croissance en Chine. Cette tendance devrait perdurer avec l’appréciation à venir du dollar qui fait craindre une hausse des défaillances dans le monde émergent », prévient Ecofi Investissements.

Parmi les risques qui pèsent sur ces pays, Ecofi Investissements signale un endettement bien supérieur à celui qui se pratique ailleurs dans le monde. « Depuis 2009, le rythme de progression du crédit par rapport à la production y a été plus soutenu que n’importe où dans le monde. Cette trop forte dépendance au crédit est source d’inquiétude, surtout à l’aube d’un resserrement de politique monétaire aux États-Unis. Même si la situation paraît sous contrôle à l’heure actuelle, notamment au niveau des marchés obligataires, la situation peut changer très rapidement comme nous l’enseigne le passé », met en garde le gestionnaire d’actifs.

Or, pour la société de gestion, l’élément déclencheur pourrait être le relèvement des taux de la Fed qui est maintenant inéluctable, même si la Réserve a repoussé l’échéance à la fin de l’année. « En effet, malgré la flambée du dollar qui pénalise les exportations, nous sommes persuadés que la dynamique de l’économie américaine va durer encore quelques trimestres. La demande interne – soutenue par un marché du travail bouillonnant, la baisse des prix de l’essence à la pompe et la faiblesse des taux d’emprunt – devrait demeurer solide », explique Ecofi.

EN PRIME

Le point de BNP IP : plutot attentiste

Dans son point hebdomadaire sur la stratégie d’allocation d’actifs, BNP Paribas Investment Partners a maintenu sa position de neutralité sur les actions. Colin Graham, CFA, CAIA, Directeur des investissements et responsable de l’allocation d’actifs tactique au sein de l’équipe Solutions multi-actifs de BNPP IP, préfère conserver cette position d’attente alors que l’aversion au risque domine toujours chez les investisseurs.

« Nos indicateurs montrent que les investisseurs sont généralement sous-pondérés sur les actions et que le sentiment est pessimiste. Un signal d’achat pourrait par conséquent être en train de se créer, mais nous n’avons pas encore perçu de catalyseur de rebond convaincant, compte tenu des incertitudes qui continuent d’entourer la première hausse des taux de la Fed et la croissance en Chine et dans d’autres pays émergents. La recherche d’opportunités d’achat à bon compte par des investisseurs pratiquant le « stock-picking » ou une baisse de la volatilité sur les marchés d’actions pourraient inciter les investisseurs à prendre plus de risques », explique le gérant de BNP Paribas Investment Partners.

Dans cet environnement prudent, Colin Graham précise tout de même qu’il préfère s’exposer « aux valorisations intéressantes des actions émergentes via une surpondération de l’Asie émergente par rapport à l’indice des actions émergentes, convaincu que l’Asie offre une qualité bon marché ». En Europe, BNPP IP se positionne sur « les petites capitalisations aux grandes, car elles devraient davantage bénéficier de la croissance intérieure ».

S’il reste dans l’attente de jours meilleurs pour les actions, BNP Paribas Investment Partners se montre plus audacieux concernant le segment obligataire. « Nous préférons prendre des risques avec les obligations, en particulier les obligations d’entreprises à haut rendement en Europe et aux États-Unis. Les obligations d’entreprises tendent à bien se comporter dans un contexte de croissance et d’inflation faibles mais positives. Le secteur des entreprises en Europe devrait profiter de la reprise conjoncturelle, tandis que le taux de défaut intégré par le marché aux États-Unis nous paraît trop élevé », note Colin Graham.

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