La jungle de Calais est devenue la troisième ville du Calaisis.

La seule chose à faire quand on lit pareil texte, celui qui est publié ci dessous,  est … de prendre sa voiture ou le train et d’aller à Calais. Il n’ y a pas d’autre moyen de tenter de fixer son jugement. Ce n’est pas la lecture de textes ou se pseudo reportages tronqués d’autres bords politiques qui permet de constater. Il faut interroger et vivre ce qui s’y passe. Ce texte m’a déterminé à aller y voir de plus près.

Les Français sont aussi désespérés que ceux qu’ils rejettent. Ils sont en plus malheureux d’être aussi moches, montrés du doigt et même dans certains cas insultés. Les « gens bien » culpabilisent de leur impuissance et de leur ras le bol. Tout en même temps.

Voilà ce qu’il faut faire : organiser des voyages, donner les moyens de savoir de quoi on parle et surtout de quoi on juge. Surtout pas de presse, pas de télés, ils viennent pour démontrer quelque chose, pour servir un point de vue fabriqué d’avance. Ils roulent pour les partis politiques , pour mieux vous rouler.

J’avoue que ce thème des « migrants » me dégoute, il me fait vomir. Je suis écartelé entre la compassion, la révolte et le mépris. Mais ce qui domine, c’est le mépris pour les politiciens responsables de cette situation. Dieu que je les hais ! Ils sont la cause de cette situation, de ce malheur qu’ils ont fait tomber, comme leurs bombardements, sur ces peuples qui ne demandaient rien. Sur ces peuples qui ne se rendent pas compte qu’ils sont des moyens, surtout pas des fins ; on les utilise. Ils ne comptent en réalité pas.

Ces politiciens sont la cause du malheur de ces Français impuissants, qui aimeraient exercer leur bonne volonté et qui ne le peuvent pas , parce qu’ils sont dépassés, parce que trop c’est trop, parce que c’est impossible ! Terrible constat que celui là : il n’y a pas de bonne solution, pas de solution humaine satisfaisante tant ce qui a été fait est insensé.

Avant, j’hésitais à passer ce texte, il est, c’est une évidence marqué politiquement, mais il est très modéré, finalement plus modéré et plus neutre que celui que j’aurais pu écrire moi-même.

J ‘ai connu les townships en Afrique du Sud, là bas, la dignité humaine y était plus grande, mieux respectée. Je n’avais nulle gêne, nulle compassion, je mangeais avec les doigts, je trempais dans la casserole, et nous discutions entre personnes, ils m’expliquaient comment ils décapitaient les blancs dans leur voitures à chenilles grâce à des fils de fer barbelés. . Rien de dégradant ou humiliant . On n’était pas dans la pitié. Ici c’est autre chose, j’ai honte. Et puis , là bas, il y avait une certaine fierté : ils se battaient, ils relevaient la tête.Et ils ont gagné.

La France baigne dans les délices de la victimisation, c’est sa drogue, elle se vautre dedans ; rien d’étonnant si elle attire les victimes, ils savent qu’ici ils sont les héros que l’on attend, pour jouir encore plus. Le mot « jouir » n’a pas été choisi par hasard pour qui sait suivre les associations d’idées qui pilotent les fantasmes associés aux pauvres et désespéré(e)s du Sud.

Caroline Artus
Ancien chef d’entreprise

Ce texte est une reprise de Boulevard Voltaire

Une ville vient de naître. Elle se situe non loin de la mer, sur une lande battue par les vents, à une heure de marche du centre-ville. Si le lieu ne semble guère hospitalier, la ville nouvelle a pourtant vu le nombre de ses habitants quasiment doubler en trois semaines, passant de 3.500 à presque 6.000. C’est la jungle de Calais, devenue la troisième ville du Calaisis.
Il faut dire que son développement a été fulgurant. Au milieu d’une marée de tentes bleues, en quelques mois, les clandestins se sont implantés. Écoles, bibliothèque, lieux de culte (églises et mosquées), salons de coiffure, restaurants, épiceries et même un théâtre, un amoncellement de bric-à-brac qui a poussé comme de vilains champignons répartis selon les communautés. Toutefois, les conditions s’améliorent car il s’y construit un premier chalet en bois sur pilotis, dont les matériaux ont été transportés en camionnette depuis Jersey…
« Face à la difficulté de traverser la Manche, les migrants se sédentarisent et certains sont là depuis huit mois. » C’est l’explication donnée sur la situation de l’immense bidonville par la préfète Fabienne Buccio. Ce n’est pas la seule : aux flux intarissables d’immigrés clandestins classiques en provenance « essentiellement de la corne de l’Afrique » se superposent maintenant « beaucoup d’Irakiens, d’Iraniens et de Syriens, lesquels arrivent en famille avec femmes et enfants ». Madame la préfète, si on a bien compris François Hollande, tout cela est sans doute de la « manipulation » et de la « falsification »…
Bref, les autorités tolèrent, donc autorisent, des gens entrés illégalement sur le sol français à prendre possession d’un espace naturel, d’y planter des tentes fournies par des associations ayant pignon sur rue, maintenant d’y monter des chalets et de transformer le tout en véritable township où chacun a tout loisir d’y pratiquer son business. Point d’autorisations à demander, de normes à respecter, strictement rien à régler à la collectivité : pas de doute, c’est la jungle.
Surtout, avec 25 millions de travaux prévus financés par la France et 5 millions de plus par l’Europe pour des travaux de terrassement et des tentes supplémentaires annoncés par Manuel Valls, elle est faite pour durer. « Reste qu'[elle] ne pourra accueillir que 1.500 migrants sur une population de 3.500 […] », disait-il… en août. Tout le cahier des charges se trouve déjà à revoir ! Et si la population double ainsi à intervalles réguliers ? Le Premier ministre prévient : « C’est un travail au long cours […]. »
Si nous étions en 1927, nous pourrions écrire, comme le Journal officiel de l’époque qui publia une analyse concernant le recensement de 1926 et rapporté dans les annales de géographie, que nous sommes en présence d’une « masse énorme d’étrangers qui a littéralement envahi la France », d’un « peuplement étranger » et même d’une « véritable armée d’immigrants ». Mais nous sommes en 2015, alors nous le l’écrirons pas.
François Hollande osait citer Péguy à propos de « l’intolérance qui conduit à la discrimination » : « Il y a plus grave que d’avoir une âme perverse, c’est d’avoir une âme habituée. » Eh bien, justement, notre âme ne s’habituera pas, ni à la jungle ni à toutes celles à venir dans notre pays.

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