Humeur: Le capitalisme financier est à la propriété ce que Cain est à Abel.

Le capitalisme financier est à la propriété ce que Cain est à Abel.

Je ne mets pas de guillemets car il s’agit d’une citation tronquée. Certains en reconnaitront peut être l’origine.

La grande affaire de notre époque, c’est l’expropriation des classes moyennes. Il s’agit en pratique d’un accaparement par le capital financier/ financiarisé. Financier et financiarisé, ce n’est pas la même chose, mais ils se conjuguent et se complètent. Le capital financier, c’est ce capital qui n’en est pas vraiment un car son essence n’est ni la production, ni l’épargne, c’est la dette bancaire, le pillage du bien commun que constitue la monnaie.

Notre époque est une époque d’impérialisme et de globalisation comme nous en avons connu après les années 1870, et qui a débouchée sur la guerre 14.  il faut remarquer que les trois , impérialisme, globalisation, aventure monétaire, vont de pair et qu’elles trouvent leur aboutissement dans ce que l’on appelle maintenant l’appétit pour le risque qui est le nom savant pour désigner la Spéculation. Elle a débouché sur tous les grands scandales comme Panama qui a révélé la pourriture de la classe politique et ses liens avec les puissances d’argent. Puis sur l’affaire Dreyfus qui par le jeu de forces complexes, plus ou moins comparables à ce qui s’est passé dans les années 1930, a marqué les débuts de l ‘antisémitisme comme catégorie politique.

Ayant noyauté, stipendié toutes les formations politiques, le capital déjà financier et en cours de financiarisation, s’est allié aux bourgeois conservateurs anciens accapareurs des biens nationaux lors de la Révolution, et il a pris le pouvoir.Tout cela a débouché, en France dans la plus grande confusion et les pires turpitudes, sur la République . Notons qu’à cette époque de naissance du capitalisme financier /financiarisé, les puissances d’argent ont financé l’aventure coloniale et que comme par hasard la gauche d’alors a fait valoir le caractère progressiste et universel de la conquête et de la domination des races qu’elle considérait comme inférieures. Voir le livre exceptionnel de Manceron, « 1885, le tournant colonial de la République ». On y taille un beau costume à l’idole des socialistes, Jules Ferry.

Les périodes d’impérialisme, de globalisation, de financiarisation, sont caractéristiques, ce sont des années d’accaparement, de crises et d’expropriation des classes moyennes. Les crises ne sont pas des occasions de retourner en arrière, non. Les crises ne régénèrent pas, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer. Pourquoi ? Tout simplement parce que les pouvoirs dominants qui gèrent les crises sont ceux qui en sont responsables, ce sont eux qui les ont causées et qui par conséquent font en sorte d ‘orienter les solutions de telle façon que leur pouvoir et leur richesse en sortent renforcés. En fait, pour elles ces crises sont des opportunités de faire le ménage à l’intérieur de leur classe et des opportunités de revenir en arrière sur les conquêtes et le bien être des masses.

C’est exactement ce qui se passe , en particulier grâce à ces Républicains modernes que sont les socialistes. Au nom du « socialisme responsable », ils président au plus grand transfert de richesses de tous les temps, celles des classes moyennes et laborieuses, des petites gens, vers la banque, la finance, les marchés, vers le capital internationalisé.

C’est la fonction emblématique d’un Macron qui la réalise sous nos yeux et avec les applaudissement de ceux… qu’il lamine, car il joue sur la jalousie , l’envie qui habitent le peuple à l’égard de ceux qui lui sont proches. Le peuple jouit quand on rabaisse son voisin, il ne connait pas le monde des ultra riches, ce qui fait que celui ci reste hors de portée.

L’opération de transfert se fait dans la plus grande opacité et dans un monde de mystifications. On embrouille, on souffle des rideaux de fumée, on divertit l’attention du peuple sur tout , absolument tout car l’essentiel est qu’il se divise, qu’il se déchire et ne fasse surtout pas son unité contre les accapareurs. On casse les solidarités du travail par la rareté de l’emploi, sa précarisation. Le chômage fait tout accepter, y compris les mesures qui assurent sa progression ! On lance les os à ronger des réformes sociétales, de l’homosexualité, des mariages gays, de la laicité, de l’immigration, tout est bon , l’important est que le peuple se déchire et que son attention soit détournée.

3 réflexions sur “Humeur: Le capitalisme financier est à la propriété ce que Cain est à Abel.

  1. Les ismes sont souvent une forme d’accusation, la dénonciation d’une déviance.
    Bertez s’en prend volontiers au socialisme, autant qu’au capitalisme financiarisé
    dont il est difficile de nier:
    – qu’il est une arme de destruction massive.
    – qu’il est aux mains de quelques uns.
    -que cette arme est utilisée.
    -que le socialisme a été et est encore son allié principal.
    C’est l’argument développé sur ce blog.
    Tout ceci ne renseigne pas pour autant sur la nature profonde du capitalisme,
    sur les conditions anthropologiques de son apparition et de sa prodigieuse
    croissance.
    Si la politique permettait, comme elle le « devrait » (sic) un débat sur les enjeux,
    de tels excès ne se produiraient pas. Elle a été confisquée par le Moloch.
    Pas partout toutefois: les islandais ont déposé leur gouvernement, annulé
    leur dette extérieure, nationalisé les banques.
    Il est vrai que leur tradition démocratique est millénaire.
    Alors à bons entendeurs….

    J’aime

  2. Le capitalisme, le socialisme ou simplement des ismes qui par définition ont rejoint le monde des idées et de ce fait quitté la réalité des rapports sociaux. Le capitalisme n’est certainement pas l’accaparement de la richesse mondiale par une oligarchie et la politique devrait permettre le débat sur les enjeux véritables du risque de la guerre de tous contre tous et non pas favoriser une spoliation universelle.

    J’aime

Laisser un commentaire