La France souffre autant de son patronat que des politiciens

« Alors que la ministre du Travail, Myriam El Khomri, doit présenter mercredi en Conseil des ministres sa réforme sur le code du travail, le chef de file du Medef, Pierre Gattaz, a une fois encore plaidé pour un assouplissement du CDI, le qualifiant « d’inquiétant » et « d’anxiogène » pour les entreprises. »

Nous n’avons pas l’habitude de soutenir Gattaz. Nous lui trouvons peu de qualité, une intelligence limitée et une absence totale de culture économique. Pire, il n’ a aucune vision. Il est étriqué en ces temps oü il faut non pas compter la consommation de crayons, de gommes  et de bouts de ficelles, mais avoir un Projet. Un Projet de sortie de crise, un Projet de redressement. Et pour avoir un Projet il faut être capable de visions globales, amples, qui situent en particulier les problèmes là ou ils sont. Tout le reste, pour atteindre la cohérence défendable, doit se situer dans ce cadre.

Les Gattaz étaient et sont dans le pointillisme, ils sont incapables d’analyse « du tout », du global et leurs interventions sont toujours,à ce titre, partielles et partiales; avec eux, c’est toujours le petit bout de la lorgnette. Faute   de vision , ils remplissent  le catalogue à la Prévert des revendications patronales classiques, celle des exploiteurs qui ne cherchent qu’à baisser le niveau de vie (le fameux coût du travail), et à organiser la précarité (la flexibilité) . Le tout ,en en reportant les charges sur la collectivité. Ils sont des adeptes de la socialisation (voir le CICE) , de la prise en charge par la société, que ce soit en matière de charges ou de protection. Bref, ils sont socialistes. Comme l’étaient leurs Maîtres à penser , les Saint Simoniens, la Cagoule et autres  X-Crise. On comprend pourquoi ils sont fascinés par le modèle Allemand du sacrifice….

Il est évident pour tout observateur lucide, même pas compétent, que le système français souffre d’une insuffisance de profit. C’est pour cela qu’il n’investit pas, qu’il ne prend pas de risque et,  qu’étant frileux il manque à sa mission de produire des richesses, de la promotion sociale  et de l’emploi. Or c’est cette mission et elle seule qui peut rendre le capitalisme légitime.

Un capitalisme qui organise la régression est socialement condamné. Le système français baigne dans un univers de concurrence internationale capitaliste, mais il récuse les lois, les règles, les contraintes du capitalisme. Pour être fort et compétitif dans pareille situation, il faut être capitaliste, entreprenant, bref il faut pouvoir accumuler. Il faut que le capital se rapproche du taux moyen de profit de ses concurrents, il faut que la fiscalité soit avantageuse et non spoliatrice pour ceux (les individus) qui épargnent, investissent, innovent  et prennent des risques.

Mais le patronat rêve comme les socialistes officiels d’un système oü le profit est escamoté , ils rêvent non pas d’un système capitaliste, mais d’un système managerial, c’est à dire un système qui dépossède les propriétaires au profit d’une classe de managers plus ou moins cooptés dans une classe dont le recrutement est semblable à celui de l’état, ses inspecteurs des finances, ses pantoufleurs.

En fait les Gattaz, père et fils sont tout à fait les interlocuteurs qui ont convenu et qui conviennent aux pouvoirs socialistes en général. Des ignares discutent entre  ignares. Des dirigistes discutent entre dirigistes. Des fausses élites discutent entre fausses élites. Nous avons connu le CNPF du temps oü l’UIMM  était reine, c’était autre chose!

Maintenant , le patronat chausse les pantoufles des Enanistes et autres fonctionnaires de la pensée. Avec une nuance, qui est que, systématiquement, quand il y a une position à prendre , le patronat choisit toujours la plus maladroite en terme de réputation sociale.  C’est à croire que pour masquer sa soumission face aux politiciens , il arbore le couteau entre les dents face aux petites gens. Il est vrai qu’il est plus facile dominer les petits que de se coltiner des conflits avec les puissants.

Etre patron c’est être responsable, de tout et vis à vis de tous les acteurs de la vie économique, ce n’est pas faire alliance avec les uns contre les autres, ce n’est pas passer son temps à tendre la main, c’est reclamer la liberté de gestion , et rien  d’autre. 

« Il faut absolument faire (en sorte) que ce contrat soir davantage sécurisé », a martelé Pierre Gattaz ce mardi matin, sur le plateau de ‘France 2’. Le patron du Medef suggère d’introduire des clauses de séparation, « comme dans un contrat de mariage ». « Si dans cinq ans, dans dix ans, il y a un problème, le salarié sait dans quelles conditions il partira. Aujourd’hui, c’est la loterie (…) c’est une insécurité terrible pour les salariés, pour les entrepreneurs, notamment les plus petits qui ne savent pas ce qu’il va leur arriver en cas de difficultés », a fait valoir Pierre Gattaz. Sur ce dernier point, rappelons que le projet de loi pour la Croissance et l’Activité prévoyait initialement un plafonnement des indemnités de licenciement. Une mesure retoquée cet été par le Conseil constitutionnel.

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La semaine dernière, François Hollande a promis que la réforme du code du travail conserverait les droits fondamentaux existants. « Nous allons garder un socle de droits : contrat de travail, Smic, durée légale du travail, mais offrir aux partenaires sociaux, dans les entreprise et dans les branches professionnelles, une liberté pour décider, pour négocier, pour avancer », avait-il indiqué. Auparavant, le Premier ministre, Manuel Valls avait déjà promis que le CDI ne serait pas remis en cause.

Une réflexion sur “La France souffre autant de son patronat que des politiciens

  1. Bravo, en plein dans le mille, c’est ce qu’on appelle viser juste. 10/10
    Oui, l’entreprise dans un monde hautement concurrentiel, doit faire la différence. Elle doit passer à l’attaque, au combat, prendre des risques, conquérir, séduire. Il faut avoir un projet où tous les acteurs de l’entreprise sont fiers, ont envie de se surpasser, d’etre les meilleurs. Il faut définir un champ de bataille où il y a de la marge, des profits qui permettent de réaliser ses bonheurs, ses rêves. Un management dynamique, basé sur la confiance, sur l’objectif, que le client soit ebloui. Et ça passe par de fortes rémunérations, des conditions de travail exceptionnelles, une ambiance, un avenir.
    Oui, l’entreprise, c’est la vie.
    Celle de Gattaz, c’est Alquatraz.

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