Hollande va chercher de l’aide aux USA

Dix jours se sont écoulés depuis les attaques du 13 Novembre. Hollande est à la recherche de solidarité(s), il se rend ce jour aux USA, pour rencontrer Obama. Visiblement pour y solliciter son aide.
Les messages de soutien, la compassion et les déclarations d’intention ne suffisent pas pour lutter efficacement contre une menace renouvelée. Il y a un monde entre les déclarations destinées aux médias et aux peuples et les aides affectives. Jusqu’à présent la solidarité est restée un vain mot.

La France a invoqué la clause de défense mutuelle vis à vis d e l’Union Européenne. Cela pourrait, sinon devrait améliorer les échanges d’informations en matière de terrorisme. A condition bien sur que concrètement cela fonctionne. On a vu ces derniers jours les multiples bavures et les ratés des échanges d’informations, et ce même au sein du pays concerné, la France, elle même. Et puis il y a le fameux Gap, le fossé qui sépare la collecte d’informations de son utilisation. Comment à partir de l’échange d’informations, passer à l’étape suivant c’est à dire à son utilisation pratique ? Hollande a beau répéter comme il l’a fait le 16 Novembre, que « Daesh n’est pas seulement l’ennemi de la France, il est également ennemi de l’Europe » , les partenaires de la France ne sont pas dans la même situation, leurs intérêts ne sont pas les mêmes. Aussi bien en politique intérieure qu’en politique étrangère.

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Au plan mondial, le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté à l’unanimité une résolution qui autorise l’usage de la force contre ISIS ; c’est bien , mais insuffisant car il faut persuader les Etats-Unis de passer du stade du soutien verbal et de la compassion à celui des actes. Or Obama est dans une phase de retrait, une phase isolationniste si on peut dire sans trop exagérer. Toute son action depuis de nombreux mois s’analyse comme un refus de s’engager et d’aller plus avant et ce, quelque soient les conséquences sur le terrain. Il tient bon, malgré les pressions des faucons et des néocons.

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Hollande va demander de l’aide, mais il va d’abord lui falloir aller à Canossa ! Il va devoir se faire pardonner l’attitude la France de Chirac qui a refusé la solidarité à Bush quand ce dernier à attaqué l’Irak en 2003. Obama ne lui en veut peut être pas, mais les militaires et l’appareil de défense Américain si, cela leur est resté en travers de la gorge. Les relations n’ont pas été très bonnes tout au long de ces années même si les petites interventions, à la mesure de la France,en Centre Afrique en 2007 et au Mali lui ont permis de remonter dans l’estime des militaires US.

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Jusqu’à ces derniers jours, la position d’Obama semblait de temporiser sur la Syrie. L’Administration Américaine ne voyait nulle urgence à prendre des décisions ou à changer de position. Elle « contenait »t ISIS selon elle, et aidait les forces anti-Assad. La France est beaucoup plus pressée ; elle a l’épée dans les reins à la fois avec les attaques d’ISIS , mais aussi avec les réfugiés. Elle est débordée sur les deux plans. Elle est en première ligne.

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La question se pose par conséquent du futur de la Syrie et elle est centrale. Que veulent, qu’acceptent les Etats-Unis maintenant ? Est ce que Obama est prêt à reconsidérer sa position sur Assad compte tenu de l’escalade des risques directs et indirects. L’incident entre la Turquie et la Russie montre qu’il convient de ne pas minimiser les risques d’accident grave, la Turquie est un partenaire nerveux, un peu « chien fou » et la Russie a une approche dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est ombrageuse, elle ne tend pas la joue droite.

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La question de la Russie est bien évidemment centrale. La France semble avoir accepté l’idée d’un rapprochement avec les Russes. Elle a repris le dialogue. La Russie bombarde maintenant sérieusement ISIS et cela convient à la France. Les échanges d’information et de renseignements sont maintenant en cours entre les deux parties. Il est d’ailleurs prévu que Hollande aille à Moscou et rencontre Poutine la semaine prochaine. Cela indique que Hollande se rallie à l’idée que maintenant, la Russie doit être prise en compte et qu’elle peut et doit participer aux solutions, ce sur quoi Obama reste réticent.

.Dans un registre voisin quelle est la position d’Obama sur la question des forces d’opposition à Assad. Son opinion publique n’est pas tendre et les néocons non plus. Sa position est inconfortable. Que faire d’eux, quel rôle peuvent ils jouer, sachant que la presse ne cesse de clamer qu’elle est impuissante et que l’alliance avec et la fourniture d’armes à des terroristes modérés est une folie. Comment établir une position raisonnable commune dans cette confusion ?

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Independamment des discussions sur le fond la France est demandeur à deux niveaux :
-d’abord au niveau logistique et technique. Ses moyens sont insuffisants dans de nombreux domaines comme « refueling » en vol, comme les moyens de reconnaissance et d’observation et également en matière de gros porteurs. C’est certainement cette aide que Hollande va demander et obtenir, c’est le plus facile.

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-ensuite au niveau de la lutte globale anti terroriste, la France est dépendante des Etats-Unis ; eux seuls ont les moyen de tracer les communications, de pister les personnes, de remonter les sources de financement et jusqu’à présent, on peut dire qu’il y a eu une certaine réticence à tout partager. La France n’est pas, n’était pas un partenaire privilégié.

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