Le « bide » du spectacle Draghi du jeudi a mortifié sa vedette américaine, du coup il a tenté de se racheter maladroitement vendredi. A force d’insister et de pontifier, il se décrédibilise , ce n’est pas en répétant des contrevérités et des promesses creuses que l’on est écouté, c’est en fournissant des arguments solides et bien structurés. Une seul analyse sérieuse et bien sentie vaut toutes les répétitions. Nous sommes, Draghi l’oublie? dans le domaine professionnel avec des interlocuteurs qui en savent autant sinon plus que lui, pas des consommateurs de savonnettes. Se répéter comme il le fait est une nouvelle erreur de communication car il met le doigt sur une faiblesse.
« La Banque centrale européenne (BCE) est confiante dans la capacité de ses nouvelles mesures de politique monétaire à ramener l’inflation dans la zone euro vers 2%, son objectif, mais elle reste prête à mettre en oeuvre des mesures supplémentaires si nécessaire », a déclaré vendredi son président, Mario Draghi.
« Je peux donc dire avec confiance, et sans la moindre complaisance, que nous assurerons le retour de l’inflation à 2% sans délai indu parce que nous sommes en train de déployer des instruments qui, nous le pensons, permettront d’y parvenir, et parce que nous pouvons, dans tous les cas, déployer encore plus nos instruments si cela se révèle nécessaire », a-t-il dit dans une allocution publique à New York.
Et le meilleur dans le style dénégation/Verneinung :
« Le paquet de mesures annoncé jeudi n’avait pas pour but de répondre aux attentes des marchés », a rétorqué le dirigeant, tout en ajoutant que le QE serait là pour longtemps.
Quand on analyse la situation avec un peu de hauteur, on en arrive à se demander si l’indépendance des Banques Centrales n’a pas été une colossale erreur. Certes vouloir libérer les banques centrales de l’emprise des politiciens et de leur démagogie était une intention louable, mais l’enfer est pavé de bonnes intentions et cette décision a finit par produire un monstre incontrolable.
Les banques cenrtales sont libres d’échapper au controle démocratique, libres de se libérer de l’objectif du bien commun, libre de détourner ce même bien commun, la monnaie, libres de se soumettre à la dictature des marchés, libres de se soumetrte sans retenue et pudeur aux pression du capital financier. Aux Etats -Unis au moins, la Fed est responsable de ses actions devant le Congrès, en Europe, il n’y a rien d’équivalent la BCE et son dictateur n’ont de compte à rendre à personne depuis que les Allemands ont baissé leur pantalon .
La BCE a annoncé jeudi une baisse de son taux de dépôt et une prolongation de six mois de son programme d’achats d’actifs sur les marchés mais ces mesures ont déçu les marchés financiers, qui espéraient des initiatives plus radicales encore.
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Nous vous renvoyons à la lecture de notre texte intitulé « La réaction à la BCE sera une surprise » sur cette question; pour les marchés la surprise a été mauvaise! On a chuté de 3%, la claque est sévère sur les actions et les changes. Ceci n’est pas anodin et montre plusieurs choses:
-il existe des limites à ce que peuvent faire les Banques Centrales
-la connivence des marchés n’est pas assurée, la crédibilité en prend un coup
-ce qui devait stimuler l’appétit pour le risque se retourne en son contraire
A notre avis l’erreur a été commise au mois d’Aout lorsque les officiels de la BCE comme ceux de la Fed ont paniqué devant le mini krach provoqué par la Chine. Ils ont eu peur , ils ont voulu être réactifs tout de suite par peur des effets de boule de neige , ils se sont précipités, trop avancés, fait des promesses et maintenant, il faut pouvoir les tenir, or ils ne le peuvent pas. En tous cas, pas à la hauteur des attentes.
Ce qu’il faut craindre, c’est la prise de conscience du fait que que la BCE et Draghi sont des tigres de papier, il sont obligés de faire la grosse voix afin de masquer les limites de leur pouvoir et cacher l’esentiel à savoir que la magie, cela n’existe pas, il n’ y que des illusions.
La question majeure non résolue reste celle de la transmission. La finance n’est que de la finance, elle constitue une sphère, pas tout à fait close bien sur, mais une sphère qui n’entraine pas le réel. La politique monétaire et la financière ne sont vraiment efficaces que si elles sont complétées par la politique budgétaire. Il faut qu’un agent économique se charge d’introduire l’argent dans le circuit. Et cela Schauble n’en veut pas, pas touche aux dépenses. Le père fouettard tient à sa discipline.
La BCE a annoncé jeudi un renforcement de son programme de rachats massifs de dette, sous forme d’une extension de sa durée et d’un élargissement de la palette de titres qu’elle peut acheter.
Ce programme lancé en mars dernier sera prolongé jusqu’à fin mars 2017 au moins, a déclaré expliqué le président de la BCE, Mario Draghi. La BCE aura ainsi injecté d’ici là a minima 1.500 milliards d’euros dans l’économie.
En fait cette extension ne signifie rien et n’ajoute rien d’autre que du vent, car tout le monde sait et cela a été dit, que l’extension serait faite si nécessaire. Insister sur cette extension qui allait de soi est une preuve, un signe de faiblesse.
« Nous en faisons plus parce que ça marche, pas parce que c’est un échec », a assené M. Draghi.
Voila ce que Freud appellerait une dénégation, une Verneinung, un refus de reconnaitre la réalité et essayer de mentir.
Il a également précisé qu’une « large majorité » des membres du conseil des gouverneurs de la BCE s’était prononcé en faveur de cette rallonge, sans toutefois parvenir à l’unanimité.
Jusqu’ici les achats, de 60 milliards d’euros par mois, devaient durer jusqu’à septembre 2016, pour un volume minimum cumulé de 1.140 milliards d’euros.
Pour être sûre de trouver des actifs à acheter sans pour autant assécher complètement le marché, la BCE a annoncé qu’elle étendait la palette des titres de dette qu’elle peut acheter.
Outre les obligations souveraines, c’est-à-dire émises par les 19 Etats membres de la zone euro et certaines institutions européennes, et certaines obligations privées, l’institution pourra jeter son dévolu sur de la dette émise par « les collectivités régionales et locales de la zone euro », par exemple donc les communes.
Volia qui permettra aux colectivités de gaspiller un peu plus, le crédit étant moins cher, la demande des collectivités va augementer, autant diree que cela va favoriser les hausses d’impôts dans le futur. On va repousser les limites de gaspillage keynésien des collectivtés!
Les annonces de M. Draghi sont restées en-deçà de ce qu’attendaient les acteurs des marchés financiers, qui misaient notamment sur un gonflement du volume mensuel de rachats. La sanction était immédiate avec une chute marquée des Bourses européennes.
Les banquiers centraux ont beau assurer qu’il marche très bien, le « QE », au titre duquel 540 milliards d’euros ont déjà été déboursés, n’a pour le moment pas eu les effets escomptés, notamment sur l’inflation qui se languit à 0,1% en zone euro, bien loin de l’objectif d’une hausse des prix juste de 2%.
Prenant acte de cette stagnation, la BCE a légèrement abaissé jeudi ses prévisions d’inflation pour la zone euro en 2016 et 2017.
Outre le dopage du « QE », qui était anticipé par les marchés, la BCE a annoncé jeudi l’abaissement à -0,3% de l’un de ses taux directeurs, le taux de dépôt au jour le jour. En taxant, à hauteur de 30 centimes pour chaque tranche de 100 euros, les banques qui déposent de l’argent dans ses coffres d’un jour à l’autre, elle espère les inciter à prêter davantage à ménages et entreprises pour revigorer l’économie.
Elle espère surtout reussir à faire baisser le change !