BNS: statu quo sur la politique monétaire

BNS: statu quo sur la politique monétaire

Agefi Suisse
jeudi, 10.12.2015

Les taux négatifs sur les avoirs en compte de virement restent à -0,75%. Le taux directeur est toujours entre -1,25% et -0,25%.

La Banque nationale suisse (BNS) a maintenu le statu quo sur sa politique monétaire, a-t-elle annoncé jeudi lors de sa réunion trimestrielle de politique monétaire, estimant que le franc suisse restait « nettement surévalué » malgré un certain recul ces derniers mois. La banque centrale a conservé le taux négatif sur les avoirs en compte de virement, entré en vigueur en janvier, à -0,75%, a-t-elle indiqué.

Cette mesure, qui s’applique aux dépôts auprès de la BNS des institutions financières telles que les banques ou les compagnies d’assurance, vise à décourager les investisseurs de se retrancher derrière le franc suisse, une valeur refuge par excellence.

L’institution d’émission a aussi maintenu son taux directeur, la marge de fluctuation du Libor à trois mois, entre -1,25% et -0,25%. La BNS s’est aussi de nouveau dite prête à intervenir sur le marché des changes pour influencer « au besoin » l’évolution du cours de sa monnaie.

Lors de cette réunion trimestrielle, la BNS a aussi précisé ses prévisions d’inflation. Pour l’année en cours, elle s’attend à un recul des prix de 1,1%, contre -1,2% auparavant. Pour 2016, elle table toujours sur une baisse de 0,5% mais a légèrement ajusté ses estimations à la baisse pour 2017, anticipant désormais une inflation de +0,3%, contre +0,4% avant. Sa prévision de croissance pour le PIB en 2015 est quant à elle restée inchangée, la BNS tablant toujours sur une croissance de 1%.

Dans les semaines qui ont précédé la récente réunion de la BCE, de nombreux économistes s’étaient interrogés quant à savoir si la BNS serait contrainte d’abaisser le taux négatif dans la mesure où la politique d’assouplissement quantitatif de l’institution européenne aurait pu impacter lourdement la parité du franc suisse face à l’euro.

La question s’était posée avec d’autant plus d’acuité que l’économie a souffert de la crise du franc. Au troisième trimestre, le PIB de la Suisse a stagné après avoir progressé de 0,2% au deuxième trimestre et reculé de 0,3% au trimestre précédent.

Les mesures adoptées la semaine dernière par la BCE ne sont toutefois pas allées aussi loin que les investisseurs l’avaient envisagé, laissant un peu de marge de manoeuvre à la BNS pour maintenir sa ligne directrice.

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