Ajout jeudi soir Hausse des taux Les Cassandre ont encore perdu

Les titres des médias ont été tout à fait conformes aux souhaits des régulateurs:

-confiante dans  l’économie, la Fed monte ses taux

-le marché de la dette est soulagé par la décision de la Fed

Ce sont deux exemples parmi d’autres, mais ceux là sont significatifs.

Ce qui est significatif également est le recul de l’euro, il passe sous les 1,09 ,soit un peu au dessus des 1,08. Et c’est bon pour le risk-on.

Donc tout ayant été bien piloté, tout va dans la bonne direction. Nous ne le dirons jamais assez, la Fed est habile, ils savent travailler, orienter, guider et ils ont encore la main, tant que le marché joue avec eux. Et c’est le cas, même si maintenant la communauté financière a perdu son unanimité. Elle est divisée et les clivages sont importants car ils correspondent à des intérêts  concrets divergents. mais toute personne ou institution qui attaquera les autorités, qui jouera au rebelle alors qu’elles ont encore la situation en mains, sera ruinée. Elle  sera mise hors jeu.

 

Les fondamentalistes, les Cassandre, les Autrichiens  etc seront laminés.

il n’y a que le jour ou les autorités n’en seront plus, lorsque ce sera la débandade, que l’on pourra leur mettre « épaules à terre » et comme nous en cessons de le répéter ce n’est pas encore demain la veille, elles ont encore beaucoup de ressources depuis que la Banque de Chine est rentrée dans le rang et joue le jeu de la stabilité/reflation monétaire  , c’est à dire depuis le mois d’aout.

les autorités seront vaincues par le poids du réel, par leur échec  vis à vis du monde réel, pas par les opérateurs ou les « shorts ».

Voici notre commentaire, pour le moment

La Fed a donc monté ses taux d’intérêt pour la première fois depuis 2006. Elle l’a fait comme , prévu, c’est à dire comme elle l’avait télégraphié. Les marchés n’ont pas été perturbés, tout avait été fait pour qu’ils ne le soient pas.
Le communiqué est sobre, il n’ajoute rien de nouveau, mais il confirme :

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1-que l’évolution de l’inflation en regard des objectifs sera centrale
2-que la Fed prendra en compte l’international et les conditions financières globales

Ajout  jeudi soir

« Nous n’avons pas détaillé cette affirmation de la Fed selon laquelle elle allait surveiller particulièrement l’inflation, parce que nous étions dans une humeur déflationniste. Nous avons eu tort car la décision de la Fed est manifestement provoquée en grande partie par la situation du marché du travail , avec un chômage revenu à 5%. Les tensions salariales sont anormalement basses pour un chômage revenu à 5% et des créations d’emplois autour de 200 000 par mois  . Donc   si on prend une humeutr inflationniste, on peu penser que la Fed surveillera l’inflation afin de veiller qu’elle ne dépasse pas ce qu’elle a envie de tolérer. En clair on va surveiller sous les deux aspects et l’aspect inflation sera surveillé en amont, avec l’emploi et surtout les tensions éventuelles. En terme boursier cela veut dire que l’emploi et les salaires vont devoir être suivis de près par les marchés. Ce sont eux qui vont influencer le rythme des futures hausses  de taux »

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Les indications fournies par ailleurs montrent que pour le moment on s’achemine vers quatre hausses de taux en 2016 alors que les marchés étaient sur deux.

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Les marchés n’ont pas donné d’indications particulières, pas plus sur les actions que sur le change, tout a été conforme, un peu de hausse sur les actions et le dollar.

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Si on coupe les cheveux en quatre, on note que Yellen a été plutôt rassurante sur la question de la situation des marchés de crédit malgré la tourmente , elle a déclaré que le système financier était solide et que l’économie était ferme ce qui va dans le sens optimiste. C’est l’idée que nous avons développée il y a peu, le secteur bancaire et financier a « repassé » les risques, il a disséminé et c’est le public qui perd, pas le secteur financier . Donc pas de danger tant que la normalisation du risque se fait de façon ordonnée.

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La décision de la Fed a été perçue comme plutôt incitatrice au risk-on ne serait-ce que parce que la hausse a pu être pratiquée ! Mais tout cela ne veut pas dire grand chose, c’est de l’instantané, de la surface. Si la Fed monte les taux c’est parce qu’elle veut faire passer un message de confiance, pas un message de défiance, c’est l’évidence !

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La situation fondamentale reste celle de la divergence. C’est le fait majeur en terme de régulation et de politique. La Fed resserre, les BOJ et la BCE cherchent des moyens d’être plus stimulantes.

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Ceci devrait en bonne logique se traduire par une hausse du dollar et une baisse de l’euro et du yen, ce qui techniquement favorise le « carry », le leverage et le risk-on.  Mais attention le risk-on ailleurs peut être plus ou moins « off » aux USA. c’est selon! Cela dépend des niveaux et de la conjoncture.

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Mais depuis Avril les Etats-Unis freinent la hausse du dollar, on se souvient de la déclaration liminaire de Jack Lew, précurseur de toutes les déclarations de la Fed sur les vents contraires. Et aussi bien la Maison Blanche que Yellen ont réussi : le dollar index n’a pas franchi la barrière des 100, il flirte sans franchir la barre.

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Les corrélations sont ce qu’elles sont pour le moment, le risk est « on » quand l’euro et le yen baissent, les actions montent avec la baisse des devises de carry. Quand on se met risk-off, on rachète ce que l’on a vendu pour faire du « funding » et l’euro et le yen remontent. De là à considérer que ce sera l’évolution des paires de change qui fixera les tendances des marchés, il n’y a qu’un pas que les opérateurs souvent franchissent, mais nous ne le faisons pas. En effet notre position est que beaucoup de choses peuvent se réaménager et en particulier les corrélations et les comportements. Et pour nous donc il faut laisser faire et attendre ce qui va se dessiner et non l’anticiper. Les positions longues en dollars sont considérables et c’est là que les choses  se jouent, mais comment, dans quel sens ? N’oubliez jamais que les marchés des changes sont les marchés les plus efficaces, ce sont eux les mieux équipés, informés, les plus intelligents.

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Les éléments qui sont importants mais qui ne sont pas encore parvenus à la conscience des marchés , obsédés qu’ils ont été par la question des taux, sont les suivants :

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-la conjoncture US, va -t-on vers un un ralentissement voire une récession dans les deux ans comme certains le prédisent et comme le sugèrent les indicateurs très avancés

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-la politique de la BCE, alors que les divergences au sein du Governing Council lient les mains de Draghi et nuisent à l’efficacité de ses initiatives

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-la situation de la Chine et l’évolution du Yuan, glissera-t-il ou pas ?

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-la dégradation des émergents et leur désolvabilisation en cours

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La première hausse des taux est un « événement », un « spectacle » mis en scène plus qu’un choc réel , dans le passé il est rare que la première hausse des taux ait eu des effets sensibles, en revanche, les suivantes, oui, elles jouent. La première hausse est même quelque fois sur-anticipée, ce qui fait que les réactions des marchés ne peuvent être considérées comme ayant un sens.

EN PRIME    Les vessies pour les lanternes

La baisse des taux est bonne pour les marchés, ce sont les Banques Centrales qui vous l’ont dit, d’ailleurs la BCE le dit encore.

Mais les hausses de taux aussi sont bonnes pour les marchés, la preuve se trouve dans le texte ci dessous. la Fed rend l’argent plus cher, et les assets dont le prix est lié à l’argent bon marché montent encore .

Finalement il faut se rendre à cette évidence que nous popularisons depuis longtemps, tout est bon pour que cela monte, les mauvaises nouvelles parce qu’elles sont mauvaises et les bonnes nouvelles parce qu’elles sont bonnes.

il n’y a qu’un seul message implicite et ce, quelles que soient les décisions, positives ou négatives: vous devez nous faire confiance, vous devez nous donner votre argent les yeux fermés, nous savons ce que nous faisons.

D’accord, si vous avez écouté Draghi et acheté le 15 Avril, vous perdez encore beaucoup, en plus vos euros valent moins, d’accord, vous êtes moins riches, mais peu importe, on vous le dit, « on » crée des effets de richesse. Et cela doit vous inciter à vous départir de votre prudence. Allez y dépensez, comme si … comme si …

 

« La bourse de Paris accélère encore sa hausse au lendemain de la décision de la Fed. Le CAC40 gagne 2,5% en milieu de journée autour de 4.740 points, soit environ 6% de rebond sur les trois dernières séances.

La banque centrale américaine (Fed) a procédé hier soir à une première remontée des taux d’intérêt directeurs (+0,25%), qui étaient maintenus au plancher dans une fourchette de 0 à 0,25% depuis 2008. La Fed a promis que la poursuite de ce resserrement monétaire sera progressive et dosée en fonction de la santé de l’économie américaine mais aussi du contexte international.

Cette décision largement anticipée n’a entraîné aucun mouvement particulier sur les marchés financiers, si ce n’est une réaction positive de la bourse, rassurée dans l’immédiat par les projections de hausses graduelles des taux pour 2016. »

 

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