Le ministre Finlandais des Affaires Etrangères Timo Soini vient de déclarer que la Finlande n’aurait jamais du rejoindre l’euro et il prévoit que le débat sur cette question va se développer.
Nous le pensons également car tout ce qui est fait en ce moment est frappé du coin du court-termisme. Le court-termisme est rendu possible par la « glaciation » que permet la politique de la BCE. Celle ci ne sera pas éternelle. Sur le fond rien ne s’arrange, mais on gèle les problèmes en attendant. En attendant quoi?
La question centrale , celle de la non convergence et celle subsidiaire des transferts est mise de coté , or on sait qu’elles sont essentielles. On ne voit pas l’Allemagne accepter de payer de façon visible et claire pour les autres pays, on ne voit pas poindre de réindustrialisation ailleurs, on ne voit aucun facteur d’accélération de la croissance.
La question de l’euro est au centre de l’attitude politique que l’on peut élaborer face à cette situation et personne n’ose la poser, on préfère le flou qui trompe et entretient l’impuissance.
On ne peut réclamer la sortie de l’euro car les peuples n’en veulent pas, l’euro est populaire même si c’est l’agresseur de nos sociétés, même si il est le criminel en exercice. L’euro est un mythe, une religion, il est sacré. les gens voient ses bénéfices , ils les touchent du doigt mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que c’est lui qui est la cause de leurs malheurs et de celui de leurs enfants. Les « plus » sont visibles, les « moins » ne le sont pas et ils sont profonds, enfouis. Les formations politiques et les groupes d’opinion qui sont contre l’euro et demandent que l’on en sorte sont perdants d’ avance.
Et il en va de même de la sortie de l’UE, il n’y a pas de majorité politique pour aller dans cette direction, les gens ont peur et cette peur est mobilisable par / et au profit des européistes. La sortie douce , négociée, est impossible. Même si les traités le permettaient , le pays qui s’y engagerait serait obligé de mettre en place des mesures autoritaires, coercitives, non démocratiques afin d’y parvenir – type Article 16 en France- et ces mesures n’auraient aucun soutien populaire.
Si on ne se résout pas à une sortie catastrophe, si on ne croit pas à la sortie négociée, il ne reste que la sortie pseudo-démocratique. Notre sentiment est que cette voie est la seule praticable et qu’en même temps elle est quasi imparable à la fois par les élites et les Allemands et les fonctionnaires de Bruxelles.
La voie consiste en deux volets qui se désignent par le même mot: radicalisation.
1- se battre pour plus démocratie, ce qui est noble et va dans le sens de la bien-pensance , je nommerai cette voie , celle de la radicalisation de la démocratie, c’est à dire le combat pour le retour à plus de souveraineté populaire. Les alliances dans cette direction peuvent être très larges car le but est systèmiquement unifiant, fédérateur.
2-se battre pour plus d’euro. Eh oui il faut pratiquer le judo,,c’est à dire utiliser la force, la masse de l’adversaire. Si le combat contre l’euro est impopulaire, celui pour l’euro, pour plus d’euro est populaire, et lui aussi est unifiant, fédérateur. C’est là également une forme de radicalisation. Il faut aller au fond des choses, à leur terme existentiel, il faut faire valoir que l’impasse actuelle peut être dépassée, à condition de remédier aux vices originels de l’euro, que c’est possible. Il faut lister ces vices, faire campagne, montrer du doigt, l’expliquer et le réclamer. Pas d’idéologie, complexe et fumeuse, non! Aller à l’essentiel qui est qu’une monnaie commune ne peut vivre sans un volet fiscal commun et qu’un volet fiscal commun suppose le retour à la vraie souveraineté directe des peuples. « On veut que notre euro vive et pour cela on veut qu’il soit fait ce qui doit être fait » . C’est un beau thème, positif , il ne fait pas peur, il est enthousiasmant et il prend le problème par le bon bout: celui de la politique.
La conséquence de la démarche exposée ci dessus est évidente, elle consiste à reposer les problèmes techniques en termes politiques et à réclamer qu’ils soient résolus, dans toute l’Europe, démocratiquement et non pas administrativement. Au passage, l’Allemagne sera mise en minorité! Et les fonctionnaires mis à la porte.

Merkel veut plus de « politique » et réformer les Traités, donnons lui satisfaction!
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« Finnish Foreign Minister Timo Soini has said that his country should never have joined the Euro, adding that debate on the issue “will gather steam”. However, he also noted that leaving the Euro “wouldn’t provide solutions [to Finland’s current economic woe]…The fact is that Finland is a member of the euro area.”
He was also critical of the border free area in Europe saying, “Schengen will probably not be declared dead, but it probably won’t be followed anymore…If the influx of illegal asylum seekers isn’t brought under control in Greece, or in other countries, that will cause national states to take matters into their own hands.” In an interview with YLE he also suggested that Finland should follow Denmark’s lead in restricting access to social security for immigrants, adding, “It’s clear that in the long term the EU, its social model and the Nordic welfare model won’t last if this continues.”
Source: Bloomberg