L’alternative de l’investissement , nous sommes devant un choix binaire

 Il y a eu comme un malaise sur CNBC, ce jour, on n’a pas l’habitude d’entendre un président de la Fed dire la vérité et encore moins faire son mea culpa. Nous le repétons pourtant souvent, ceux qui ont été aux affaires et qui les ont quittées doivent toujours être écoutés avec attention, ils sont plus libres pour s’exprimer et puis ils veulent améliorer leur image pour l’histoire.Il faut lire les Mémoires surtout.  On y trouve toujours de quoi améliorer la compréhension du présent. Souvenez vous, nous avons appris beaucoup de choses quand Varoufakis a été viré.
Donc Fisher ancien président de la Fed  de Dallas était sur CNBC avec Simon Hobbs; la video doit se trouver sur le web en cherchant un peu.  Fisher s’est confessé, il a réfuté les arguments de ceux qui incriminent la Chine pour la détérioration boursière actuelle et la volatilité qui s’est installée. Pour lui le responsable de tout cela,  c’est la Fed!
Fisher explique : ce que la Fed a fait, et j’en suis également responsable, c’est de provoquer un énorme rally boursier pour créer un effet de richesse. Maintenant une période de digestion très inconfortable est probable. La Fed ne peut aller plus loin dans  l’accomodation… la Fed est une sorte d ‘arme géante qui n’a plus de munitions. Fisher était contre le QE3 qu’il rend responsable des valorisations excessives, « very rich » comme on dit en Fed speak; maintenant dit-il on va voir qui a un costume de bain et qui n’en a pas, comme disait Warren Buffett « on va voir ceux qui se baignent nus ».

« What The Fed did, and I was part of it, was front-loaded an enormous rally market rally in order to create a wealth effect… and an uncomfortable digestive period is likely now. » Simply put he concludes, there can’t be much more accomodation, « The Fed is a giant weapon that has no ammunition left. »

Fisher ne fait rien d’autre qu’avouer ce que nous répétons depuis 2009, à savoir que la politique monétaire menée par la Fed est une aberration. Elle a, par les QE, par les achats de titres à long terme retiré du rendement du portefeuille mondial, elle a injecté en contrepartie du cash « Mistigri » et crée un appétit considérable pour le risque, ce que l’on a appelé « the search for yield », cela a inflaté les prix de tous les actifs financiers, contracté toutes les primes de risque, donné une fausse impression de richesses et maintenant, il faut digérer.

Depuis le printemps 2013, les banques « servent » les marchés, distribuent , disséminent le risque au public, aux institutions qui gèrent l’argent du public, aux hedge funds imprudents et maintenant les marchés sont fragiles. Le papier est dans les mains faibles. La rupture menace. On a fait le top sur les actions dès la fin 2014, cela a été masqué par le comportement d’un quarteron de valeurs en vue, les FANG, la technologie et autres, mais le marché dans  son ensemble a « toppé », c’est une évidence.


 

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L’indice S &P , une incontestable formation de top tournant;

le seuil dangereux est a 1965


 

Les services des banques dissuadent les clients de vendre, elles veulent que l’argent reste  dans les marchés, et pour mieux les tromper elles  vantent les mérites de la diversification, ce qui est un brin immoral: il n’y a pas de diversification possible, tous les assets sont surévalués, toutes les valorisations sont excessivement riches.L’Alternative

Le seul espoir , c’est l’espoir d’une resucée, l’espoir que la situation s’aggravant, les Banques Centrales refassent un round de largesses . Ce sera bien sûr pour mieux chuter ensuite, car les miracles n’existent pas.

Ou bien on continue la création de liquidités , les taux zéro voire les taux négatifs, ou bien la lévitation cesse. On est dans le binaire.

Rien n’est à son prix sur des bases historiques normales, rien n’offre une perspective de rendement acceptable pour un investisseur. Il n’y a aucune occasion d’investissement. Sauf peut être  pour les audacieux du côté du pétrole et de l’énergie car là, sur des bases de long terme il y a des opportunités pour les casse-cous.

Toutes les évaluations sont sorties des normes historiques, et partout le risque est sous estimé, il n’est pas à son prix. Les revenus , les cash flows, les valeurs ajoutées économiques réelles n’ont pas suffisamment progressé depuis le début de la hausse, depuis mars 2009, pour soutenir les valorisations. Il n’y a que la surabondance monétaire, le Mistigri, qui soutient les prix pratiqués et si, comme on essaie de le faire croire, la politique monétaire se régularise, alors ce sera comme nous le disons: le bain de sang.

Le problème  pour prendre la décision de tout vendre, c’est l’incertitude sur les décisions que prendont les Banques Centrales quand la situation va se dégrader et que la transitivité/reflexivité va se manifester sur la conjoncture. Si la récession qui menace se concrétise, il y a encore des chances pour que les mauvaises nouvelles redeviennent bonnes!

Les actifs financiers sont surévalués de 40 à 50 %;  aux niveaux actuels un investissement en actions est quasi sûr d’être perdant.  Le rendement prévisionnel sur la base d’une régularisation de la politique monétaire sera nul ou négatif, même si on conserve pendant 10 ou 12ans. Même si on est diversifié.

Le seul espoir de ne pas être laminé, c’est la poursuite par les Banques Centrales dans  la voie de l’accomodation qui a été engagé en 2009, « quand le vin est tiré il faut le boire ». Triste situation.

Une réflexion sur “L’alternative de l’investissement , nous sommes devant un choix binaire

  1. Lien vers la vidéo (interview de Fisher sur CNBC, vidéo You Tube) :

    Voir depuis 4’10 jusqu’à 7’05 (attention, sons et images sont désynchronisés de qques secondes, et la qualité audio n’est pas terrible).
    Cldt,
    Lou

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